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Articles taggés avec: Valérie Debieux

Le vertige des falaises, Gilles Paris

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 11 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Plon

Le vertige des falaises, avril 2017, 247 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Gilles Paris Edition: Plon

 

Une Île se séparant progressivement de ses habitants, un huis-clos aux accents de nature sauvage, entouré par une ceinture de hautes falaises. Des parois abruptes qui, parfois, s’effritent et se laissent choir dans le fracas des vagues. Une île que le ferry accoste, de temps à autre, avec à son bord quelques touristes et des marchandises. Des visiteurs qui débarquent, des insulaires qui embarquent. Un chassé-croisé, un peu comme le flux et le reflux des océans. Une terre d’herbes folles balayée par les éléments, traversée par une route et bordée de chemins sinueux. Essaimées sur ces terres, quelques habitations, des bribes de non-dits que le vent a oubliées et des histoires enterrées dans le silence des cœurs et des mémoires.

Et, comme des abeilles affairées autour des premières fleurs du printemps, les habitants, avec pour « reine » la famille de Mortemer, leurs trois générations de femmes, leurs deux décès, le père et le grand-père et, surtout, un lieu important, leur imposante maison en fer et en verre. Peu nombreux les habitants, mais tous chargés de quelques histoires, de quelques secrets, de quelques souffrances et de quelques rêves aussi.

Hérésies glorieuses, Lisa McInerney

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 30 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Joelle Losfeld, Iles britanniques, Roman

Hérésies glorieuses, août 2017, trad. anglais Catherine Richard-Mas, 464 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Lisa McInerney Edition: Joelle Losfeld

 

Cork, troisième ville d’Irlande, capitale administrative et économique du Comté éponyme, un peu plus de neuf cents pubs, pour plus de cent-vingt mille âmes avec environ cent jours de brouillard par an. Climat océanique et River Lee obligent. Au sein de ce décor évoluent plusieurs acteurs, chacun avec leur pedigree, chacun avec leur rôle.

Il y a le jeune Ryan, quinze ans ; sa mère est morte alors qu’il n’avait que onze ans ; son père, lui est toujours là, enfin toujours vivant, un alcoolique, « une épave » dont Ryan est l’aîné des enfants.

Il y a aussi Jimmy, un « enfant du péché, […], conçu dans le péché puis marque du péché, qui avait poussé comme tous les vilains secrets jusqu’au jour où plus personne ne put fermer les yeux sur la bosse qui déformait la robe de sa mère. […] En culottes courtes, il était le roi de sa rue ; en T-shirt Iron Maiden il était revendeur en chef de tout le bassin versant. Il avait vendu des clopes, de la dope et des canettes de blonde, puis de l’héroïne, des femmes et des munitions ».

Les hommes, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Joelle Losfeld, Roman

Les hommes, août 2017, 371 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Joelle Losfeld

 

Montreuil, en Seine-Saint-Denis, année 1974.

Mietek Breslauer, vingt-cinq ans, est sorti de taule depuis vingt-sept mois et quelques semaines. En prison, chaque instant compte ; alors oui, on compte en mois, en semaines et en jours. Des jours qui n’en finissent pas… alors oui, faut faire attention, ne pas y retourner. Car, comme dirait Audiard, « les conneries, c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer ».

Son mentor, Robert-le-Mort, un pensionnaire du même établissement, qui, à défaut de pouvoir lui donner de mauvais exemples, s’essaie à lui glisser de « bons » conseils. « On s’était connus là-bas. Robert-le-Mort était sous les verrous depuis un bail. Et puis une ancienne affaire était revenue le chercher en taule, il s’était fait balancer. Il savait qu’il ne sortirait que les pieds devant. […]. Il voulait faire le bien, que j’aille donner son magot à celle qu’il avait aimée. Elle ne venait plus le voir, mais elle élevait leur gosse. Moi, j’allais sortir. Alors Robert m’avait donné l’adresse de sa planque […] Je prenais cinq plaques et je livrais le reste. […]. J’avais fait le boulot, […].

Bagdad, la grande évasion !, Saad Z. Hossain

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 07 Juillet 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Asie, Roman, Agullo Editions

Bagdad, la grande évasion !, avril 2017, trad. anglais (Bangladesh) Jean-François Le Ruyet, 384 pages, 22 € . Ecrivain(s): Saad Z. Hossain Edition: Agullo Editions

 

Bagdad, année 2004, la ville est occupée par les troupes américaines, découpée en enclaves fortifiées, gérées pour les unes par les forces gouvernementales irakiennes, et pour les autres par les milices et les différentes communautés religieuses et/ou ethniques. Les rues sont le théâtre quotidien de la violence : attentats à la voiture piégée ou par kamikazes, balles de kalachnikov ou de sniper, tirs au mortier, lancers de grenades, personne n’est épargné. Il n’y a d’impunité ni pour les êtres ni pour les lieux.

En cette ville où l’horreur et l’indicible ont établi leur cantonnement avec, pour compagnons de route, l’alcool et la drogue, deux hommes, Dagr, ancien professeur d’économie à la reconversion professionnelle réussie, et Kinza, trafiquant d’armes notoire recherché par les soldats américains, tous deux

Le Blues de La Harpie, Joe Meno

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 21 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, USA, Agullo Editions

Le Blues de La Harpie, janvier 2017, trad. Morgane Saysana, 308 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Joe Meno Edition: Agullo Editions

La Harpie, petite bourgade imaginaire, perdue au fin fond de l’Illinois.

Luce Lemay, natif du lieu, sort de prison. Son forfait, celui d’un soir, commencé par le braquage du magasin de vins et de spiritueux de son patron, prolongé par sa fuite en voiture et terminé par l’homicide d’un bébé que sa mère promenait dans un landau.

« Il n’y avait pas le temps de freiner. Le volant s’est changé en pierre entre mes mains. Le landau que cette dame poussait a percuté la froide calandre gris acier, fusant droit vers le ciel nocturne et obscur, s’est égaré dans ce lointain attrayant et le scintillement des étoiles d’argent. […] Puis tout fut terminé. Puis tout fut comme plié d’avance. Je suis descendu de voiture tout chancelant et j’ai vomi partout sur mes chaussures noires et ternes, juste avant que la nuit ne transperçât mes yeux et ma bouche irritée, m’assommant, me traînant sur une route pétrie de désespoir, hors de mon corps, hors de ma propre vie sans joie et droit vers Pontiac, où je tirerais trois à cinq ans pour homicide involontaire et conduite dangereuse. […] Cette nuit-là se rejouait en boucle dans mes rêves chaque soir, telle une horrible rengaine échappée d’un jukebox. Chaque fois, je tâchais de tout réparer dans ma tête, de m’arrêter une trentaine de centimètres plus tôt […]. Tout ce qui s’ensuivrait découlerait de cette malheureuse petite seconde diluée dans l’immense cruauté de l’espace-temps […] ».