« Le style fondamental de mon écriture a été de partir de mes problèmes personnels et de les relier avec la société, l’état, et le monde ».
Pourquoi lire les écrits de Kenzaburô Ôé ? Sans doute car ils expriment le mieux la complexité, l’ambiguïté et la richesse d’une voix insolite de cette âme japonaise, traumatisée, mais réussissant malgré tout à transformer sa propre souffrance en l’expression d’une condition humaine, en cherchant à adoucir ses souffrances dans le champ de la littérature, au regard d’un monde absurde aux côtés des plus fous, ces « nettoyeurs » du réel et aux côtés de cette névrose paranoïaque de libération du Japon alors que les bourreaux ont changé de nature, mais que les forces de l’occupation des esprits sont les mêmes ! Pour en finir avec le nucléaire et l’atome, « symbole de la soumission de l’homme à la violence ». Pour que nous accompagnions peut-être l’homme jusqu’à ses racines, l’arbre de la vie, des mémoires, nature fertile, nature de tous les possibles et de toutes les beautés, comme une guérison tranquille, comme une fleuraison. Comme pour continuer à penser, panser les vivants, pour que naisse une pensée blanche face à la suie de la destruction.