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Articles taggés avec: Mahdi Yasmina

Miffy au parc ; Miffy à la mer ; Dick Bruna (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 25 Août 2022. , dans La Une Livres, La Martinière Jeunesse, Les Livres, Recensions, Jeunesse

Miffy au parc ; Miffy à la mer ; Dick Bruna, La Martinière Jeunesse, juin 2022, trad. néerlandais, Elsa Whyte, juin 2022, 6,50 € chaque album Edition: La Martinière Jeunesse

 

À l’échelle des enfants


Miffy au parc

Hendrik Magdalenus Bruna, dit Dick Bruna, est un dessinateur néerlandais, né en 1927 à Utrecht et mort en 2017 dans la même ville, créateur du personnage Miffy le lapin blanc. Miffy (en néerlandais, Nijntje : lapin) est une petite lapine de fiction. La série s’est vendue à plus de 85 millions d’exemplaires, traduite dans plus de cinquante langues. Les personnages de Dick Bruna se retrouvent sur de nombreux produits dérivés à destination des bébés et des jeunes enfants – jouets, peluches –, et ont fait l’objet de deux séries télévisées. Son travail est fortement influencé par Picasso, Léger, Matisse et Braque.

Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait, Véronique Seydoux, Hélène Georges (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 19 Août 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Le Rouergue

Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait, Véronique Seydoux, Hélène Georges, mars 2022, 48 pages, 16,80 € Edition: Le Rouergue

La petite fille rebelle de l’Ouest sauvage

Le duo formé par Véronique Seydoux la scénariste, née en 1965, enseignante à Belfort et Hélène Georges, l’illustratrice, née en 1978 à Remiremont, formée aux Arts Décoratifs de Strasbourg, livre ce splendide ouvrage jeunesse consacré à l’Ouest américain, au titre qui interroge : Le Jour où Vicky Dillon Billon n’a pas bu son bol de lait. La couverture cartonnée révèle une vision westernienne, celle d’une fillette chevauchant un mustang bleu dans un fond rose et désert. De plus, Vicky Dillon Billon porte un drôle de nom (Dillon est une ville américaine située dans le comté de Summit dans le Colorado, et le billon, un alliage de cuivre, de zinc et d’argent). Vicky est une dynamique jeune africaine-américaine, vêtue comme sa mère d’un habit de cow-boy, coiffée d’un sombrero et chaussée de santiags. Elle se montre désobéissante, refuse de boire son lait et casse son bol. Disputée par sa mère, elle pique une colère si forte que ses nattes volent au vent. Elle se transforme alors en une petite fille rebelle de l’Ouest sauvage, elle-même alliage d’une métisse et d’un cow-boy sans peur et sans reproche.

Les couleurs du ghetto, Aline Sax, Caryl Strzelecki (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 13 Juillet 2022. , dans La Une Livres, Albums, Les Livres, Critiques, Jeunesse, Pays nordiques, La Joie de lire

Les couleurs du ghetto, Aline Sax, Caryl Strzelecki, trad. néerlandais, Maurice Lomré, 176 pages, 14,50 € Edition: La Joie de lire

 

« L’ennemi veut nous enlever, à nous Polonais et Juifs, tout ce qui est art et science. Il se peut que nous périssions, mais si nous devons périr, faisons-le avec dignité » (Ludwik Hirszfeld)

 

Témoignage d’un pogrom

Les couleurs du ghetto est le nom du terrible récit des pogroms d’Europe de l’Est dont témoigne ce roman graphique magistral. Le scénario est écrit par Aline Sax, née en 1984 à Anvers, titulaire d’un Doctorat en Histoire et illustré par Caryl Strzelecki, né en 1960 d’un père polonais et d’une mère néerlandaise. Le titre est surmonté d’une discrète étoile de David, les images ne sont traitées qu’en noir, gris et blanc – le noir, la nuit profonde de l’horreur, du deuil et de la néantisation de toute chose ; le gris et le blanc comme le brouillard et l’horizon parti en fumée dans un vide aveugle.

Nocturnes (Trois violences), Chantal Chawaf (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 08 Juillet 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Nouvelles, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Nocturnes (Trois violences), Chantal Chawaf, juin 2022, 122 pages, 15 € Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

 

« Je ne laissais pas mon destin tomber en déliquescence » (Chantal Chawaf)

 

Fractures

Chantal Chawaf, née en 1943 à Paris, pionnière d’une écriture d’un point de vue féministe, a développé une œuvre atypique. En ce qui concerne son dernier ouvrage, Nocturnes (Trois violences), elle décide de ne plus écrire dans le factice, c’est-à dire dans le manque de vraisemblance et dans la simulation, dans le facticius (l’artificiel, l’imitatif). Cette tentative pourrait se comprendre comme un manifeste contre une atteinte profonde du sujet, allant jusqu’à la dévastation. Pour preuve, dans trois récits inauguraux, des personnes esseulées et naïves relatent une agression intime. Le désir sexuel a des accents de mort et d’addiction toxicomaniaque. Le viol est présenté par le violeur à ses victimes comme une substance initiatrice, préalable de la séduction.

Un jour j’irai à Sagres, Nélida Piñón (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 01 Juillet 2022. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Un jour j’irai à Sagres, Nélida Piñón, éditions Des Femmes-Antoinette Fouque, mai 2022, trad. portugais (Brésil) Didier Voïta, Jane Lessa, 480 pages, 24 €

 

La femme interdite

Nélida Piñón, née en 1937 à Rio de Janeiro, d’origine galicienne, est la première femme à présider l’Académie brésilienne des lettres. Elle a reçu plusieurs récompenses, dont l’important Prix Juan Rulfo des littératures d’Amérique du Sud et des Caraïbes, ainsi que le prestigieux Prix Princesse des Asturies pour l’ensemble de son œuvre. Un jour j’irai à Sagres est le huitième livre que publient Des Femmes.

Dans ce volumineux roman, la première image forte est celle d’un homme, né dans le nord du Portugal, qui médite « à la lueur de la bougie », tel un anachorète. Hanté par sa mort future comme un Saint Jérôme en méditation, il dresse ce bilan amer : « Il est grand temps que je meure apaisé, passe en revue mes adversaires, mon existence, sans aucune affectation. Dans ce crépuscule, tout ou rien appelle au repentir, par fausse solidarité avec ce que j’ai perdu et n’ai pas gagné ».