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Articles taggés avec: Romain Vénier

Les fausses dents de Berlusconi, Jacques Drillon

Ecrit par Romain Vénier , le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Grasset

Les fausses dents de Berlusconi, octobre 2014, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jacques Drillon Edition: Grasset

 

 

Certains auteurs vous frappent par la galerie de portraits qui se dessine à la lecture de leurs livres (Balzac, Proust, Dostoïevski), certains parviennent en un paragraphe liminaire à recréer l’ambiance d’un lieu ou à vous plonger dans une atmosphère particulière (Simenon, Modiano). D’autres vous étonnent par le tranchant de leur manière de raconter (Berhard, Guibert) ou vous font valser avec la narration pour vous mener à l’autre bout de la piste sans même que vous l’ayez remarqué (Echenoz). D’autres, enfin, et Jacques Drillon est de ceux-là, constituent une œuvre foisonnante dans des genres variés (essai, musique, grammaire, traduction, biographie, récit) – on pense également à Charles Dantzig – et vous séduisent par leur français limpide, leur phrase parfaitement construite.

L’Art presque perdu de ne rien faire, Dany Laferrière

Ecrit par Romain Vénier , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Essais, Grasset

L’Art presque perdu de ne rien faire, septembre 2014, 432 p. 20,90 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Grasset

 

Dans L’Art presque perdu de ne rien faire, on prend son temps et c’est très agréable. Dany Laferrière vous convie à un de ces voyages dont il a le secret, guidant le lecteur à pas modéré par ses sentiers favoris, comme on converse après un bon repas avec un ami proche pour le reste de l’après-midi. Son ouvrage, essai, journal, récit tout à la fois, se déploie par petites touches. Il est composé de brèves réflexions libres qui tiennent essentiellement de la critique littéraire, de la pensée philosophique, de la poésie, de l’évocation autobiographique ou d’instants de la vie quotidienne.

De « ne rien faire », il n’est vraiment pas question dans le livre de Laferrière. Tout au contraire, l’art de l’écrivain consiste à explorer ces petites et grandes choses qui se cachent derrière ce « rien », et elles sont nombreuses. Au gré de ses lectures et rencontres, d’anecdotes, il évoque tous les sujets qui lui traversent l’esprit : la guerre, le temps, l’enfance, ses amitiés, ses auteurs de prédilection, son rapport au monde et à ce qui s’y passe. Par la forme comme pour le fond, L’Art presque perdu de ne rien faire est proche de son précédent livre, Journal d’un écrivain en pyjama.

Poèmes à dire, anthologie de poésie contemporaine francophone

Ecrit par Romain Vénier , le Vendredi, 07 Juin 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Gallimard

Poèmes à dire, Une anthologie de poésie contemporaine francophone, Éditions Poésie/Gallimard, mars 2013, 169 pages, 6,90 € Edition: Gallimard

 

 

Une belle anthologie de poèmes de plus dans la collection Poésie/Gallimard ! Cette réédition, à l’occasion du « Printemps des Poètes », d’un opus paru il y a une dizaine d’années, est le ravissement d’une éclaircie dans ce printemps maussade.

Anthologie de poèmes d’auteurs des XXe et XXIe siècle, pour commencer : nos quasi-contemporains, et surtout ceux de l’éditeur Zéno Bianu. Le choix nous parle donc en premier lieu par la proximité chronologique des textes. Il vient à point nommé, au même titre que d’autres anthologies d’œuvres modernes ou contemporaines (re)parues récemment dans la même maison, nous rappeler la multiplicité, le bol d’air frais, le caractère bien vivant et vivifiant de la poésie francophone – en notre temps où la poésie est loin d’être un genre largement apprécié, à côté du roman.

Je voudrais tant que tu te souviennes, anthologie poétique

Ecrit par Romain Vénier , le Jeudi, 09 Mai 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Gallimard

Je voudrais tant que tu te souviennes (Poèmes mis en chanson de Rutebeuf à Boris Vian) Anthologie, Poésie/Gallimard, 272 p. 6,90 euros Edition: Gallimard

 

Ce choix de poèmes éclairant constitue un double bel hommage. A ces poètes, dont les textes ont été choisis pour leur musicalité, leur potentiel mélodique, leurs rimes que l’on veut entendre dites à haute voix ; aux chanteurs, qui peuvent justement s’enorgueillir du choix de poèmes parmi les plus beaux textes de la langue française. On note particulièrement, au fil des pages et de la découverte des œuvres d’auteurs célèbres et moins connus, le choix de poèmes impressionnant de Georges Brassens : puiser chez Villon, Hugo, Richepin, Fort, Aragon, Musset, Corneille, Du Bellay, Banville, Verlaine, Jammes, Pol, Mac Orlan… la matière de certaines de ses plus belles chansons force l’admiration, tant le goût est sûr.

La lecture de la sélection de l’éditrice Sophie Nauleau fait se rappeler que nos chanteurs, s’ils ont copieusement emprunté, ont souvent modifié, réécrit, adapté les poèmes. C’est parfois pour des raisons de longueur, mais cela relève également souvent d’une volonté de personnalisation, d’appropriation des textes. Pour cela les textes des chansons auraient pu être plus systématiquement donnés en regard des poèmes, cela n’aurait pas été compliqué lorsque ce n’est qu’un vers ou quelques mots qui changent.

Paris à vue d'oeil, Henri-Cartier Bresson

Ecrit par Romain Vénier , le Jeudi, 14 Février 2013. , dans La Une Livres, Points, Les Livres, Recensions, Arts

Paris à vue d’œil, 255 pages, 8 € . Ecrivain(s): Henri Cartier-Bresson Edition: Points

 

« Auteur : Henri Cartier-Bresson ». Oui : auteur des photos. Hormis une courte introduction du photographe, un petit texte d’analyse de Vera Feyder, trois pages de l’ami André Pieyre de Mandiargues et un paragraphe en guise de remerciements du photographe à nouveau, pas de littérature ici. Le noir et blanc seul avec ses légendes (lieu lorsqu’il est connu et date de chaque cliché), et il ne reste plus au lecteur qu’à goûter les images les yeux écarquillés.

A l’origine, les photos ont été montrées lors d’une exposition au musée Carnavalet (musée d’histoire de la ville de Paris) en 1984. Toutes ? non, la sélection du catalogue initial de l’exposition a été augmentée d’inédits. Oh, on retrouvera bien les photographies incontournables qui ont contribué à la célébrité de Cartier-Bresson, et qui font presque partie de l’imaginaire collectif (comme ce gamin avec ses deux bouteilles de rouge sous le bras, un grand sourire éclairant son visage). On en verra bien d’autres tout aussi évocatrices.