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Articles taggés avec: Cervera Gilles

À ma sœur et unique, Guy Boley (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mardi, 24 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Guy Boley, À ma sœur et unique, éd Folio, F9, 491pp

 

Nietzsche et sa sœur

À ma sœur et unique a obtenu le prix des Deux Magots en 2023, année de sa parution chez Grasset.

Tout Nietzche n’est pas forcément à relire, ni à revoir, ni avant ni après, mais l’unique est donc la sœur de Friedrich. Dans son troisième livre, l’auteur lui fait sa fête !

Guy Boley nous entraîne cœur et tambour battants dans cette folie fratrique, cette fabrique à fake sororale qui ne va rien de moins que faire œuvre de son frère et lui construire le piédestal, amorcer la pompe à célébrité tout en créant, d’entrée, le malentendu.

Pour ne pas écrire pire. Le contresens, ou pire encore, l’instrumentalisation, celle qui peut jouer aujourd’hui comme une gangue idéologique, un précédant de lecture.

Ou comment une sœur devient mère de son frère et, à ce titre, le contrefait.

Guerre & guerre, Laszlo Krasznahorkai (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 19 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres, Babel (Actes Sud), Pays de l'Est

Laszlo Krasznahorkai, Guerre & guerre, éd Babel, 338 pp, 9,30€

 

Lisons un Nobel, ça donne à lire le monde lointain, et celui, si proche des révolutions littéraires que Nobel n’ennoblit pas à chaque fois (LF Céline, Thomas Bernhard, Beckett).

Comment approcher László Krasznahorkai ?

Le lire suffit. Pas seulement le lire, se faire engloutir, se laisser couler, risquer la noyade, et se surprendre, remonter, mieux, voler ! Krasznahorkai ferait s’envoler un non-nageur au fond de n’importe quel abysse.

Lire Guerre & guerre. Cela prend un peu de temps, nécessite un certain, comment dit-on à présent, lâcher prise ! Calembredaine ! Fadaise ! Nous ne lâcherons rien mais nous lirons car, oui, il faut lâcher les rênes de nos imaginaires.

S’avouer en premier qu’on n’y comprend rien. Ne pas s’en défendre, voire même, suprême plaisir, aimer ne rien comprendre – car en vérité on ne comprend jamais grand-chose ! Perdons nos repères :

Julie Brafman, Yann dans la nuit (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Julie Brafman, Yann dans la nuit, éd Flammarion312 pp, 21€


Vivre Duras. Penser Duras. Écrire Duras. Marguerite Duras ! En un mot comme en cent, aimer Duras !

Et, pour ce faire, on le peut aujourd’hui, passer par la bande, prendre le périphérique, les biographies nombreuses ou lire le dernier livre de Julie Brafman, bien connue des lecteurs de Libé, et auteure de son premier livre Yann dans la nuit.

La périphérie est le centre, par moment, dont Yann Andréa serait la jonction.

Une créature ? Un personnage ? Un homme en chair et en os ? Qui ?

Yann Andréa est le sujet à part entière de Julie Brafman.

Un peu par hasard, elle le dit dans ce livre subtil où elle nous dit d’elle aussi, de son approche journalistique et littéraire, de ses tâtonnements dans la nuit de Yann, de lui, ce breton exilé en Normandie, cet amoureux fou des lettres. Des lettres à et de Duras.

Deux seconds romans (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 16 Février 2026. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

 

Fatima Daas, Jouer le jeu, Editions de l’olivier, 190pp 20 €

Denis Infante, Ce que nous sommes à la fin, des enfants sauvages, éd Tristram, 176 pp 19€


Après un premier livre qui a surpris, tellement plu, bien-sûr qu’il faut un second livre pour confirmer la littérature naissante et ouvrir à l’œuvre.

Et oui, bien sûr que c’est dur !

On est sûr que le beau livre La petite dernière de Fatima Daas était un grand premier livre, surprenant, scandé par l’anaphore de tête de chapitre Je m’appelle Fatima. Ce premier roman est même devenu à toute vitesse une œuvre de cinéma, titre éponyme et bel opus ne faisant pas doublon

Alors nous avons lu son second livre avec intérêt, beaucoup d’appétit. Mais. Mais c’est un second livre !

Le jardinier et la mort, Guéorgui Gospodinov, (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 12 Février 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Pays de l'Est, Roman

Guéorgui Gospodinov, Le jardinier et la mort, Trad. du bulgare Marie Vrinat-Nikolov, 232 pp, 21,50 €

 

Soleil bulgare

Nous voilà dans le jardin le plus doux. Celui des quatre saisons et des gestes que les semaisons imposent. La mort du semeur y compris.

L’auteur, Guéorgui Gospodinov est bulgare et fils de son père, le jardinier qui est mort.

Il meurt en douceur. Au long d’un livre triste, mélancolique et joyeux comme des fleurs qui viennent au printemps, des fruits qu’on cueille à l’automne et l’odeur des terres, dans les mains, entre les ongles.

Gospodinov dit le deuil gai, le deuil doux, le deuil jardinier.

Énumération des maladies…. Mon père énumère ses maladies comme Homère les vaisseaux dans le Chant II de l’Iliade ou comme il décrit la fabrication du bouclier d’Achille au chant XVIII.