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Articles taggés avec: Sanda Voïca

Nicolas Bouvier, passeur pour notre temps, Nadine Laporte

Ecrit par Sanda Voïca , le Vendredi, 03 Juin 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Biographie, Essais

Nicolas Bouvier, passeur pour notre temps, Le Passeur, avril 2016, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Nadine Laporte

 

Nicolas Bouvier, étonnant passeur de poésie

Pourquoi l’engouement et le succès des livres de Nicolas Bouvier ? Peut-être parce qu’ils « donnent à voir et à penser ce que nous sommes exactement, dans ce monde quelquefois traversé avec inconséquence », écrit Nadine Laporte dès l’Introduction.

« C’est le troisième présent que nous offre Nicolas Bouvier : une certaine façon de vivre le monde et le temps. Il ne s’agit pas de s’adapter à un lent cheminement continu qui deviendrait corrosif. Il s’agit de savoir profiter de cette flânerie qu’offrent le voyage et la vie, pour se rendre plus disponible aux fulgurances ».

Passeur, donc, de SON TEMPS pour notre temps ! Pour qu’il devienne NOTRE TEMPS aussi, ce « troisième présent ».

A propos de "Lettres sur la littérature", Walter Benjamin, par Sanda Voïca

Ecrit par Sanda Voïca , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin, Editions Zoé, mars 2016, édition établie et préfacée par Muriel Pic, trad. allemand avec Lukas Bärfuss, 2016, 160 pages, 15 €

Il s’agit d’une première éditoriale : sept lettres de Walter Benjamin, adressées au philosophe Max Horkheimer, entre 1937-1940, réunies dans un volume. Ce ne sont pas, pour la plupart, des lettres inédites, car publiées soit dans les œuvres complètes, en allemand et en français, soit dans des volumes de correspondance incluant une partie d’entre elles, etc.

Et d’autres lettres ont été échangées entre temps, entre les deux écrivains, les allusions dans les lettres ci-publiées étant nombreuses.

Mais cela n’enlève rien à l’originalité et à l’intérêt de ce recueil, au contraire : Walter Benjamin ne sera jamais assez lu et étudié, sa pensée et son écriture, réputées fragmentaires, restent toujours énigmatiques et intéressantes, pour ne pas dire fondamentales pour la pensée contemporaine dans de nombreux domaines. La moindre phrase écrite par Walter Benjamin constitue cette nourriture dont il parle lui-même, la citation étant même mise sur le rabat de la première de couverture : « La conscience morale affaiblie de l’humanité a surtout besoin de nourriture – et non de remède ». Cette phrase provient de la sixième de ces lettres et a été écrite après la lecture d’un texte d’Adrienne Monnier, « A propos de l’antisémitisme ».

Les surprises de Fragonard, Philippe Sollers

Ecrit par Sanda Voïca , le Jeudi, 18 Février 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Essais, Gallimard

Les surprises de Fragonard, septembre 2015, 144 pages, 73 illustrations, 25 € . Ecrivain(s): Philippe Sollers Edition: Gallimard

 

Les Surprises sans fin de Philippe Sollers

Il s’agit d’une troisième réédition du texte de Philippe Sollers – la première fois était en 1987, à l’occasion d’une grande exposition au Grand Palais dédiée à Fragonard. Cette fois-ci le texte, avec une photogravure entièrement renouvelée, a aussi voulu accompagner les visiteurs de cette autre exposition de Fragonard, au Musée du Luxembourg. L’exposition a été ouverte entre le 16 septembre 2015 et le 24 janvier 2016.

A chaque réédition nous « vérifions l’expérience ». Contents que devant ce texte « on nous abandonne dehors ». Philippe Sollers, dans ses pages, est « le double transparent dans sa parallèle » de Fragonard, lâche-t-il dès le début – mais il est plus que cela car ce texte est « le double transparent dans sa parallèle » de chacun d’entre nous, à condition qu’on sache l’entendre ou attendre, comme lui a fait avec Fragonard. Qu’on s’en rende compte, lecteur, de ce double.

Heureux de constater, en (re)lisant ce texte, qu’on a été exclu par la plupart des autres textes ou livres du jour ou d’hier – osons-nous dire même de demain. Il est toujours le temps de dire que Philippe Sollers est un grand écrivain, profond – comme il a dit du peintre : « Il est temps de faire de Fragonard un peintre profond ».

Histoires d’une image, Nicolas Bouvier

Ecrit par Sanda Voïca , le Samedi, 13 Février 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts, Essais, Editions Zoe

Histoires d’une image, octobre 2015, 112 pages, 8 € . Ecrivain(s): Nicolas Bouvier Edition: Editions Zoe

 

Voir pour être vu

Il s’agit d’une réédition de 2001, par la même maison d’édition suisse, Zoé, de ce recueil de 26 textes, avec cette observation que le dernier, sans titre, n’est constitué que de l’image, légendée à la toute fin du livre : il s’agit de « L’Alphabet de l’âne, par Goya ». Ces textes ont été publiés initialement dans la revue Le Temps stratégique, à Genève, entre 1992 et 1997. L’ordre chronologique de ces premières parutions n’est pas respecté mais il n’est pas tout à fait aléatoire non plus, car le livre a été composé, organisé par Nicolas Bouvier même.

Et cette précision : les images reproduites et qui sont le sujet de chacun des textes, proviennent du fonds iconographique et photographique de l’auteur, et appartenant maintenant soit à la Bibliothèque de Genève (pour les illustrations), soit au Musée d’Elysée de Lausanne (pour les deux photos).

Bétonnière ivre, Károly Fellinger

Ecrit par Sanda Voïca , le Mercredi, 27 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Pays de l'Est, Poésie, Editions du Cygne

Bétonnière ivre, novembre 2015, traduction du hongrois et préface de Károly Sándor Pallai, 104 pages, 14 € . Ecrivain(s): Károly Fellinger Edition: Editions du Cygne

 

Une poésie de la communication

Le traducteur, Károly Sándor Pallai, dans sa préface, fait une vraie étude de cette poésie, soulignant dès le début que « Comme toute poésie de qualité, l’œuvre de Károly Fellinger relève aussi d’univers multiples, d’axes interprétatifs pluriels ». Etude très pénétrante, les traits de la poésie de Károly Fellinger apparaissant au traducteur sont surtout « la portée métaphysique et philosophico-théologique », « sa quête intense qui le mène au-delà de la perception, des frontières cognitives, des connaissances ». Et surtout : « Dans ce recueil, le monde semble évoluer dans un vague précaire, dans l’incertitude et le suspens. Les profondeurs, les étendues poétiques et la dimension de l’abstraction philosophique de la présence et de la nature de Dieu sont jalonnées par la banalité de l’ordinaire et du quotidien […] ». Mais aussi « Fellinger sonde, explore, explicite et nuance merveilleusement les dimensions inhérentes à l’évident et au banal, il nous offre une cartographie de l’existence dans son intégralité, y compris l’univers mental et spirituel ». Et je fais des efforts pour ne pas citer d’autres phrases de cette préface, si compréhensive – pour laisser aussi sa découverte au lecteur.

Et comme l’interprétation reste libre, voilà aussi la nôtre.