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Articles taggés avec: Durry Jean

Du sexisme dans le sport, Béatrice Barbusse

Ecrit par Jean Durry , le Vendredi, 02 Décembre 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Anamosa, Histoire

Du sexisme dans le sport, octobre 2016, 263 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Béatrice Barbusse Edition: Anamosa

 

Le sexisme : « une attitude qui consiste à avoir des comportements discriminants, c’est-à-dire à séparer et distinguer les individus selon leur sexe et à installer une hiérarchie entre les deux sexes ». Dans cette étude aussi intelligente qu’argumentée, Béatrice Barbusse entend combattre le sexisme sportif et […] lutter contre les inégalités et les discriminations qui vont avec ». Ce combat, elle a tous les titres pour le mener : agrégée en Sciences économiques et sociales, maître(sse) de conférences à l’Université Paris-Est Créteil, ainsi que handballeuse de bon niveau, devenue en 2007 présidente d’un Club masculin professionnel, l’U.S. Ivry, et la seule femme dans cette position, de 2008 à 2012, d’où une connaissance intime des préjugés d’incompétence et d’insuffisance, de l’invisibilité dans des assemblées d’hommes, des fines plaisanteries à répétition ; ce qui ne l’a pas empêchée d’accéder à l’heure actuelle à la Présidence du Conseil d’administration du Centre National du Développement du Sport (CNDS), poste stratégique.

Ils étaient un seul homme, Daniel James Brown

Ecrit par Jean Durry , le Jeudi, 25 Août 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Histoire, Récits, USA

Ils étaient un seul homme, traduit de l’américain par Grégory Martin La Librairie Vuibert, 463 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Daniel James Brown

 

La vie et le destin d’un homme. L’essence et le sens du sport. La trame de l’histoire. Un grand livre. C’est pourquoi le « Bulletin Critique du Livre » en français n’ayant lié en quelque sorte sa pérennité à La Cause Littéraire qu’en ce début de 2016, j’ai néanmoins tenu à ce qu’y prenne toute sa place le roman de D. J. Brown, The Boys in the Boat, paru chez Viking à New-York en 2013, et heureusement publié en français en avril 2014.

« Il faisait gris à Seattle (tout « en haut » de la côte Ouest des Etats-Unis, à proximité immédiate du Canada) ce lundi 9 octobre 1933 ». Mais on pourrait aussi partir du mois de mars 1914, naissance de Joe Rantz, partir de son enfance et de son adolescence si proches de la nature, durement marquées par la mort prématurée (1918) de sa mère et les conséquences du remariage de son père, Harry. Ce jour, devant le hangar à bateaux, il n’est que l’un des 175 « freshmen » – étudiants de première année – novices venus s’inscrire pour tenter leur chance d’accéder au « huit » de leur promotion. En cette Amérique plongée depuis le jeudi noir de 1929 dans une terrible crise économique, Joe pauvrement vêtu – et pour cause – sait bien qu’être retenu dans l’équipe, un barreur, huit rameurs, lui permettrait de surnager et d’aider à couvrir les frais de son année de scolarité.

Championnes, Lorraine Kaltenbach, Clémentine Portier-Kaltenbach

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 16 Août 2016. , dans Albums, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Histoire, Flammarion

Championnes, octobre 2015, 192 pages, 35 € . Ecrivain(s): Clémentine Portier-Kaltenbach et Lorraine Kaltenbach Edition: Flammarion

 

Des sentiments mêlés. C’est ce que l’on ressent en fermant ce livre attrayant, à la présentation très soignée, révélateur de certains destins trop ignorés, et riche en illustrations recherchées et peu connues.

Premier contact : très favorable. En sept chapitres – « vétérantes » (néologisme hardi auquel on aurait volontiers substitué « pionnières »), femmes du monde, filles du peuple, enfants de la balle, touche-à-tout, discriminées, militantes –, les deux auteurs – ou faut-il dire auteures ? – tressent vingt-neuf biographies, et fixent le processus du long combat mené par les femmes pour affirmer leur légitimité pleine et entière à vivre le sport de compétition, ce domaine si longtemps identifié comme quasi exclusivement « masculin ». Elles rendent ainsi hommage à des athlètes méconnues, aux fortes personnalités, qui ont fait contre vents et marées progresser la bonne course et changer la place et le statut du sexe présumé faible dans un univers pour le moins misogyne.

Boxing-Club, Daniel Rondeau

Ecrit par Jean Durry , le Vendredi, 08 Juillet 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Récits, Grasset

Boxing-Club, mars 2016, 141 pages, 14 € . Ecrivain(s): Daniel Rondeau Edition: Grasset

 

 

« Je m’entraîne dans une grange où j’ai perdu mon sac […]. La boxe m’aère la tête ; elle libère en moi une force insoupçonnée et me confère un étrange sentiment de légèreté. Elle me donne du punch pour m’installer, affûté, à ma table de travail ».

Daniel Rondeau s’est pris de passion pour la boxe « sur le tard et sans avertissement » ; de fait, il est rare que l’on découvre les heurts et les bonheurs du « noble art » à… 56 ans. En ayant éprouvé dans son corps et son esprit les sensations combien intenses, c’est avec justesse qu’en écrivain reconnu il sait trouver les mots pour décrire en une centaine de pages – assorties de sa jolie préface au catalogue de la vente publique de la collection du peintre Eduardo Arroyo, le 22 octobre 2015 – cet univers, ses rites, et ses protagonistes.

L’Equipe raconte l’Equipe, 70 ans de passion, Gérard Ernault et Les Anciens de l’Equipe, par Jean Durry

Ecrit par Jean Durry , le Mardi, 17 Mai 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

L’Equipe raconte l’Equipe, 7 ans de passion, Gérard Ernault et Les Anciens de l’Equipe, Robert Laffont, octobre 2015, 352 pages, 29 €

 

Remarquable.

Qui, chercheur ou curieux, s’intéressera en profondeur à l’histoire de la Presse, ne trouvera guère de monographie comparable à cette rétrospective des 70 ans de parcours du quotidien sportif « L’Equipe » depuis son premier numéro, le 28 février 1946, rétrospective tracée sous l’égide de l’Association des Anciens du journal et de son Président Gérard Ernault. Entre prologue et épilogue, ces sept décennies sont découpées en douze épisodes de quelques années et environ 25 pages chacun, scindés selon les transformations et les mutations successives. Les – nombreux – rédacteurs de chacun des textes ont personnellement connu la plupart des premiers protagonistes ou furent eux-mêmes les acteurs des péripéties qu’ils rappellent ou font découvrir.