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Articles taggés avec: Chauché Philippe

Jusqu’à présent je suis en chemin Carnets 2016-2018, Pascal Boulanger (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 28 Mai 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Jusqu’à présent je suis en chemin Carnets 2016-2018, Librairie Editions Tituli, janvier 2019, 188 pages, 16 € . Ecrivain(s): Pascal Boulanger

 

 

« Aragon a été rimbaldien : Je ressentais vivement l’espoir de toucher à une serrure de l’univers : si le pêne allait tout à coup glisser. Rimbaud : J’ai seul la clé de cette parade sauvage. Et puis Aragon a renoncé, il est tombé dans les bras de maman Triolet et du Parti communiste (à l’inverse Artaud n’a jamais cédé, mais au prix de la folie) ».

Les chemins de Pascal Boulanger ne sont jamais de charmants layons ombragés et odorants, il goûte plus profondément les sentiers escarpés, les chemins caillouteux où à chaque pas on risque la chute. Les à-pics, les falaises, l’océan en furie au pied du tombeau de Chateaubriand. Il s’y aventure sans complaisance, comme il s’aventure sur les plages près de chez lui en Bretagne, écrire c’est aussi entendre le silence du vieil océan.

Pierre Bonnard, Au fil des jours, Agendas 1927-1946, Céline Chicha-Castex, Alain Lévêque, Véronique Serrano (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 24 Mai 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, L'Atelier Contemporain

Pierre Bonnard, Au fil des jours, Agendas 1927-1946, Céline Chicha-Castex, Alain Lévêque, Véronique Serrano, avril 2019, 280 p. Edition: L'Atelier Contemporain

 

« Bonnard remplissait ses agendas comme des carnets de notes et de croquis, les ayant toujours à portée de main pour saisir un motif sur le vif, poursuivre une recherche graphique ou écrire une pensée, à côté d’annotations triviales de la vie de tous les jours », Céline Chicha-Castex, Les agendas de Bonnard.

« Le dessin c’est la sensation. La couleur, c’est le raisonnement », Pierre Bonnard, Observations sur la peinture.

Nous sommes en 1927, le 3 octobre, le peintre va avoir 60 ans, il a acheté Le Bosquet au Cannet, ce sera sa maison et c’est aujourd’hui son musée. Il peint, il dessine, et tient son agenda, on y lit : « beau temps doux très beau paysage bleu du port. Couleur – lumière – couleur – couleur ». Tout est là, toute peinture peut advenir : le ciel, le port, la lumière, les couleurs seront au rendez-vous, le peintre est doté d’une vue sur-aiguisée, il voit cette lumière, qui demain, loin du motif, sera sa lumière unique, ses lumières.

Plaisirs, Dominique Rolin / Une conversation infinie, Philippe Sollers, Josyane Savigneau (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 17 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Plaisirs suivi de Messages secrets, Entretiens avec Patricia Boyer de Latour, Dominique Rolin, Gallimard, L’Infini, avril 2019, 344 pages, 21,50 €

Une conversation infinie, Philippe Sollers, Josyane Savigneau, Bayard, janvier 2019, 141 pages, 17,90 €

 

« Patricia Boyer de Latour : Besoin de silence, dites-vous…

Dominique Rolin : Oui, vivre pour moi, c’est considérer le silence comme le matériau premier de l’atmosphère. Je peux rester silencieuse très longtemps. C’était comme ça du temps de Bernard, c’est comme ça aussi avec Jim. Nous pouvons rester des heures sans parler. A Venise, nous pouvons travailler en nous tournant le dos, sans nous voir, tout en ressentant la force magnétique du silence qui est là. Le silence est offert à tout individu, mais beaucoup le négligent sans se rendre compte de cette merveille » (Plaisirs).

Le Récidiviste, Alain Fleischer (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 10 Mai 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Seuil

Le Récidiviste, janvier 2019, 352 pages, 21 € . Ecrivain(s): Alain Fleischer Edition: Seuil

 

« Avant d’avoir vu passer, dans une rue de la ville de Brno en Moravie, le jeune Léo que j’ai été il y a trente ans, j’aurais pu me dire en regardant une photo de moi à cette époque : cet être n’existe plus, il a disparu, il n’est nulle part, il est mort, sa matérialité physique s’est volatilisée, comme les cendres d’un corps après incinération, et pourtant je suis là, issu de lui, et relié à lui par le fil ininterrompu, invisible, d’une même existence, dans une suite continue de jours et de nuits, au point que, bien éloigné de cet individu-là, je suis encore lui ».

Le Récidiviste est l’éblouissant roman de cette vision, le roman des souvenirs qui se matérialisent sous l’œil du narrateur. Il se voit, se croise dans une rue, tel qu’il était, l’adolescent qu’il fut se reflète dans son regard, alors qu’il est en recherche d’un tueur récidiviste László Kovács. Son histoire pourrait devenir un roman. Comme un éclat, dans cette rue de Brno c’est le Temps retrouvé qui lui saute aux yeux, et sa quête, son enquête, sa recherche, vont être saisies par ce passé, cette présence saisissante, troublante, étourdissante, un passé qui s’invite au présent. Léo est là devant lui, Léo et ses seize ans que trouble la belle Mila, l’amour adolescente qui a embrasé sa vie. A son contact, il a affûté, comme on le dit d’un couteau, sa vie et ses passions.

Histoire de la Révolution française Tomes I, II, Michelet en la Pléiade (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 10 Avril 2019. , dans La Une CED, La Une Livres, La Pléiade Gallimard, Les Chroniques, Les Livres, Critiques, Histoire

Histoire de la Révolution française Tomes I, II, Michelet, Gallimard La Pléiade, février 2019, direction de Paule Petitier, 1500 pages, 62,50 € le volume jusqu’au 31/12/2019

 

« L’historien vise d’abord à ressusciter la Révolution telle qu’en elle-même, dans ses accomplissements et ses prophéties. Il s’agit, en débarrassant le moment révolutionnaire de toutes les scories qui le recouvrent, d’en rendre sensible l’esprit vivant », Paule Petitier, Introduction.

« Du prêtre au roi, de l’Inquisition à la Bastille, le chemin est direct, mais long. Sainte, sainte Révolution, que vous tardez à venir !… Moi qui vous attendais depuis mille ans, sur le sillon du Moyen Âge, quoi ! je vous attends encore ?…

Oh ! que le temps va lentement, oh ! que j’ai compté les heures !… Arriverez-vous jamais ? », Michelet, Introduction, Tome 1er, 2è partie.

Le rideau se lève : nous sommes en avril 1789, la convention des Etats Généraux appela le peuple tout entier à l’exercice de ses droits. Il peut du moins écrire ses plaintes, ses vœux, élire les électeurs.