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Articles taggés avec: Nguyen Victoire

Le garçon du Rwanda, Bernard Dan

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 12 Mars 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Le garçon du Rwanda, Editions de l’Aube, Collection Regards croisés, janvier 2014, 256 p. 17,20 € . Ecrivain(s): Bernard Dan

 

Regards croisés


Depuis toujours Esther Lyon a un problème qui lui ronge l’existence : elle ne peut pas dormir. Son insomnie la pousse à côtoyer le monde médical et, d’errance en errance à la quête d’un diagnostic, elle rencontre des traumatisés de guerre telle la petite fille venue de Bosnie. Cette rencontre l’a profondément marquée mais c’est surtout le face à face fortuit entre Esther et un petit garçon qu’elle nomme d’emblée Sanembe qui va bouleverser son existence.

Des années plus tard, devenue adulte et brisée par la vie, Esther revoit Sanembe qui s’appelle en réalité Camille. Tous deux vont tenter de survivre en puisant chez l’autre la force nécessaire pour continuer à avancer. En effet, si Esther a une personnalité morcelée, Camille, lui, cache un mal plus grand : celui du génocide rwandais dont il semble être témoin. Chacun va aider l’autre à surmonter sa terreur de vivre. Esther, atteinte d’un mal incurable sent la vie lui échapper lentement. Cependant, elle s’apaise en écoutant les histoires de son ami :

Vivre à présent, Nadine Gordimer

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 07 Mars 2014. , dans La Une Livres, Afrique, Les Livres, Critiques, Roman, Grasset

Vivre à présent, traduit de l’Anglais (Af. Sud) par David Fauquemberg, octobre 2013, 478 p. 22 € . Ecrivain(s): Nadine Gordimer Edition: Grasset

 

Être sud-africain post apartheid


Steve et Jabulie forment un couple mixte dans l’Afrique du Sud post Apartheid. Anciens activistes anti-Apartheid, ils mènent à présent une vie heureuse dans une banlieue sans histoire. Grâce au Black Empowerment, Jabulie accède à des postes à responsabilités tandis que Steve revêt la toge des professeurs d’université. Tous deux jouissent d’une vie de la classe moyenne plus dans un pays en mutation.

« Jabu, dans ses relations avec les camarades ex-combattants et sa carrière professionnelle, à la fois prestigieuse et selon toutes probabilités, prospère, dans un avenir plus ou moins proche, sans cesser d’être consacrée à la justice contre le passé et à celle du présent, a été la première à incarner quelque chose comme une réalisation de la politique du Black Empowerment, la promotion économique des noirs, même si cela ne touche que la classe vivant dans la Banlieue ».

Contrepoint, Anna Enquist

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 14 Février 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Babel (Actes Sud), Pays nordiques, Roman

Contrepoint, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin, janvier 2014, 226 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Anna Enquist Edition: Babel (Actes Sud)

 

La musique est une thérapie


Pour comprendre ce roman, le lecteur doit avant tout se référer à son titre car il révèle à lui seul le fil conducteur du récit. « Contrepoint » dans le vocabulaire de la musicologie insiste sur l’importance des règles et principes qui régissent une composition. Dans son article pour l’Association Rythmes et Harmonies de l’Ecole de Musique à Mulhouse, Alain Heim définit ce qu’il appelle le « contrepoint » de la façon suivante : « (le contrepoint) ne désigne pas une forme musicale elle-même, mais la manière de la concevoir, de la composer. Le contrepoint est un ensemble de règles et de principes garantissant à une composition une certaine valeur esthétique ».

Le sujet est posé et la trame romanesque peut se poursuivre. En effet, dès l’ouverture du roman, le lecteur assiste au travail du protagoniste féminin, appelé ici « la femme ». Elle essaie de comprendre et d’exécuter une œuvre particulièrement difficile, les variations Goldberg de Bach.

Le monde futur, Wang Xiaobo

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 07 Février 2014. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Asie, Roman

Le monde futur, traduit du chinois par Mei Mercier, octobre 2013, 190 Pages, 20 € . Ecrivain(s): Wang Xiaobo Edition: Actes Sud

 

La résistance d’un intellectuel


Le monde futur est un récit qui se scinde en deux temps. D’abord, le livre s’ouvre sur l’histoire de « L’oncle ». Cet homme, décédé au moment où commence l’intrigue, a été écrivain. Cependant ses œuvres n’ont jamais été publiées : « Mon oncle était écrivain, mais il n’a rien publié de son vivant ». Le narrateur, son neveu, est chargé d’écrire une biographie de cet oncle : « (…) ils sont venus me voir et m’ont demandé de consacrer à mon honorable oncle une biographie ». Et c’est l’occasion pour le narrateur de commenter l’histoire de vie de son oncle et particulièrement ses relations avec les femmes. C’est aussi une opportunité pour ce biographe de mettre en exergue ses propres émois sexuels face à sa tante pour qui il nourrit passion et fantasmes érotiques. Racontée sur le mode de la dérision et de l’humour, la biographie est immédiatement condamnée. Loin d’une narration classique, le livre choque par ses références sexuelles. Le narrateur est accusé de pornographie et devient à son tour un être nuisible à reconditionner.

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 28 Janvier 2014. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Roman

La petite communiste qui ne souriait jamais, janvier 2014, 310 p. 21 € (14,99 € en version numérique) . Ecrivain(s): Lola Lafon Edition: Actes Sud

La fabrique des gymnastes machines

Pour Lola Lafon, son roman suit une trajectoire précise : écrire sur Nadia Comaneci, mais à sa façon sans que cela ne soit une biographie. D’ailleurs Lola Lafon le précise à Nadia :

« Lors de notre premier échange téléphonique, je précise à Nadia C. que ce récit ne sera pas forcément exact, je me donne le droit de remplir ses silences. Nous convenons que je lui enverrai les chapitres au fur et à mesure pour qu’elle donne son avis ».

Ainsi, dès le début, un contrat d’écriture est posé. Le roman prend en compte le témoignage de la concernée sur les événements qu’elle a vécus, mais Lola Lafon se donne le droit d’intervenir dans son récit pour retoucher certains détails, compléter la version de Nadia ou encore la confronter à celles des journalistes ou historiens sur la Roumanie sous Ceausescu et sa prise de position vis à vis du régime. L’auteur veut avant tout maintenir son récit dans une certaine objectivité. Elle cherche à détruire l’icône de la gymnaste pour retrouver sous le masque de cire la jeune femme complexe et ambiguë. Sa mission est d’éviter l’hagiographie. Ainsi, Lola Lafon réussit sa deuxième mise au point : un pacte de lecture avec son public.