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Articles taggés avec: Valérie Debieux

Engrenage, Éric Orlov

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Olivier Morattel éditeur

Engrenage, mars 2018, 204 pages, 17 € . Ecrivain(s): Éric Orlov Edition: Olivier Morattel éditeur

« Il y a quelque chose dans le silence des vies, quelque chose dans les questions qu’on ne pose jamais à l’autre qui vous précipite dessous, dans cette matière noire, écrasante, dans le glissement aveugle des achées »

Laurence est une jeune femme belle, mariée, à qui tout réussit, vie amoureuse, vie professionnelle. Mais son bonheur vient à se faner peu à peu, à compter du jour où glissent, dans sa boîte à lettres, une à une, dans un mode algorithmique, des correspondances anonymes, au contenu mystérieux.

Qui est donc l’auteur(e) de ces lettres ? Laurence adore lire, la littérature a toujours été au cœur de son existence, la lecture est son exutoire : « Tous ces romans lus. Dévorés, engloutis, oubliés parfois. Cette vie par procuration, tandis qu’elle obtenait de bons résultats à l’école. Tandis que son chat était mort. Tandis qu’elle menait ses études avec sérieux. Tandis que sa mère était malade. Tandis qu’elle essuyait les méchancetés de son demi-frère. Toutes ces vies de papier qui l’appelaient. Tandis qu’elle tâchait d’être à l’heure. De ne froisser personne. D’effectuer ce qui lui était demandé au travail. […] Tandis qu’elle attendait son mari passant tant d’heures à aligner des chiffres absurdes loin de Paris plutôt que d’être auprès d’elle ».

Le vertige des falaises, Gilles Paris

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 11 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Plon

Le vertige des falaises, avril 2017, 247 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Gilles Paris Edition: Plon

 

Une Île se séparant progressivement de ses habitants, un huis-clos aux accents de nature sauvage, entouré par une ceinture de hautes falaises. Des parois abruptes qui, parfois, s’effritent et se laissent choir dans le fracas des vagues. Une île que le ferry accoste, de temps à autre, avec à son bord quelques touristes et des marchandises. Des visiteurs qui débarquent, des insulaires qui embarquent. Un chassé-croisé, un peu comme le flux et le reflux des océans. Une terre d’herbes folles balayée par les éléments, traversée par une route et bordée de chemins sinueux. Essaimées sur ces terres, quelques habitations, des bribes de non-dits que le vent a oubliées et des histoires enterrées dans le silence des cœurs et des mémoires.

Et, comme des abeilles affairées autour des premières fleurs du printemps, les habitants, avec pour « reine » la famille de Mortemer, leurs trois générations de femmes, leurs deux décès, le père et le grand-père et, surtout, un lieu important, leur imposante maison en fer et en verre. Peu nombreux les habitants, mais tous chargés de quelques histoires, de quelques secrets, de quelques souffrances et de quelques rêves aussi.

Hérésies glorieuses, Lisa McInerney

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 30 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Joelle Losfeld, Iles britanniques, Roman

Hérésies glorieuses, août 2017, trad. anglais Catherine Richard-Mas, 464 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Lisa McInerney Edition: Joelle Losfeld

 

Cork, troisième ville d’Irlande, capitale administrative et économique du Comté éponyme, un peu plus de neuf cents pubs, pour plus de cent-vingt mille âmes avec environ cent jours de brouillard par an. Climat océanique et River Lee obligent. Au sein de ce décor évoluent plusieurs acteurs, chacun avec leur pedigree, chacun avec leur rôle.

Il y a le jeune Ryan, quinze ans ; sa mère est morte alors qu’il n’avait que onze ans ; son père, lui est toujours là, enfin toujours vivant, un alcoolique, « une épave » dont Ryan est l’aîné des enfants.

Il y a aussi Jimmy, un « enfant du péché, […], conçu dans le péché puis marque du péché, qui avait poussé comme tous les vilains secrets jusqu’au jour où plus personne ne put fermer les yeux sur la bosse qui déformait la robe de sa mère. […] En culottes courtes, il était le roi de sa rue ; en T-shirt Iron Maiden il était revendeur en chef de tout le bassin versant. Il avait vendu des clopes, de la dope et des canettes de blonde, puis de l’héroïne, des femmes et des munitions ».

Les hommes, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Joelle Losfeld, Roman

Les hommes, août 2017, 371 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Joelle Losfeld

 

Montreuil, en Seine-Saint-Denis, année 1974.

Mietek Breslauer, vingt-cinq ans, est sorti de taule depuis vingt-sept mois et quelques semaines. En prison, chaque instant compte ; alors oui, on compte en mois, en semaines et en jours. Des jours qui n’en finissent pas… alors oui, faut faire attention, ne pas y retourner. Car, comme dirait Audiard, « les conneries, c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer ».

Son mentor, Robert-le-Mort, un pensionnaire du même établissement, qui, à défaut de pouvoir lui donner de mauvais exemples, s’essaie à lui glisser de « bons » conseils. « On s’était connus là-bas. Robert-le-Mort était sous les verrous depuis un bail. Et puis une ancienne affaire était revenue le chercher en taule, il s’était fait balancer. Il savait qu’il ne sortirait que les pieds devant. […]. Il voulait faire le bien, que j’aille donner son magot à celle qu’il avait aimée. Elle ne venait plus le voir, mais elle élevait leur gosse. Moi, j’allais sortir. Alors Robert m’avait donné l’adresse de sa planque […] Je prenais cinq plaques et je livrais le reste. […]. J’avais fait le boulot, […].

Bagdad, la grande évasion !, Saad Z. Hossain

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 07 Juillet 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Asie, Roman, Agullo Editions

Bagdad, la grande évasion !, avril 2017, trad. anglais (Bangladesh) Jean-François Le Ruyet, 384 pages, 22 € . Ecrivain(s): Saad Z. Hossain Edition: Agullo Editions

 

Bagdad, année 2004, la ville est occupée par les troupes américaines, découpée en enclaves fortifiées, gérées pour les unes par les forces gouvernementales irakiennes, et pour les autres par les milices et les différentes communautés religieuses et/ou ethniques. Les rues sont le théâtre quotidien de la violence : attentats à la voiture piégée ou par kamikazes, balles de kalachnikov ou de sniper, tirs au mortier, lancers de grenades, personne n’est épargné. Il n’y a d’impunité ni pour les êtres ni pour les lieux.

En cette ville où l’horreur et l’indicible ont établi leur cantonnement avec, pour compagnons de route, l’alcool et la drogue, deux hommes, Dagr, ancien professeur d’économie à la reconversion professionnelle réussie, et Kinza, trafiquant d’armes notoire recherché par les soldats américains, tous deux