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Articles taggés avec: Nguyen Victoire

Ton avant-dernier nom de guerre, Raul Argemi

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 24 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Amérique Latine, Rivages/noir, Polars, Roman

Ton avant-dernier nom de guerre, traduit de l’espagnol (Argentine) Alexandra Carrasco-Rahal, octobre 2013, 159 p. 7,65 € . Ecrivain(s): Raul Argemi Edition: Rivages/noir

La stratégie du caméléon

En Argentine, de nos jours, un journaliste, Manuel Carraspique, se retrouve dans un hôpital de campagne après un accident grave :

« L’hôpital était destiné à soigner une réserve d’Indiens mapuches, confinés entre un lac et la cordillère des Andes. Il était situé près de la descente des Mallines, le lieu de l’accident ».

Cette hospitalisation peut être une aubaine pour notre journaliste. En effet, il partage sa chambre d’infortune avec un certain Indien Mapuche du nom de Marquez. Ce dernier est à l’agonie et il est brûlé sur les 90% de son corps. Selon la police, l’homme est un meurtrier ayant des liens avec un célèbre caméléon dont l’un des noms de guerre est Cacho, un tortionnaire pendant la guerre civile. Cacho endosse aussi d’autres identités. Il est tantôt Gomez, un médecin véreux, tantôt prêtre ou encore un trafiquant notoire et meurtrier de surcroît. Manuel qui est à l’affût de tout scoop voit là une opportunité à saisir. Il décide de faire parler Marquez. Mais à chaque confession, le danger se rapproche ainsi que la vérité sur Manuel lui-même.

Mort et vie de Lili Riviera, Carole Zalberg

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 20 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Babel (Actes Sud), Roman

Mort et vie de Lili Riviera, 8 janvier 2014, 154 pages, 7 € . Ecrivain(s): Carole Zalberg Edition: Babel (Actes Sud)

 

Une descente aux enfers

Lili Riviera, née Liliane Rivière, est une jeune fille ordinaire et rêveuse. Cependant, les fées qui se sont penchées sur son berceau lui ont assigné un destin tragique. En effet, livrée à une mère au cœur de glace et soutenue par un père aimant mais lâche, la petite fille grandit dans un univers étriqué et sans amour. Son besoin d’affection la pousse dans les bras des petites frappes et souteneurs. Ceux-ci, flairant sa fragilité, l’exploitent et la jettent à la pâture d’une foule en délire, tantôt fascinée par ses formes monstrueuses tantôt dégoûtée par son audace de freak. Son mal-être et ses failles psychologiques l’emmènent aux confins de la folie et l’abandonnent à la froide solitude du monde.

Dans un style simple et dépouillé de toute artifice littéraire, Carole Zalberg s’emploie à décrire l’univers pathétique et misérable qui environne la vie et la mort de cette « star » de l’effeuillage érotique et pornographique. Le roman s’ouvre sur sa mort. Sans concession, l’auteur entraîne son lecteur dès les premières pages dans l’univers glauque et poisseux de la défunte :

Sphinx, Christine Falkenland

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 18 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Pays nordiques, Roman

Sphinx, trad. du suédois par Anne Karila, 8 janvier 2014, 228 pages, 21 € (et 15,99 € en version numérique) . Ecrivain(s): Christine Falkenland Edition: Actes Sud

 

Obsession

Une femme, quittée par son époux, un certain Félix, apprend par une connaissance que ce dernier a refait sa vie avec une femme riche nommée Claire avec qui il a un fils, Adam.

La femme, dépitée et profondément dépressive, décide de s’introduire dans la vie de ce couple. Elle entreprend alors d’écrire de longues lettres à Claire qu’elle appelle « la deuxième épouse » pour lui révéler la vraie nature abjecte de son mari. Cependant, au fil de la lecture, on perçoit de plus en plus les failles de cette femme. Artiste ratée, extrêmement possessive envers sa fille Ma, obsédée par le prix des choses et par l’argent, elle ne cesse de ressasser, de souligner maladivement ses échecs et ses manquements. Ses parents l’évitent bien qu’ils subviennent à ses besoins. Le père de Ma la fuit. Sa fille est elle aussi perturbée, sûrement contaminée par la folie de sa mère et sa relation fusionnelle avec elle. La femme sait que quelque chose a déraillé en elle. Elle verbalise d’ailleurs son mal avec une certaine lucidité : « Il s’est passé quelque chose qui me fait perdre l’équilibre ».

Une terre d’ombre, Ron Rash

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Seuil

Une terre d’ombre, traduit de l’Anglais (USA) par Isabelle Reinharez, 2 janvier 2014, 243 pages, 20 € . Ecrivain(s): Ron Rash Edition: Seuil

Une ballade pour Laurel


Dans les années 60, un homme est mandaté de façon officielle pour se rendre dans une région isolée de la Caroline. Sa mission est de submerger la ville Mars Hill pour en faire un lac artificiel. L’hostilité des habitants et la découverte d’un cadavre dans un vieux puits ramènent à la surface une histoire tragique qui s’y était déroulée au moment de la Première Guerre Mondiale.

L’habileté du Prologue permet à l’auteur d’introduire son histoire et de braquer la lumière sur deux êtres à part. Il s’agit de Hank Shelton et surtout de Laurel, sa sœur. En effet, victime d’une marque de naissance et de la superstition des habitants, elle est rejetée par ce lieu qui la voit comme une sorcière et une damnée. Laurel est alors pourchassée, humiliée et voit son avenir compromis puisque les pressions de la communauté sont telles qu’elle a dû quitter l’école à regret. Sa vie se passe loin des regards dans une profonde solitude. De surcroît, sa demeure est une vieille maison nichée au creux d’un vallon maudit :

Le dilemme du prisonnier, Richard Powers

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 17 Décembre 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Le Cherche-Midi

Le dilemme du prisonnier, traduit de l’Américain par Jean-Yves Pellegrin, août 2013, 500 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Richard Powers Edition: Le Cherche-Midi

 

Au nom du père


Pour comprendre la complexité du troisième roman de Richard Powers, il faut dès le commencement de la lecture s’intéresser au titre de l’ouvrage car il porte en lui toute l’essence de l’œuvre. En effet, « le dilemme du prisonnier » est une expression très connue et qui a fait date dans le monde du jeu et par extension dans l’univers de la politique et de la négociation. Elle a été élaborée par A.W. Tucker. « Le dilemme du prisonnier » désigne une situation de jeux où deux joueurs auraient intérêt à coopérer, mais où de fortes incitations peuvent convaincre un joueur rationnel de trahir l’autre lorsque le jeu n’est joué qu’une fois. Pourtant si les deux joueurs trahissent, tous deux sont perdants. Comprenant la difficulté pour le public de comprendre le principe du jeu, A.W. Tucker l’explique sous la forme d’une histoire : Deux suspects sont arrêtés par la police. Or les policiers n’ont pas assez de preuves pour les inculper, donc ils les interrogent séparément en leur faisant la même offre.