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Revue Décapage n°53

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Jeudi, 05 Novembre 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Revues

Revue Décapage n°53, Numéro spécial Rentrée littéraire, Collectif, Flammarion, septembre 2015, 172 pages, 15 €

 

Ce numéro de Décapage est un numéro Spécial Rentrée littéraire qui présente une nouvelle formule, « nouvelle couverture, nouveau format, pagination augmentée, tirage rehaussé, deux numéros annuels », des Editions Flammarion, sous la direction de Jean-Baptiste Gendarme, auteur Gallimard.

Original, agréable à lire, il comporte des articles de fond, des nouvelles, un dossier complet sur un auteur et pour ce numéro Maylis de Kerangal « par elle-même » inaugure la nouvelle formule.

On y lira aussi le journal littéraire de Alice Zeniter, une interview imaginaire de Céline avec de vraies réponses, celles de Céline extraites des Cahiers de la NRF et un dossier rassemblant avec beaucoup d’humour (ton décalé déjà donné dans l’éditorial et la présentation générale) les réponses de plusieurs auteurs sur au moins une question que se posent de nombreux primo-écrivants et dont le titre rend compte du suspense qui attend le lecteur, « le jour où mon manuscrit a été accepté », mais dont la banalité des réactions rend grâce à ce que l’état d’esprit de chacun de ces auteurs pris dans l’attente d’une réponse de préférence positive n’est pas si éloignée de celle de n’importe qui.

L’imposteur, Javier Cercas

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 31 Octobre 2015. , dans Actes Sud, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Espagne, Roman

L’imposteur, trad. de l'espagnol Aleksandar Grujicic, Elisabeth Beyer, septembre 2015, 400 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Javier Cercas Edition: Actes Sud

 

« Je ne voulais pas écrire ce livre ». C’est par cet incipit en forme d’aveu (ou de défense) que s’ouvre L’imposteur, un récit biographique étonnamment réel et fictif à la fois. L’auteur-narrateur va, en effet, nous raconter l’histoire d’Enric Marco, personnage encore vivant, « grand imposteur et grand maudit », pseudo-survivant des camps nazis, icône nationaliste antifasciste, symbole de l’anarcho-syndicalisme, à la tête de plusieurs organisations. Pour être bien sûr que nous ne soyons pas, avec cette histoire réelle truffée de mensonges, dans un véritable roman, Javier Cercas va nous parler d’abord de comment il a résisté à l’envie d’écrire cette biographie d’un menteur et non pas un roman. Ce livre est donc le roman d’une biographie fictive. C’est qu’au-delà du mensonge de l’homme qu’était Enric Marco, il y a l’illusion de la réalité que contient toute tentative d’écrire sur.

Beaucoup de questions sont posées au lecteur, par Cercas qui se les pose sans cesse à lui-même : a-t-il tort d’essayer de comprendre le mal extrême ?, si on considère que Marco a réellement menti sur sa présence en tant que victime du nazisme dans les camps de la mort. A-t-il raison de vouloir comprendre quelqu’un comme Enric Marco quand il trompe le monde avec le mal extrême ?

Renaître par les contes, Le rire de la grenouille, Henri Gougaud

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 24 Octobre 2015. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais

Renaître par les contes, Le rire de la grenouille, Editions du Relié, juin 2015, 192 pages, 18 € . Ecrivain(s): Henri Gougaud

 

Dans son avant-propos, Henri Gougaud mentionne que ce livre a d’abord été oral, plus exactement, il est « né de conversations avec [son] ami Benoît Chantre ». On n’en attendait pas moins du célèbre conteur qui d’ailleurs complète son ouvrage en nous offrant un CD rom de quelques contes dont il nous régale dans le livre.

Les contes peuvent-ils encore nous dire quelque chose de notre monde si effrayant fût-il encore ? Genre méprisé par les intellectuels, nous dit-il, il a encore tant à nous révéler. Et la démonstration qu’il en fait est un vrai régal ! Gougaud, d’abord conteur, se défend d’être un spécialiste mais il a des choses intéressantes à dire pour le bienfait de l’humanité. Dans un livre qui n’a rien de formaté, « il n’est pas un produit d’usine » mais « a poussé dans [mon] jardin », il nous délivre une leçon de vie empreinte d’une forte poésie et d’un métissage qui fait du bien à l’âme et au cœur.

Rien de plus anodin qu’un conte ? Pas sûr, nous dit-il. Les contes existent depuis la nuit des temps, ils continuent d’exister parce qu’ils ont quelque chose à nourrir en nous.

Wake up America, Tome 2, 1960-1963, John Lewis, Andrew Aydin, Nate Powell

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 16 Octobre 2015. , dans Albums, La Une Livres, Critiques, Les Livres, USA

Wake up America, Tome 2, 1960-1963, éd. Rue de Sèvres, mai 2015, trad. (USA) Alex Nicolavitch, 192 pages, 14 € . Ecrivain(s): John Lewis, Andrew Aydin, Nate Powell

 

Récit de la vie et du combat de John Lewis, infatigable défenseur des droits civiques et de la liberté, Wake up America est le second tome d’une trilogie, illustrée par Nate Powell, scénarisé par Andrew Aydin et John Lewis. Il fait suite au tome 1 dont la période englobait de 1940-1960 et montrait le début des sit-in et des actions non-violentes.

Wake up America, c’est aussi le cri de ralliement de John Lewis dans la marche en avant vers la liberté et l’égalité et contre la discrimination raciale, comme l’était juste, après lui, celui de Martin Luther King : I have a dream.

« Nous marchons en ce jour pour des emplois et pour la liberté mais il n’y a pas de quoi être fiers : des centaines de milliers de nos frères ne sont pas là. Ils n’avaient pas d’argent pour le transport car ils reçoivent des salaires de misère et parfois pas de salaire du tout ».

Kamarades, La fin des Romanov, scénario Benoit Abtey, Jean-Baptiste Dusséaux, dessin et couleurs Mayalen Goust

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mercredi, 07 Octobre 2015. , dans Albums, La Une Livres, Critiques, Les Livres

Kamarades, La fin des Romanov, Ed. Rue de Sèvres, mai 2015, mai 2015, 58 pages, 13 € . Ecrivain(s): Benoit Abtey, Jean-Baptiste Dusséaux, Mayalen Goust

 

Petrograd, « 1917, la première guerre mondiale bat son plein », le Tsar de toutes les Russies, Nicolas II Romanov est au début de son déclin. Les révolutionnaires avec Lénine à leur tête n’attendent qu’un faux-pas pour prendre le pouvoir. Le sang coule de part et d’autre, sur la page le blanc rivalise avec le rouge, offrant un univers froid, terrifiant. L’idéaliste Staline œuvre dans l’ombre, avide de pouvoir, il est rusé et n’hésite pas à trahir les siens pour servir sa cause. Sa fourberie est bien rendue par le dessin, homme sombre, mystérieux. « Je suis jaloux de ton bonheur Volodia, savoure-le ». Il va gagner l’amitié de Volodia en lui parlant de son amour perdu, un amour qui l’a rendu aride.

Volodia, homme sincère et droit, amoureux d’Ania, en fera les frais, alors même qu’Ania, fille du tsar est prête par amour à rejoindre la cause des révolutionnaires « le peuple a faim, il rêve de liberté, si vous ne faites rien, nous mourrons tous, père ! ».