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Articles taggés avec: Sanda Voïca

Les surprises de Fragonard, Philippe Sollers

Ecrit par Sanda Voïca , le Jeudi, 18 Février 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Essais, Gallimard

Les surprises de Fragonard, septembre 2015, 144 pages, 73 illustrations, 25 € . Ecrivain(s): Philippe Sollers Edition: Gallimard

 

Les Surprises sans fin de Philippe Sollers

Il s’agit d’une troisième réédition du texte de Philippe Sollers – la première fois était en 1987, à l’occasion d’une grande exposition au Grand Palais dédiée à Fragonard. Cette fois-ci le texte, avec une photogravure entièrement renouvelée, a aussi voulu accompagner les visiteurs de cette autre exposition de Fragonard, au Musée du Luxembourg. L’exposition a été ouverte entre le 16 septembre 2015 et le 24 janvier 2016.

A chaque réédition nous « vérifions l’expérience ». Contents que devant ce texte « on nous abandonne dehors ». Philippe Sollers, dans ses pages, est « le double transparent dans sa parallèle » de Fragonard, lâche-t-il dès le début – mais il est plus que cela car ce texte est « le double transparent dans sa parallèle » de chacun d’entre nous, à condition qu’on sache l’entendre ou attendre, comme lui a fait avec Fragonard. Qu’on s’en rende compte, lecteur, de ce double.

Heureux de constater, en (re)lisant ce texte, qu’on a été exclu par la plupart des autres textes ou livres du jour ou d’hier – osons-nous dire même de demain. Il est toujours le temps de dire que Philippe Sollers est un grand écrivain, profond – comme il a dit du peintre : « Il est temps de faire de Fragonard un peintre profond ».

Histoires d’une image, Nicolas Bouvier

Ecrit par Sanda Voïca , le Samedi, 13 Février 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Essais, Editions Zoe

Histoires d’une image, octobre 2015, 112 pages, 8 € . Ecrivain(s): Nicolas Bouvier Edition: Editions Zoe

 

Voir pour être vu

Il s’agit d’une réédition de 2001, par la même maison d’édition suisse, Zoé, de ce recueil de 26 textes, avec cette observation que le dernier, sans titre, n’est constitué que de l’image, légendée à la toute fin du livre : il s’agit de « L’Alphabet de l’âne, par Goya ». Ces textes ont été publiés initialement dans la revue Le Temps stratégique, à Genève, entre 1992 et 1997. L’ordre chronologique de ces premières parutions n’est pas respecté mais il n’est pas tout à fait aléatoire non plus, car le livre a été composé, organisé par Nicolas Bouvier même.

Et cette précision : les images reproduites et qui sont le sujet de chacun des textes, proviennent du fonds iconographique et photographique de l’auteur, et appartenant maintenant soit à la Bibliothèque de Genève (pour les illustrations), soit au Musée d’Elysée de Lausanne (pour les deux photos).

Bétonnière ivre, Károly Fellinger

Ecrit par Sanda Voïca , le Mercredi, 27 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Pays de l'Est, Poésie, Editions du Cygne

Bétonnière ivre, novembre 2015, traduction du hongrois et préface de Károly Sándor Pallai, 104 pages, 14 € . Ecrivain(s): Károly Fellinger Edition: Editions du Cygne

 

Une poésie de la communication

Le traducteur, Károly Sándor Pallai, dans sa préface, fait une vraie étude de cette poésie, soulignant dès le début que « Comme toute poésie de qualité, l’œuvre de Károly Fellinger relève aussi d’univers multiples, d’axes interprétatifs pluriels ». Etude très pénétrante, les traits de la poésie de Károly Fellinger apparaissant au traducteur sont surtout « la portée métaphysique et philosophico-théologique », « sa quête intense qui le mène au-delà de la perception, des frontières cognitives, des connaissances ». Et surtout : « Dans ce recueil, le monde semble évoluer dans un vague précaire, dans l’incertitude et le suspens. Les profondeurs, les étendues poétiques et la dimension de l’abstraction philosophique de la présence et de la nature de Dieu sont jalonnées par la banalité de l’ordinaire et du quotidien […] ». Mais aussi « Fellinger sonde, explore, explicite et nuance merveilleusement les dimensions inhérentes à l’évident et au banal, il nous offre une cartographie de l’existence dans son intégralité, y compris l’univers mental et spirituel ». Et je fais des efforts pour ne pas citer d’autres phrases de cette préface, si compréhensive – pour laisser aussi sa découverte au lecteur.

Et comme l’interprétation reste libre, voilà aussi la nôtre.

Rappelez-vous cela, rappelez-vous bien tout, Radovan Ivsic

Ecrit par Sanda Voïca , le Vendredi, 23 Octobre 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Biographie, Pays de l'Est, Gallimard

Rappelez-vous cela, rappelez-vous bien tout, mai 2015, 116 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Radovan Ivsic Edition: Gallimard

 

Radovan Ivsic a chevauché les pays et les époques, mais surtout il a cravaché les temps et le Temps par ses écrits et rencontres.

Nous recevons ce livre, malgré l’impression de calme de son écriture, en plein figure, car il dévoile quelques pentes, plutôt des crevasses, de son existence exemplaire. La vie d’un solitaire, d’un rebelle avec cause, d’un réfugié permanent. D’un écrivain qui n’accepte aucune censure, soumission, compromission.

Crevasses cachées – dans leur ombre se trouvent comme des dernières taches de neige, qu’aucun rayon de soleil n’arrive à faire fondre. Des pans de sa vie, donc, qui, malgré ce livre-aveu, n’arrivent pas à être complètement éclairés. Le mystère d’un être exceptionnel et de ses rencontres providentielles reste presque entier : « Quelle boussole secrète détermine le parcours ? » est la première phrase même du livre.

Il y a des journalistes partout, Marc Dachy

Ecrit par Sanda Voïca , le Vendredi, 28 Août 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Gallimard

Il y a des journalistes partout, De quelques coupures de presse relatives à Tristan Tzara et André Breton, avril 2015, 192 pages, 18 € . Ecrivain(s): Marc Dachy Edition: Gallimard

Du (très) haut de ses connaissances et spécialisations, notamment sur les mouvements Dada et Surréalisme, mais pas seulement, Marc Dachy annonce d’emblée : « A partir de coupures de presse prélevées par les époux Arribey entre 1951 et 1986 environ, aimablement communiquées par la revue Histoires littéraires, et nombre d’autres sources (Fondation Arp, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet), nous nous livrons ici à leur analyse sans prétendre à aucun caractère exhaustif ou scientifique à seule fin d’évoquer des moments des vies de Tristan Tzara et André Breton ». Dire aussi que le choix des coupures fait par ce couple n’est pas exhaustif.

Les sources de ces coupures : « […] articles des Lettres françaises, de L’Humanité, de la revue Europe, quelques-unes du Monde, du Figaro, et du Magazine littéraire […] ».

Mais l’auteur ne se contentera pas de cette dite évocation. Le livre s’avère être seulement le noyau d’un livre, je dirais virtuel, car il dépasse les pages mêmes du volume, en se prolongeant pas seulement dans les notes de fin de livre, mais aussi dans les autres textes et livres de l’auteur, comme dans ceux de beaucoup d’autres auteurs sur le sujet, et même dans un livre à venir, toujours de Marc Dachy, annoncé dans une note de fin :