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Articles taggés avec: Cervera Gilles

La tournée, Maxime Rossi (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mercredi, 27 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

La tournée, Maxime Rossi, éd L’iconoclaste, 180pp, 19,50€

 

On aime ouvrir un premier roman, d’autant que ce dernier est édité aux éditions L’iconoclaste où tout néo-romancier rêve d’être accueilli.

Ne rêvons pas davantage ! Évoquons La Tournée de Maxime Rossi.

L’auteur nous livre rien de moins, lyriquement, cliniquement, esthétiquement que son CV ! Il nous dit le café qu’il a tenu, les tournées avaient un autre sens, hep la dernière patron, la librairie-café qu’il a fait vivre au cœur d’un petit bourg où du coup, il est connu par tous. Le loup blanc aurait pu être l’enseigne mais le titre, c’est La Tournée.

L’auteur nous donne à lire et à voir, comme si on en était, sa reconversion non en facteur mais en infirmier. Et pompier ! Toutes les qualités : Dans nos déserts médicaux, l’infirmier-pompier intervient la plupart du temps sans médecin. Il est habilité par des protocoles à injecter des drogues sur le terrain de l’accident…

Chloé, Anton, Tess, Luis… et les autres, Jean-Louis Coatrieux (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mercredi, 20 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Chloé, Anton, Tess, Luis… et les autres, Jean-Louis Coatrieux, éd La Part Commune, 250p, 18€


Coatrieux et les nôtres

On chantonnerait bien le dernier titre de Jean-Louis Coatrieux avec le rythme et le phrasé de Marie Laforêt. Mais ça serait un peu léger, vaguement futile et si loin du texte !

Donc ce n’est pas Boris, Anton et moi mais Chloé, Anton, Tess, Luis… et les autres les héros du roman de l’auteur rennais publié à La Part Commune.

Un roman de Coatrieux est un roman à clefs.

Et on se sent bien peu serruriers, mal équipés, pas du tout prêts à rentrer dans sa Résidence d’auteurs, L’Archipel des mots, la belle enseigne !

Plus Archipel des morts que des mots à ceci près qu’une résidence d’auteurs coatrienne fait danser les temporalités et valser ensemble les vivants et les moins vivants : la littérature ouvre à l’éternité, n’est-ce pas ?

C’était impossible, Pierre Gaucher (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mardi, 12 Mai 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

C’était impossible, Pierre Gaucher, éd. Un Ange Passe, 194 pp, 130 photos et une aquarelle originale, 25 €


Par le pli des pierres

Pierre Gaucher est du Havre et de par ici.

Ici ?

Ici, un paysage, ou plutôt une vision. Ici, une sensation vue. Par exemple, des arbres muets qui frissonnent, des rivières crues qui roulent en silence, des crevasses qui s’ouvrent sans craquement, des corbeaux dont le bec s’ouvre au croassement inaudible.

Tentons d’être plus clair, disons que ses territoires sont des îles à part entre lesquelles Pierre Gaucher circule. D’un îlot l’autre !
D’un silence l’autre.

Dont le plus vaste et le plus connu serait l’Islande. Pierre Gaucher connaît mieux l’Islande que sa poche ! Mieux que la Bretagne ou que Rennes où il vit depuis des décennies.

Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 04 Mai 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Gallimard

Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous éd nrf Gallimard, 53pp, 11€90 Edition: Gallimard


Quel homme (mâle !) se prétend-on pour oser écrire sur Hélène Cixous ?

Et pire, risque insensé, pour tenter de s’appareiller à Le rire de la Méduse, Manifeste de 1975, publié en 2024 à la NRF ?

Ce pourrait être un tract dont Gallimard a pris l’habitude, son format court et vif correspondrait, mais Le rire de la méduse mérite mieux, la collection ivoire, dite blanche est à bonne hauteur – pour ne pas dire auteure.

Tout le système phallogocentré en prend pour son grade, et à juste titre ! Y compris l’éditorial !

Écris, que nul ne te retienne, que rien ne t’arrête ; ni imbécile machine capitaliste où les maisons d’éditions sont les rusés et obséquieux relais des impératifs d’une économie qui fonctionne contre nous et sur notre dos ; ni toi-même.

Dix huit, Gaëtan Lecoq (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques

Gaëtan Lecoq, dix huit, éd Terres du couchant, 73pp, 14€


Éclis de mémoire


On voit plus juste en poésie. Le poète voit et revit et son rythme est le bon.

Sa mémoire est une veille et nous révèle dans le miroir.

Voilà de bien banales généralités.

Pour le singulier, lisons Gaëtan Lecoq.

Le poète breton de Rennes et des Finistères fait paraître un chant aux éditions Terres du couchant. Le beau cahier de Gaëtan Lecoq s’intitule sobrement et en toutes lettres : dix huit.

Il suit les quatre années maudites :