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Articles taggés avec: Rialland Ivanne

L'Arbre aux secrets -6

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 26 Mai 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers

Chapitre 7

L’Arbre aux secrets, Chapitre VII

 


– … Ils sont en bas… Chut !

– Chut !

– Pas de bruit !

– Pas de bruit !

– Chut…

Le sorcier, la sorcière de la forêt !

– Chut !

– Pas de bruit !

Ils sont en bas !

l'Arbre aux secrets -5

Ecrit par Ivanne Rialland , le Dimanche, 24 Avril 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis, Chroniques Ecritures Dossiers

Chapitre VI


Rose revint le lendemain à la clairière, et le surlendemain. Mais pas de Victor. L’état de sa mère n’empirait pas. Il ne s’améliorait pas non plus. Quelquefois, elle restait prostrée des heures entières. Quelquefois elle chantonnait. Elle sortit même un peu dans le jardin. Un soir, elle prit de l’encre, du papier, un pinceau fin et se mit à dessiner comme avant. Comme avant. Cela paraissait si lointain à Rose. Mais avant, c’était quoi ? Il y a quelques jours, quelques semaines. Ou il n’y avait pas de « avant ». Le mal venait de plus loin. Toujours, le petit garçon grimaçant dessiné à l’encre de chine s’était caché sous les couleurs vives. Les cauchemars des nuits sous les rêves des jours. Sa mère avait vécu avec, jour après jour, repassant au petit pinceau en jaune, en vert et en rouge les feuillages sombres, les troncs noirs. Le renard caché dans la forêt, avec sa langue rouge, qui, tout à coup, pointait les oreilles et ne voulait plus rentrer dans son terrier.

L'arbre aux secrets - 4

Ecrit par Ivanne Rialland , le Dimanche, 03 Avril 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

Chapitre V

 

Regardant sa mère, après le déjeuner, piquer distraitement du bout de sa fourchette sa part de tarte, Rose ne pouvait se sortir cette phrase de l’esprit : « À la fin les enfants furent bien punis ». Elle commençait à comprendre ou du moins à entrevoir ce qui avait pu se passer. Un garçon dont les autres se moquent, sa mère y compris, à contrecœur peut-être, sans doute parce qu’elle n’ose pas le défendre. Ou parce que, comme les autres, elle le trouve bizarre. Ou peu importe. On se moque du garçon, on le rejette, on le laisse seul, en classe, dans la cour, au village. Dans la forêt. Les enfants du village devaient se retrouver dans la forêt, au printemps, après la classe, pendant les vacances d’été. Le garçon les suivait. Parce qu’il aimait la forêt. Parce qu’il voulait jouer avec eux. Ou parce qu’il habitait dans la forêt.
Il habitait dans la forêt…
Et puis, un jour, quelque chose se passe. Un accident. Une plaisanterie qui tourne mal. Dans la clairière. Dans l’arbre creux. Alors le regret, le remords. Toute la vie. Toujours.
C’était ça ?

L'Arbre aux secrets -3

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 23 Février 2011. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

CHAPITRE III


Quand elle rentra à la maison, sa mère était levée et l’attendait, inquiète et passablement en colère :

— Où étais-tu passée ? Il est 14 h ! Tu ne peux pas partir comme ça sans me prévenir ! Tu n’as même pas déjeuné ! Franchement, Rose, qu’est-ce qui t’est passé par la tête !

Rose était indignée et avait bien envie de lui retourner la question, mais elle se tut, en voyant les cernes violets sous les yeux de sa mère et son air triste. Elle s’excusa. Elle dit qu’elle ne le referait plus. Et elle s’installa à la table de la cuisine où sa mère lui servit à déjeuner.

Durant l’après-midi, sa mère resta mélancolique, mais elle lut, elle regarda un peu la télévision, elle sortit un moment dans le jardin. La crise semblait passée. Au dîner, elle proposa même à Rose de partir quelques jours au bord de la mer.

L'Arbre aux secrets -2

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 23 Février 2011. , dans Ecriture, Ecrits suivis

CHAPITRE II


Le lendemain matin, c’était le début des grandes vacances. Rose, qui avait mal dormi, se leva tard. Pourtant, il n’y avait personne dans la cuisine, et elle monta à la chambre de sa mère. Celle-ci n’était pas encore levée, mais quand elle s’approcha, elle rencontra ses yeux grand ouverts, avec ce regard fixe que Rose avait appris à détester. Elle allait la secouer par l’épaule, elle s’apprêtait à crier de colère, mais soudain une chose étrange se passa.

C’était la même chambre, les mêmes meubles, mais tout était différent. La commode était un peu plus brillante sous le soleil du matin, les rideaux pas tout à fait de la même couleur. Il n’y avait plus de papier peint au mur. Il y avait un napperon de dentelle sur la commode, et dessus, dans un cadre d’argent, une vieille photo en noir et blanc d’une petite fille en robe claire, avec des anglaises.