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Articles taggés avec: Zoe Tisset

Je suis ici pour vaincre la nuit. Yo Laur (1879-1944), Marie Charrel

Ecrit par Zoe Tisset , le Vendredi, 12 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Je suis ici pour vaincre la nuit. Yo Laur (1879-1944), Marie Charrel, Fleuve éditions, août 2017, 348 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Marie Charrel

 

L’auteur veut connaître mieux cette arrière-grand-tante, artiste mystérieuse ayant navigué entre Paris, Alger et Ravensbrück. Il reste d’elle quelques tableaux et quelques rares témoins qui l’ont connue. « C’était une artiste merveilleuse et une aventurière. Elle a vécu mille vies en une et visité tous les mondes. Elle a traversé l’enfer. Elle s’appelait Yo Laur ». A travers cette quête, l’auteur chemine aussi dans un voyage intérieur vers sa propre histoire. « J’ai étudié le visage de mon demi-frère et j’ai compris que nous ne tenions pas nos yeux du même homme. Du verre s’est brisé en moi ».

Le livre alterne entre un journal fictif de Yo Laur et les avancées de l’auteur pour retrouver toutes les traces possibles de cette femme artiste si singulière. « Pendant des mois, je n’ai pensé qu’à l’Algérie. Je me suis gorgé d’ouvrages savants (…). Yo Laur, femme seule, époux au front, a-t-elle osé franchir les frontières ? S’est-elle mêlée aux indigènes ? ». Il y a la volonté de sortir cette femme de l’ombre. Le lecteur croise aussi ces chevaliers du ciel, amoureux des vols libres et qui ont combattu pendant la première puis la seconde guerre.

Le charme des sirènes, Gianni Biondillo

Ecrit par Zoe Tisset , le Mercredi, 29 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Italie, Roman, Polars, Métailié

Le charme des sirènes, octobre 2017, trad. de l'italien par Serge Quadruppani, 341 pages, 21 € . Ecrivain(s): Gianni Biondillo Edition: Métailié

 

Nous sommes à Milan, l’intrigue tourne autour du meurtre d’un top-modèle à un grand défilé de mode. L’inspecteur Ferraro chargé de l’enquête est lui plutôt issu du milieu populaire et a gardé des amis « peu recommandables » comme Mimmo. « Du calme mon cul, gronda Mimmo à l’adresse du costaud. Déjà, qu’il fait une putain de chaleur et vous avec tout c’te bordel, vous m’avez réveillé ! Même les gamins dans la cour de l’immeuble savaient qu’à certaines heures, il valait mieux éviter de réveiller l’Animal ». Leur relation repose sur un mutuel respect et sur beaucoup de faux-semblants. « Depuis des années, Ferraro faisait semblant de ne pas savoir comment Mimmo gagnait sa vie, lequel Mimmo de son côté, faisait semblant d’être un informateur de Ferraro. Ils étaient clou et L’Animal ».

En  même temps, dans le sud de l’Italie nous assistons à une rencontre improbable entre Moustache, un clochard, et Aïcha, une enfant immigrée esseulée, à la recherche d’un frère disparu soudainement. Aïcha qui découvre le monde moderne, technique et opulent de l’occident : « Si elle n’avait pas été inquiète pour son frère, il lui aurait semblé se trouver dans une fable où se passent des choses très curieuses : sèche-main d’air, vieux sages immortels, escaliers qui bougent, trains dans le ventre de la terre ».

Le mythe de la vache sacrée, La condition animale en Inde, Florence Burgat

Ecrit par Zoe Tisset , le Mercredi, 20 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Voyages, Critiques, Rivages poche, Récits

Le mythe de la vache sacrée, La condition animale en Inde, mai 2017, 296 pages, 8,90 € . Ecrivain(s): Florence Burgat Edition: Rivages poche

 

Florence Burgat, en mission en Inde, visite différents lieux en rapport avec la « protection » des animaux : hospices, hôpitaux, abattoirs… Elle tient un journal dans lequel elle recollecte à la fois ses impressions personnelles sur l’Inde en général et mène une réflexion sur la condition animale en Inde.

« La vie est là, pêle-mêle et jetée, celle des gens et celle des chiens, dans le vacarme d’une activité incessante. La dévastation des paysages alentours, les constructions abandonnées, la saleté et le délabrement des bâtiments, l’absence de trottoirs, les déchets à ciel ouvert, donnent l’impression d’une ville qui, après avoir été longtemps inoccupée, aurait de nouveau été investie sans plan ».

Ainsi décrit-elle New Delhi en 1998. Elle explique dans ce livre comment notre rapport à l’animal est éminemment culturel et religieux. Ainsi les musulmans refusent d’endormir les animaux avant de les abattre, ils doivent être pleinement conscients. Le travail d’abattage se fait en Inde par les basses castes. Tout au long du livre, elle dénonce

Jusqu’à la Bête, Timothée Demeillers

Ecrit par Zoe Tisset , le Vendredi, 08 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Roman, Asphalte éditions

Jusqu’à la Bête, août 2017, 150 pages, 16 € . Ecrivain(s): Timothée Demeillers Edition: Asphalte éditions

 

C’est un livre qu’il faut lire pour ne pas oublier ceux et celles qui triment sans discontinuité dans des conditions innommables, dans des abattoirs inhumains. C’est un livre qui raconte le quotidien d’hommes et de femmes abrutis par l’odeur de sang frais mêlée aux détergents, entourés de carcasses à la chaîne, maniant cisailles et couteaux divers, ils en oublient d’être des hommes.

« C’est toujours l’odeur dont je me souviens d’abord. L’odeur qui imprègne tout. L’odeur qui vous prend sur le parking (…) Le roulement mécanique du convoyeur, le soufflement abrutissant de la clim, les chants des scies électriques de la découpe, les crochets qui s’entrechoquent, le rail de la 12, puis de la 25 qui s’ouvrent et se referment avec un clac, un clac sec, la tôle de l’usine qui répercute tout ça et l’écho qui se répand jusqu’au sas de la porte de service. Le bruit de la peur ».

Un homme raconte, on comprend vite qu’il est allé au bout du bout et qu’un évènement tragique est arrivé. « Vous deviez le connaitre, vous aussi ? Vous avez assisté à la scène ? Y avait-il des signes avant-coureurs ? ». Son récit est ponctué des clacs de l’usine. « Clac. Etourdie. Sur la chaîne. Clac. Clac. Clac. Sylvie qui accroche la bête ».

Une ombre chacun, Carole Llewellyn

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 12 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Belfond

Une ombre chacun, avril 2017, 294 pages, 17 € . Ecrivain(s): Carole Llewellyn Edition: Belfond

 

L’histoire tourne autour de cette femme, Clara, elle a décidé de tout quitter et surtout son mari, Charles. Celui-ci lui demande un enfant comme on passe une commande dans un magasin chic.

« Charles était de cette génération d’hommes qui réfléchissaient à la paternité, projet angoissant de la trinité héritée appartement, mariage, enfants (…). Il lui demanderait juste un enfant comme on demandait un deuxième whisky et, comme toujours, elle dirait oui ».

Seulement, il déclenche alors une sorte de raz de marée interne et extravasé. Clara qui a survécu dans son enfance à un enlèvement, part à la recherche d’elle-même.

« Tout allait bien. Tant que vous ne faisiez pas un bébé autiste ou trisomique. Un bébé sur lequel on ne pourrait pas s’extasier sur Instagram. Un bébé à qui on ne saurait pas quoi acheter comme jouet. Un bébé pour qui le choix de la poussette, du portage, de l’écharpe serait un débat inutile car on le garderait enfermé ».