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ENSATT L’Ecole Théâtre, ouvrage collectif dirigé par Thierry Pariente

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 26 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Théâtre, Les solitaires intempestifs

ENSATT L’Ecole Théâtre, ouvrage collectif dirigé par Thierry Pariente, 206 pages, 19 € Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Tout le théâtre »

Il suffit de prendre la Montée de Choulans, grimper jusqu’à Irénée : Lyon s’étale aux pieds de la colline. La campagne n’est pas si loin dans ce quartier à l’écart de la ville : on apprend ici, rue Sœur Bouvier, les métiers du théâtre depuis 1997, année de la délocalisation provinciale de l’ENSATT que tout le monde appelait L’école de la rue Blanche, installée à Paris et ouverte en 1941 par Raymond Rognoni, d’abord rue Flachat, rue Gervex et rue Cardinal Lemoine.

Les éditions des Solitaires Intempestifs, à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, en 2011, ont publié un album retraçant à la fois l’histoire de cette institution et son renouveau, à travers des témoignages « d’Anciens » comme Dominique Besnehard ou Claude Quémy, mais aussi à partir de points de vue variés sur l’école.

« Ce soir, on répète », par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 19 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

L’assiette du lieu estoit très belle et agréable ; ayant la veue de la montagne et de la plaine, et mesme de la délectable rivière de Lignon, depuis Boën jusques à Feurs

Honoré d’Urfé

 

A Jean-Claude Berutti

 

Le château de Goutelas entre dans l’ombre rapide de décembre, faisant disparaître au-delà des douves herbeuses le paysage de l’Astrée. Le temps du théâtre peut commencer, non pas le théâtre du plateau, des lumières, des décors, de la salle impatiente, mais celui de son étrange laboratoire : la répétition. Un metteur en scène (Jean-Claude Berutti) assis derrière une longue table chargée de livres, de feuillets épars, regarde, intervient, fait des gestes, demande de reprendre aux deux comédiens qui lui font face (Christian Crahay et Nicole Olivier), dans une salle à la moquette rouge, sous la charpente du château.

Les filles aux mains jaunes, Michel Bellier

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 13 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Théâtre, Lansman Editeur

Les filles aux mains jaunes, 74 pages, 10 € . Ecrivain(s): Michel Bellier Edition: Lansman Editeur

 

 

Les  damnées de la terre

Deux ans après sa pièce Et des poussières…, Michel Bellier écrit en 2014 Les filles aux mains jaunes. Comment ne pas voir là comme une manière de diptyque d’un théâtre historique, social, et politique ? Le premier opus parle de la vie terrible des mineurs du nord, emportés pour beaucoup d’entre eux par la silicose, exploités selon une organisation implacable du travail, et le second est consacré aux femmes recrutées dans les usines d’armement, durant la Première guerre mondiale, elles aussi victimes de terribles pathologies. La poussière noire du charbon ronge la vie des mineurs, et la poudre jaune du TNT emporte les ouvrières, les rend stériles ou affecte la santé de leurs enfants. Elles sont les obusettes, les munitionnetttes, les canaris, les filles aux mains jaunes, comme le dit Louise (p.51). Louise qui sera justement terrassée par le mal.

Et des poussières… Michel Bellier

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 08 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Théâtre, Lansman Editeur

Et des poussières… coll. Théâtre à vif, 40 pages, 8 € . Ecrivain(s): Michel Bellier Edition: Lansman Editeur

 

« Les yeux bleus »

Les mineurs de fond, les « gueules noires » aux yeux toujours si clairs, toujours si bleus, tiennent une place à part dans l’histoire du monde ouvrier. Ces hommes ont vu le monde d’en-dessous des ténèbres. Ils allaient dans les profondeurs de la terre en esclaves du patronat, fer de lance de la révolution industrielle qui marqua la transformation de l’économie européenne aux dix-neuvième et vingtième siècles. Ils furent les révoltés, les syndicalistes héroïques, vaincus au bout du compte. Les mines fermèrent les unes après les autres, et leur monde, leur paysage de terrils, de corons sombra. Et malgré cette douleur terrible, être mineur, comme le dit l’un des personnages du texte, c’était exercer « Le métier comme Signe Extérieur de Fierté » (p.31).

Mais la littérature les sauva. En mars 2012, Michel Bellier, dans le cadre d’une résidence dans le département du Nord, est parti à la rencontre des habitants des territoires marqués par la mémoire des mineurs. C’est ainsi qu’il rédigea son texte Et des poussières…

A un jeune peintre grenoblois, par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 08 Décembre 2015. , dans La Une CED, Ecriture

 

– Toma, tu en es certaine, ce n’est pas un prénom ?

– Demande aux Turcs et tu verras ce qu’ils te répondront !

Geneviève expliqua alors qu’elle avait photographié sous plusieurs angles un de ces engins, le #3850, lors d’un séjour à Istanbul. C’était une sorte de petit camion qui pourrait faire penser à un jouet mais un jouet pour de vrai, spécialisé dans la lutte contre les manifestants. Peut-être d’ailleurs existait-il des versions miniatures à destination des petits garçons turcs des célèbres camions des forces de l’ordre ? Compact, massif, refermé sur lui-même par sa carcasse blindée qui descend même jusqu’aux roues. Il lui rappelait un peu les camions de transfert de fonds de la Brinks qu’elle évitait de suivre dans les rues, de peur d’une attaque, d’un braquage sanglant. C’est l’avant du Toma qui le rendait parfaitement monstrueux lorsqu’il était équipé d’un pare-buffle noir, partant non pas à la chasse aux herbivores ou félins de la savane, mais à celle des opposants, lorsque son pare-brise était protégé d’une lourde grille, comme une sorte de casquette ou de moucharabieh maléfique. Et c’était surtout son puissant « lance eau », pareil à une antenne d’un terrifiant insecte de science-fiction, implanté sur le toit de la cabine que tout le monde redoutait.