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Articles taggés avec: Wetzel Marc

Un peu de soleil dans les rayons, Christine Epstein - aphorismes (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 23 Janvier 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Un peu de soleil dans les rayons, Christine EPSTEIN - aphorismes, Pierre Mainard éditeur, 64 pages, octobre 2025, 12,5€

Ce petit recueil d'aphorismes, particulièrement vif et réjouissant, a trois originalités : il est écrit par une femme, il a germé dans la tête d'une psychothérapeute, et enfin il fait la part belle moins aux idées qu'aux mots, ou plutôt : il part le plus souvent d'expressions toutes-faites, qu'il confronte les unes aux autres dans un même fragment, afin de faire comme s'entre-choquer ces poncifs ou s'entre-dévorer ces expressions et, ce faisant, d'interloquer et déstabiliser leurs usagers (nous tous). Par exemple, mariant deux expressions routinières comme "untel n'est pas une flèche" et "avoir plusieurs cordes à son arc", obtenir le percutant (et dérangeant) :" À quoi bon avoir plusieurs cordes à son arc si l'on n'est pas une flèche ?" (p.27-2). Ou joignant "râle d'agonie", et "les Français sont des râleurs", établir (doctement, et cruellement ...) : "Les Français aiment râler jusqu'à leur agonie" (p.35-2). Dernier exemple : réunir singulièrement la "place du mort" de tout passager-avant transporté et "fourgon mortuaire" donne : "Le corbillard est la seule voiture où il y a la place pour deux morts" (p.59-6). On peut ainsi saisir le ressort de la citation initiale : l'effort à faire pour actualiser sa paresse obligeant au deuil même de son indolence ...

Claudine Bohi et Adrienne Arth - À tâtons dans le siècle (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 16 Janvier 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Arts

Claudine BOHI et Adrienne ARTH - À tâtons dans le siècle - préface de Béatrice Bonhomme, Collection duo, Les Lieux-Dits , 96 pages, 2025, 20 €

 


Un livre d'artiste pas comme les autres, car épais et constamment problématique - qui oppose (et conjoint, comme de force) deux dames décisives dans leur art respectif (la poésie, la photographie). Une sorte de combat entre elles, pour le sens. Combat, parce que si c'est Claudine Bohi la poète qui commente la photographe Adrienne Arth - et pas du tout l'inverse - chacune garde son monde, irréductible, intraductible, indéductible. Chacune reste ici farouchement dans son art : la photographe dans ses clichés, qui, comme toutes les pures images, arrivent d'emblée à leur existence complète, et sont leur propre présence, et, comme spécifiquement les photos, enregistrent le monde, reflètent, qu'elles le veuillent ou non, le sérieux et la consistance préalables des choses et des êtres, vivent de leur contact avec ce qu'elles ont enregistré : la complétude et le contact, donc, voilà exactement ce qui ne peut se trouver dans aucun poème, qui, par principe, a l'inachèvement de la voix et la distance des mots.

La Parole, Malcolm de Chazal (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 12 Décembre 2025. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La Parole, Malcolm de Chazal - texte inédit présenté par Yves Moatty, Arfuyen, 96 pages, septembre 2025, 14€

 

"La Parole est ce par quoi la vie est une, et qui fait de l'homme le fils aîné de la Nature. La Nature est la Parole, dont l'homme s'est échappé. Et l'abîme où il est tombé, est son abstrait" (p.43)

 

Malcolm de Chazal (1902-1981), l'homme de l'île Maurice, avait - c'est bien connu - le génie plutôt présomptueux ("Je considère n'être pas inférieur à Dieu", déclarait-il à Bernard Violet, car "Je vais vous dire. Si Dieu n'existait pas, si l'univers n'existait pas, si vous n'existiez pas : moi, j'existerais. Ce qui m'intéresse, c'est de me créer "), et un brin paranoïaque ("Le fait que j'existe est une ignominie pour l'île Maurice, parce que personne ne peut m'aimer. S'ils m'aimaient, ils se haïraient", ajoute-t-il tranquillement, car "Une oeuvre comme la mienne demande l'obstacle, la solitude, le refus. Et j'ai à Maurice tout ce que je veux..."). Mais génie il y a, et même les rares qu'il ménageait ou flattait dans ses innombrables articles insulaires l'ont senti passer :

À l'aube d'un paradis occasionnel, Valéry Molet (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 03 Décembre 2025. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

À l'aube d'un paradis occasionnel, Valéry Molet - Editions Nouvelle Marge, 284 pages, 2025, 22€

 

"Outre le ressentiment qu'Hugues avait pu observer chez ses parents, eux-mêmes militants, outre l'atonie intellectuelle qui circonvenait tout appareillage spirituel, les révolutionnaires étaient dépourvus d'attrait psychologique, c'était même là leur trait dominant. Ils vivaient la vie à plat, sans aucun des obstacles mentaux qui conduisent un homme à édifier des maladies remarquables qu'il chevauchera durant son existence afin d'en rendre supportables les contours" (p.84)

 

L'histoire est simple : un étudiant français (Hugues) débarque dans une université moscovite pendant la Perestroïka, à la fois poussé et repoussé là par ses parents. On saura peu ce qu'on lui y enseigne, comme ce qu'il décide de mettre en œuvre ou ce qui se passe vraiment dans le pays, mais on saura à peu près tout sur ce qu'il pense de la vie, de l'Histoire et de ses camarades de chambrée et de virée, car penser, il sait faire :

Le Dinosaulyre, Guillaume Métayer suivi de l'Étymosaure (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Lundi, 24 Novembre 2025. , dans La Une CED, Les Livres, Ecriture

Le Dinosaulyre, Guillaume Métayer suivi de l'Étymosaure - Illustrations de Djohr - à partir de 7-8 ans - Les Belles Lettres, 96 pages, octobre 2025, 11 €

 

Livre en main, j'expliquais la catastrophe obscure ;

Qu'entre le Crétacé et le Paléocène,

Même si crocodile et tortue survécurent,

Sauropodes soudain ont dû quitter la scène :

 

"Un scoop sans journaliste, un drame sans sponsor.

L'extinction des Dinos, mais retiens ce prodige :

La fossilisation de ces titanosaures

Dont nos yeux dans le sol épousent le vertige.