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Articles taggés avec: Mahdi Yasmina

Un cœur brûlé - à propos du livre de Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 19 Août 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques, La rentrée littéraire

 

Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois, Actes Sud, parution le 17 août 2016, 19,80 €

 

Canaille oserez-vous me mordre une autre fois

Retenez que je suis le page du Monarque

Vous roulez sous ma main comme un flot sous ma barque

Votre houle me gonfle, ô ma caille des bois

Ma caille emmitouflée, écrasée sous mes doigts.


La parade, Jean Genet

Retour à Cayro, Dorothy Allison

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 29 Juin 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Belfond

Retour à Cayro, traduit de l’américain par Michèle Valencia, juin 2016, 21 € . Ecrivain(s): Dorothy Allison Edition: Belfond

 

Retour au pays mal aimé

 

Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur ; Il piétine le vignoble où sont gardés les raisins de la colère ; Il a libéré la foudre fatidique de sa terrible et rapide épée ; sa vérité est en marche.

Les raisins de la colère, John Steinbeck

 

Elle sortit sur la véranda et s’adossa au mur de la maison. Le ciel chantait une chanson rouge. Les champs murmuraient une prière verte. Chanson et prière s’éteignaient dans l’ombre et le silence.

Les enfants de l’oncle Tom, Richard Wright

Polygraphie - à propos de Yann Andréa, Cet amour-là, par Yasmina Mahdi

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Samedi, 28 Mai 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Yann Andréa, Cet amour-là, éd. Pauvert, mars 2016, 192 pages, 18 €

 

« L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit, et ça passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie »

Marguerite Duras, Ecrire

Dès la première phrase, le style durassien de cette écriture polygraphique est reconnaissable par cette impossibilité de nommer, une sorte d’aplatissement de la langue et des phrases pronominales. L’histoire d’amour de Yann Andréa et de Marguerite Duras commence. Impliquée. Dans Calcutta désert ? Non. D’abord à Caen. L’alcool accompagne les premières rencontres épistolaires : les bitter Campari, la bière, le whisky, le vin, rouge, rosé, blanc… L’alcool s’immisce dans l’organisme de Yann Andréa et imbibe sa maladie d’amour. Il écrit le personnage que Marguerite Duras a composé pour lui, pour elle, qu’elle lui a choisi, comme dans un film. Avec des parcours symboliques, des noms d’emprunt.

Journal d’un peintre - à propos du livre de Bruno Mathon, Et puis, et puis encore

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Samedi, 21 Mai 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Bruno Mathon, Et puis, et puis encore, éd. impeccables, février 2016, 80 pages, 18 €

 

Un objet s’est mis en mouvement dans la matière de l’oubli (…) cet objet mental, surgi d’on ne sait où…

Bruno Mathon

 

Ainsi, deux mondes se rejoignent, comme dans le miroir circulaire que Van Eyck a suspendu derrière le portrait des Arnolfini, le monde des vivants de haute stature, constructeurs de cathédrales et tailleurs d’images, le monde magique de l’infiniment petit.

Henri Focillon, Vie des formes

Black-out - A propos du livre "Le Célibataire" (The Bachelor) de Stella Gibbons

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Samedi, 09 Avril 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Le Célibataire (The Bachelor) de Stella Gibbons, traduit de l’anglais par Philippe Giraudon, éd. Héloïse d’Ormesson, 2016, 560 pages, 24 €

 

L’intrigue

Le Célibataire pourrait être un « roman réaliste », qui crispe et confine les êtres dans des registres de rôles sociaux répétitifs. Le temps historique, lui, est situé lors de la seconde guerre mondiale, ce qui donne lieu à des scènes pathétiques : « une mère fluette avec trois petites filles robustes et crasseuses qui grimpaient sur elle et entrechoquaient bruyamment leurs masques à gaz (…) laissant le bébé aux pieds nus et sales sauter sur sa robe fanée », ou surprenantes : « Alicia ne participait jamais à ces manifestations de zèle communautaire, et elle aurait laissé mourir d’une attaque une vieille dame… » Son habileté littéraire n’est pas sans rappeler celle d’autres très grandes romancières, Virginia Woolf ou Doris Lessing, car elle dissèque les us et coutumes de ses compatriotes, dont l’existence est régie par un « Principe du Bien ».