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Articles taggés avec: del Dingo Fabrice

Le fil, Sophie Lemp

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 18 Juin 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Editions de Fallois

Le fil, mai 2015, 96 pages, 15 € . Ecrivain(s): Sophie Lemp Edition: Editions de Fallois

 

Le parfum du tilleul

Dans la mythologie romaine, les Parques tissent le fil de la destinée. Dans la première scène du Crépuscule des dieux, les Nornes tressent ce même fil mais il se rompt, sinistre présage de ce qu’il va advenir. Chez Sophie Lemp, le fil c’est ce qui la relie à sa grand-mère dont la mort, deux ans auparavant, est la source d’inspiration de son court récit. Une de ces grands-mères idéales qui a l’amour pudique. Sophie l’a très bien connue. Très bien et très mal à la fois, comme elle va le découvrir. Sa grand-mère a laissé trois carnets qu’elle a commencé à noircir après la naissance de sa petite-fille.

« Je me souviens de ce 9 mai 1979 ; le coup de téléphone de la maternité. Le matin, l’après-midi qui n’en finissait plus puis ton papa qui m’appelait vers 16 heures : C’est une belle petite fille ! Écoutez-là ! Et je t’ai entendue pleurer ».

Le fil alterne ainsi entre le présent et le passé : Sophie voit toute son enfance défiler. A chacune des pages noircies par sa grand-mère, elle découvre à quel point elle la chérissait. « Je t’aime ma petite fille et je te souhaite l’espoir, l’équilibre, le courage, l’amour des autres ».

Avis non autorisés…, Françoise Hardy

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 22 Mai 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Editions des Equateurs

Avis non autorisés…, mars 2015, 248 pages, 19 € . Ecrivain(s): Françoise Hardy Edition: Editions des Equateurs

 

Mon amie la rosse


Françoise Hardy est comme le général Cambronne, elle ne mâche pas ses mots. Dans Avis non autorisés… elle aborde bien des sujets avec une fougue et une ironie qui ne saurait laisser indifférent. Elle raconte ainsi avec humour ses démêlés avec les médecins, étiopathes, proctologues, nutritionnistes et autres suceurs de comptes en banque dont elle hante les cabinets depuis des décennies.

Son expérience en la matière lui permet d’affirmer qu’« on trouve dans le milieu médical autant de fous que dans n’importe quel milieu ». C’est une experte qui parle ! Françoise Hardy est une patiente assidue à défaut d’être fidèle, car elle a changé de médecins plus que de maris, et elle en a rencontré davantage d’incompétents, d’obsédés de l’amibe et d’âpres au gain qui ne soulagent que le porte-monnaie.

Entre ici D’Ormesson !

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 30 Avril 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Jean d’Ormesson entre dans la Pléiade ! Il la joue modeste comme il sait si bien le faire depuis quarante ans tandis que ses détracteurs (des jaloux ou des inconscients !) fulminent contre cet alerte nonagénaire qui écrit son dernier livre chaque année depuis quinze ans avec force citations grecques, latines, saint-augustinesques et même, quelquefois, des phrases qu’il invente tout seul.

Mais ce n’est que justice : selon un récent sondage il est le troisième écrivain préféré des Français, le premier se nommant Victor Hugo. C’est un peu dur pour tous les autres, les Balzac, Zola, Stendhal, Maupassant, j’en passe et des moins bons. Sans compter les Racine, Molière, Baudelaire, Musset, Rimbaud et consorts, car les auteurs dramatiques et les poètes sont aussi des écrivains. C’est dur pour ces immenses écrivains de se voir ainsi distancés par le prestigieux auteur d’Au plaisir de Dieu. Et je ne parle même pas des géants à la mode : Michel Houellebecq, Valérie Trierweiller ou Eric Zemmour.

Les deux mages de Venise, Philippe André

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 14 Avril 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Le Passeur

Les deux mages de Venise, février 2015, 256 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Philippe André Edition: Le Passeur

 

Cosima fan tutti

Richard Wagner et Franz Liszt étaient amis dans la vie et unis dans leur Art : la musique. Ils étaient aussi l’un et l’autre attirés par la gente féminine qui le leur rendit bien. Wagner poussa l’amitié jusqu’à entretenir une liaison avec la fille de Liszt, Cosima, avant de l’épouser.

Les deux mages de Venise est une fantaisie féérique dont l’action se déroule dans la cité des Doges pendant l’hiver 1883. Richard Wagner a fait créer son ultime opéra, Parsifal, en juillet 1882 à Bayreuth, et essoufflé, malade, vieillissant, il se laisse entraîner dans le labyrinthe vénitien par Franz Liszt venu passer quelques jours avec sa fille, son gendre et leurs enfants. Près de l’Arsenal ils découvrent une vieille galère échouée qui ferait un parfait petit théâtre. Et, coïncidence miraculeuse, dans une pièce juchée au sommet d’un vaste palais dont le toit de verre permet de voir tomber la neige, ils font la connaissance de John Milton.

Dans son propre rôle, Fanny Chiarello

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Lundi, 23 Mars 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, L'Olivier (Seuil), Roman

Dans son propre rôle, janvier 2015, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Fanny Chiarello Edition: L'Olivier (Seuil)

 

J’ai perdu mon Eurydice

Tous les amateurs de musique connaissent Kathleen Ferrier, la plus belle des voix de contralto du 20è siècle. En 1947, une admiratrice lui a écrit une lettre mais une homonymie providentielle la fait s’égarer. Voilà comment on noue une intrigue !

Fenella Bancroft est une jeune domestique qui travaille à Wannock Manor, dans la vaste demeure aristocratique de Mrs Kate Ferrier, qui a été confondue avec la cantatrice. Fenella a perdu l’usage de la parole à la suite d’un traumatisme qu’elle a subi une nuit de bombardements sur Londres.

Jeannette Doolittle est femme de chambre au Grand hôtel de Brighton. Veuve de guerre, elle vit dans la perte de son unique amour, Andrew. Seule la voix de Kathleen Ferrier lui procure quelque bonheur et elle lui a écrit son admiration après l’avoir entendue interpréter le rôle d’Orphée (qui fut un temps confié à une voix grave de femme). Orphée n’a-t-il pas, lui aussi, perdu son Eurydice ? Et il est allé jusqu’à braver les enfers pour la retrouver.