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Articles taggés avec: Lerman Enriquez Alix

Cézembre, Hélène Gestern (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 27 Avril 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions

Cézembre, Hélène Gestern


Yann de Kérambrun, professeur d'histoire à l'université de Paris vient de perdre son père, quelques années après sa mère. Son père, puissant chef de l'entreprise familiale de navettes bretonnes basée à Saint-Malo, a toujours représenté pour Yann un être austère et tyrannique, un homme intraitable qui n'a pas su donner d’affection à ses enfants.

C'est donc le moment pour ce quinquagénaire désabusé qui vient de divorcer et dont le fils Paul s'est éloigné de lui pour aller en Allemagne, de retourner aux sources bretonnes afin de prendre du recul et d'interroger le passé familial. Yann décide alors de prendre une année sabbatique dans le manoir familial Les Couërons qui donne vue imprenable sur la mer de St Malo et de ses îles avoisinantes comme l’île de Cézembre :

« Je continue à observer l’île à la jumelle. Après l’agitation, la douceur de ses courbes, sa solitude désertée irradient une paie magnifique. Une apparence trompeuse, pourtant. Ce caillou, dont le relief était resté à jamais défiguré par les cratères qu’y avaient creusés les explosions à la libération, était une poudrière dormante avec son sol truffé d’obus... »

« Pétersbourg » d'Andreï Biely (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Russie

Pétersbourg, Andreï Biely, éditions des Syrtes poche

 

Je viens de refermer ce livre d’Andrei Biely contemporain d’Alexandre Blok, avec l'impression de tenir entre mes mains un véritable chef-d'œuvre. Une profusion d'images et de couleurs affleure encore à ma conscience avec cette conviction que des années après avoir lu ce livre, je me souviendrai encore de cette fresque grandiose.

Je ne sais par où commencer pour décrire cette odyssée russe qui, tout comme Ulysse de James Joyce, ne dure que vingt- quatre heures. Vingt- quatre heures intenses et endiablées de la vie d’Apollon Apollonovitch et de son fils Nicolaï.

Apollon Apollonovitch Ableoukhov, sénateur conservateur, glacial et compassé, à la fois ridicule et sûr de son importance, est, contrairement à ce que son prénom le laisse supposer, d’une laideur incomparable.  Muni d’oreilles vertes immenses, il semble être justement le parfait contrepoint d'un apollon. C’est que dans ce drame, le comique n’est jamais loin et la dérision sauve ce roman d’une noirceur profonde, rend par certains légère et drôle cette œuvre tragi-comique.

Finistère, Anne Berest (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 06 Octobre 2025. , dans La Une Livres, Les Livres, Albin Michel, Recensions, Roman

Finistère, Anne Berest, Albin Michel 2025, 432 p. 23,90 € Edition: Albin Michel

 

On se souvient du roman très remarqué d'Anne Berest La carte postale qui retraçait l'histoire de sa famille maternelle déportée dans les camps de concentration. Avec Finistère, l’écrivaine signe un très beau roman également :  Un livre très attachant sur sa famille paternelle bretonne où se mêlent la description de paysages à la beauté sauvage et accidentée du Finistère et la biographie de son père Pierre Berest, célèbre physicien, et dont elle vient d'apprendre la grave maladie.

L’histoire commence avec le grand-père de son père Eugène et raconte l’ascension sociale d’une famille bretonne mais également les idéaux de jeunesse paternels qui font de ce personnage un être complexe et attendrissant.

La richesse et l’originalité de de cette biographie proviennent de ces allers-retours incessants entre le passé de ce père mystérieux et révolutionnaire et la maladie présente de ce père désormais affaibli :

L'exil de la pensée, Jean-Yves Clément (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 26 Mai 2025. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

L'exil de la pensée, Jean-Yves Clément, Le Condottiere, 2025, 90 p. 10 €

Avec ce joli opuscule, Jean- Yves Clément nous offre un florilège d'aphorismes poétiques, maximes magiques qui nous guident dans l'enchevêtrement de l'existence où seul l'art semble être notre planche de salut face à un monde toujours plus cruel et plus violent, toujours plus indéchiffrable.

Mais au sein même de cette suite d'aphorismes, l'auteur introduit une césure entre l'avant et l’après, entre les notations, maximes de l'instant gravées avant l'exil de la pensée (partie 1) et les variations, pensées marquées par l'empreinte de l'exil (partie 2).

Mais quel est donc cet exil de la pensée qu’évoque l’écrivain ? Cet exil n’est pas un voyage extérieur, une épopée confrontée aux dangers du monde alentour, mais bel et bien un voyage intime de la pensée, une dynamique intérieure de l’âme, une maturation de l’esprit qui opère par magie et crée des variations dans la conscience, rendues possibles par le temps qui passe. Variations de la pensée au-delà du bien et du mal et de toutes les catégories figées de la pensée, comme nous invitait à le faire le grand Friedrich Nietzsche.

Los Muertos, Éric Calatraba (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 17 Mars 2025. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Los Muertos, Éric Calatraba, Editions La Trace, 2024, 130 pages, 18 €

 

Un détective privé désabusé, hanté par son passé, Christian Herrera, est chargé d’enquêter par Bianca Ruiz-Cubero sur la disparition, il y a sept ans, de sa petite fille bien aimée Luisa qui a perdu ses parents dans un accident de voiture alors qu’elle n’avait que six ans. Bianca, réfugiée espagnole, déjà âgée et malade qui vit avec Paco, le grand frère handicapé de Luisa, est intimement persuadée que sa petite fille d’une vingtaine d’années est encore en vie : « Je remontai en voiture et dans le rétro, je croisai mon regard ; Tout le monde semblait avoir fait son deuil de la jeune fille après tout ce temps et… non, Pas tout le monde… pas Bianca ».

Ce récit va donc être l’occasion de suivre les méandres du détective Christian Herrera, lui aussi, fils de réfugiés espagnols, au caractère si attachant. À travers le sud de la France et les territoires désolés ou luxuriants de l’Espagne, le détective va à la recherche de Luisa, en même temps qu’il va à la rencontre de lui-même et de ses fantômes du passé :