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Expansion du vide sous un ciel d’ardoises, Christophe Tostain

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Théâtre, Espaces 34

Expansion du vide sous un ciel d’ardoises, 2013, 90 pages, 13,80 € . Ecrivain(s): Christophe Tostain Edition: Espaces 34

 

 

SUPER !

 

C. Tostain reprend en exergue de son site un propos de Sobel, qui en quelque sorte éclaire le sens de son entreprise théâtrale et de son texte, Expansion du vide sous un ciel d’ardoise : « le théâtre donc la mise en scène du monde, ça a toujours été de parler de l’outrage que l’humanité faisait à l’humanisme ». Il est effectivement question dans sa pièce de notre monde contemporain, celui que nous partageons ici et maintenant. Société de consommation, diktat managérial au cœur de la grande distribution, qui écrasent les individus. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas le fruit du hasard si la photo de la première de couverture du volume est illustrée par une photographie de C. Tostain qui regarde comment nous vivons, coincés entre les rayons du supermarché. Pas si super que cela.

Correspondances et entretiens avec « Attoun et Attounette », Jean-Luc Lagarce

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 16 Décembre 2013. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Correspondance, Théâtre, Les solitaires intempestifs

Correspondances et entretiens avec « Attoun et Attounette », adaptation François Berreur, octobre 2013, 85 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jean-Luc Lagarce Edition: Les solitaires intempestifs

L’amour du théâtre


Le petit ouvrage que publient les éditions Les Solitaires Intempestifs est en quelque sorte un livre de mémoire comme l’on dit un lieu de mémoire puisque la maison d’édition de Besançon est historiquement liée à ses deux cofondateurs en 1992, Lagarce et François Berreur qui, ici, comme pour Ebauche d’un portrait en 2011, adapte les textes de son ami et propose ensuite des mises en espace (en Avignon ou au Théâtre ouvert) de ces deux œuvres de l’intimité. Intimité de la vie personnelle et surtout pour les correspondances et entretiens, intimité de l’écriture et de l’œuvre. Qui d’ailleurs mieux que François Berreur pourrait reprendre, couper, élire tel ou tel passage, lui qui travailla aux côtés de Lagarce pendant quinze ans et qui vit l’œuvre de ce dernier se constituer depuis leur jeunesse ? Le livre est construit pour accueillir ceux qui ont accompagné Lagarce de 1976 à sa mort en 1995 (la dernière lettre de Micheline Attoun date du 22 juin, trois mois avant la disparition de celui qu’elle nommait alors « cher Jean-Luc » (p.84).

Entretien avec Samuel Gallet

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 12 Décembre 2013. , dans La Une CED, Entretiens, Les Dossiers

 

Entretien de Marie Du Crest avec Samuel Gallet, au bar du Théâtre de la Renaissance, à Oullins, le 7 novembre 2013

Le poète-rock

 

Le texte d’« Oswald de nuit » est présenté comme un poème-rock, qu’entendez-vous par là ?

 

Depuis six ou sept ans, je travaille sur l’idée d’un rapprochement de la poésie et du rock. Je suis depuis longtemps touché par des gens comme Patti Smith, les Doors ou Dylan, ou Noir Désir, qui ont travaillé sur cet échange fort entre poésie et rock. Le guitariste, Baptiste Tanné, et moi-même, nous poursuivons en quelque sorte cette tradition qui consiste à faire se rejoindre musique et poésie d’autant que dans le rock, il est question de vies à la dérive, d’existences brisées.

Oswald de nuit, Samuel Gallet

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 11 Décembre 2013. , dans La Une CED, Documents, Les Dossiers

Oswald de nuit, Samuel Gallet, 7 novembre 2013, dans la grande salle du théâtre de la Renaissance à Oullins (une heure vingt)

 

Oswald chante, Oswald danse


Concert de rock. La salle s’impatiente. Le public trépigne, siffle, se rapproche de la scène ; ils attendent le groupe qui aime à se faire désirer. Les roadies ont installé les drums, les claviers, les supports des guitares et des basses. On règle le micro central, fantôme du chanteur. Dans la grande salle du théâtre de la Renaissance, les deux musiciens : le guitariste Baptiste Tanné et la percussionniste Mélissa Acchiardi sont tapis dans l’ombre ainsi qu’au centre du plateau, tout au fond sur une chaise, Samuel Gallet qui lui aussi attend. Ils observent l’entrée du public comme dans une mise en scène de théâtre, contemporaine sous la lumière des petites lampes à abat-jour d’Adèle Grépinet, modestes étoiles pour la nuit d’Oswald. Théâtre ou concert ? Musique ou silence ? Chant ou dit ? Danse ou immobilité ? Ce qui importe, c’est justement de ne pas choisir mais de donner corps à la Voix d’Oswald de toutes les manières possibles. Poème rock en trois volets comme un souvenir d’opéra rock.

Le Ciel dans la peau, Edgar Chìas

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans La Une Livres, Critiques, Amérique Latine, Les Livres, Théâtre

Le Ciel dans la peau, traduit de l’espagnol (Mexique) Boris Schoemann avec la collaboration Pierre Losson, éditions Le miroir qui fume, N°7, 94 p. 11 € . Ecrivain(s): Edgar Chias

 

Martyre de femmes


Le texte de Chìas s’ouvre sur des citations ironiques et terribles de deux auteurs mexicains : celles de la romancière féministe, Rosario Castellanos, et du poète Eduardo Lizalde, qui semblent nous préparer au pire. L’auteur nous donne aussi « un mode d’emploi » à notre lecture et définit en quelque sorte la nature de son œuvre : « un récit à plusieurs voix ». Il laisse le metteur en scène à venir, libre face à son texte. Le petit volume apparaît sous la forme d’un texte constitué de blocs de courts paragraphes et ici et là de paroles au style direct, surtout celles de personnages secondaires, que quelques titres interrompent, sur le mode du chapître en caractères gras et en lettres capitales, mais peut-être plus symboliquement comme les « stations d’un chemin de croix tragique » : le premier titre est AU COMMENCEMENT (souvenir de la Genèse sans doute) auquel répondra à la fin : Au COMMENCEMENT ETAIT.