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Articles taggés avec: Simon Paul Benaych

A Tlemcen (3) : Les maisons, les demeures

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 08 Juin 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Récits

 

Sélim et Aïssa m’ont rejoint. Je leur raconte comment devant cette maison, avec mes copains Caparos et Chiali, je jouais au cyclorameur, un bel engin que mes parents m’avaient offert pour mes six ans et qui me valait l’amitié fervente de tous les gars du quartier.

En nous dirigeant vers les quartiers neufs, un peu à la périphérie, nous passons devant un superbe bâtiment d’architecture arabe, élégant et lumineux. C’est le Centre culturel de Tlemcen. Il a été construit l’an dernier, à l’occasion des rencontres sur la culture islamique.

Le repas de midi : nous mangeons chez Selim, qui nous a invités, Aïssa et moi. L’appartement est richement meublé, spacieux et avenant. Les quatre enfants de Selim et de son épouse viennent nous accueillir. Nous étions manifestement attendus. Sur la table, trois couverts. Une salade de poivrons, des pâtés à la viande dans des feuilles de brik et des rouleaux au fromage. Après le passage aux toilettes, nous nous installons à table. Je suis étonné de ne pas voir la maîtresse de maison, pour la remercier de ce beau repas. Mais Aïssa m’explique discrètement que c’est l’usage, la femme ne peut voir aucun homme étranger chez elle, et ne peut être vue. Que dire ici, dans cette maison, à la fois si hospitalière et si décalée au regard de nos valeurs européennes ?

A Tlemcen (2) : entrée dans la ville

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Récits

En ce 27 janvier 2012, la route est humide quand on arrive à Tlemcen, c’est le soir. En arrivant sur le plateau qui surplombe la ville, presque sans transition avec la lumière de la journée, nous trouvons cinq centimètres de neige sur la route, le brouillard et le froid. Lentement, au rythme des chicanes liées aux travaux en cours, nous descendons vers le cœur de Tlemcen, le paysage devient plus clément (tiens ! clément, c’est l’anagramme de Tlemcen…).

Tout se bouscule, l’émerveillement du regard qui découvre des lieux nouveaux vient envelopper les souvenirs et les attentes pour empêcher la moindre nostalgie. Moment plein, fait d’élan, de curiosité. Ici et maintenant, sentiment de grâce, d’une offrande qui m’arrive au moment précis où je suis disponible pour cela. La ville offre des possibles, mais elle gardera, je le sais, ses mystères. Comment pourrait-il en être autrement ? Tlemcen, ville où je n’ai eu que le temps de forger des images d’enfant. Rien aujourd’hui pour me pincer le cœur ; l’adolescent et l’homme ont grandi en métropole.

L’entrée de Tlemcen offre une perspective harmonieuse, les avenues sont larges et bordées d’arbres soigneusement entretenus. En 2011, la ville a accueilli le congrès de la culture islamique. Pour l’occasion, on a embelli les grands axes.

La rencontre avec le Tlemcen de 2012 crée en moi un monde neuf, sans doute assez éloigné de la réalité objective de la ville, c’est un monde où le Tlemcen imaginé entre en synergie avec la tranquillité apparente du paysage.

A Tlemcen (1)

Ecrit par Simon Paul Benaych , le Vendredi, 25 Mai 2012. , dans La Une CED, Ecriture, Récits

Nous publions en trois parties ce récit de Voyage (pélerinage ?) à Tlemcen (Algérie).

 

En arrivant à Tlemcen ce vendredi 27 janvier 2012, brume et obscurité, neige et travaux sur la route. Comme si les chicanes imposées par les travaux en cours voulaient ralentir cette entrée, on pourrait presque dire cette intrusion.

Impression d’ouvrir la porte du temple du souvenir. Les souvenirs réels et ceux entretenus ou créés par les récits de mes parents forment une sorte de voile qui est en train de se soulever. Il y faut de la lenteur. Le réel qui importe ne se livre pas au passant. L’homme pressé n’entre pas dans le temple. Parce qu’il n’entre pas dans le temps.

Tlemcen absent, c’est Tlemcen mythifié. Mais être présent à Tlemcen, c’est comme un rêve dévoilé, voire déchiré. Pour une révélation.

C’est une émotion, presque une entrée dans du sacré. Limites du voyage, rencontre avec une partie de son histoire, une histoire un peu enfouie et soudain lisible.