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Articles taggés avec: Tawfiq Belfadel

Le jour où Pelé, Abdelkader Djemaï

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 05 Juin 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Maghreb, Roman, Le Castor Astral

Le jour où Pelé, mars 2018, 136 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Abdelkader Djemaï Edition: Le Castor Astral

 

Après La vie (presque vraie) de l’abbé Lambert (Seuil, 2016), Abdelkader Djemaï publie son dernier roman, Le jour où Pelé.

Dans ce roman, l’auteur s’inspire d’un événement majeur de l’histoire algérienne : le 17 juin 1965, le Brésil vient affronter pour un match amical l’équipe algérienne, au Municipal d’Oran. Présidée par Ahmed Ben Bella qui assiste au match, l’Algérie est indépendante depuis trois ans. Encore fissurée par les séquelles de la colonisation, elle regroupe ses lambeaux pour se retrouver, pour suivre la course des pays libres. Ce jour inoubliable, « la nation de foot bénie par les dieux allait affronter la nation qui venait d’entrer dans le concert des pays libres » (p.93).

Noureddine est le personnage principal du roman. C’est un adolescent de 17 ans qui a grandi dans un haouch (maison avec plusieurs chambres et une cour, abritant souvent des familles différentes).

Hiziya princesse d’amour des Ziban, Lazhari Labter

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Maghreb, Contes

Hiziya princesse d’amour des Ziban, éditions El Ibriz, Alger, 2017, 294 pages . Ecrivain(s): Lazhari Labter

 

Hymne à l’amour et à la poésie

La légende de Hiziya demeure une source d’inspiration. Tous les arts se croisent pour lui redonner vie. Après les chanteurs, les romanciers revisitent la légende en mêlant documentation et imagination. Maissa Bey a publié en 2015 un roman intitulé Hizya (lire la critique : http://www.lacauselitteraire.fr/hizya-maissa-bey). Lazhari Labter publie en 2017 un roman sous le titre Hiziya princesse d’amour des Ziban. Malgré les points de divergence, les deux romans rendent hommage à la légende de Hiziya.

La légende raconte que la belle Hiziya était follement amoureuse de son cousin S’ayyad. Orphelin recueilli par son oncle Ahmed Ben Bey, le père de Hiziya, le jeune homme vouait aussi un amour platonique pour sa cousine. Les prétendants se faisaient nombreux mais le cœur de la jeune fille ne battait que pour S’ayyad. Aux portes du Sahara, ils vivaient ainsi des moments d’amour orageux et inoubliables.

La voix de son maître, Azouz Begag

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Jeudi, 12 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, La Joie de lire

La voix de son maître, février 2017, 288 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Azouz Begag Edition: La Joie de lire

 

 

Azouz Begag et le fantôme du père

Après un roman autobiographique Salam Ouessant (Albin Michel, 2012), Azouz Begag publie son dernier roman, La voix de son maître. Le livre comprend cinq parties divisées en chapitres numérotés.

L’histoire est racontée par le personnage Samir Ajaar dit Samy. Les évènements commencent à Lyon en 1967. Né en France de parents algériens, Samy rêve depuis son enfance de visiter l’Amérique. Son père déteste ce continent et lui interdit d’y mettre les pieds. « Il se demandait s’il n’était pas temps de rentrer au pays d’origine afin de sauvegarder les braises de culture authentique qu’il nous restait encore » (p.21), dit Samy à propos de son père obsédé par le retour.

Salam Ouessant, Azouz Begag

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 19 Mars 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Albin Michel

Salam Ouessant, 192 pages, 16 € . Ecrivain(s): Azouz Begag Edition: Albin Michel

 

Le narrateur est un père divorcé. Avec ses deux filles, Sofia et Zola, il quitte Lyon pour quelques jours de vacances. Il choisit l’île bretonne Ouessant. Ses filles le malmènent déjà de reproches. Nostalgique d’un pays imaginaire, la première lui reproche de n’avoir pas choisi l’Algérie ensoleillée, pays de son grand-père. La deuxième, telle une avocate des affaires familiales, lui reproche d’avoir choisi le divorce. En mer, le froid et la pluie ajoutent une autre couche de malaise à ce voyage déjà mal entamé.

Sur l’île, le père varie les activités pour gâter ses filles sans pour autant oublier d’alimenter sa solitude. Il essaie ici de recoudre les lambeaux de sa vie fissurée, de se retrouver. Le voyage lui permettra de connaître l’autre et lui-même. « J’ai toujours fui l’amour et cherché des îles désertes pour me cacher derrière les plis des falaises et ne plus penser à rien (…) » (p.89) soliloque-t-il.

Mes « veux » pour 2018, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 14 Mars 2018. , dans La Une CED, Ecriture

 

Loin des vœux, mes veux.

Le verbe « vouloir » est un verbe impersonnel dans mon pays. L’Algérie. Il se conjugue uniquement avec le gouvernement. Exemple : c’est le gouvernement qui veut. Le conjuguer avec d’autres pronoms est une atteinte à la stabilité du pays et un appel à un coup d’Etat.

Je vais briser ce tabou. Voici donc mes « veux » :

Je suis un enfant algérien. Je veux dans ma ville un cinéma, un théâtre, un clown, un centre culturel, pour vivre mon enfance que vous exploitez dans deux lieux : l’école coranique et l’école publique. Je veux une enfance puissante qui ne serait jamais menacée par une baleine virtuelle. Je veux vivre !

Je suis un jeune Algérien. Je veux vivre ma jeunesse qui m’échappe. Je ne veux pas que vous réduisiez mon humanité à deux cartes : carte du service militaire, et carte électorale. Vivre est un verbe qui m’est spolié et je m’aventure sur une barque pour le chercher ailleurs. A la recherche du verbe perdu. Je veux vivre !