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Articles taggés avec: Patryck Froissart

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », Stefan Zweig

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 08 Juillet 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Voyages, Critiques, Petite bibliothèque Payot, Essais, Langue allemande

Le wagon plombé, suivi de « Voyage en Russie » et de « Sur Maxime Gorki », mars 2017, trad. allemand Olivier Mannoni, Préface Sabine Dullin, 167 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Petite bibliothèque Payot

 

 

La publication, à intervalles réguliers, en format poche, d’une réédition de tranches choisies de l’œuvre de Stefan Zweig dans les collections de grandes maisons, ne peut manquer d’intéresser les lecteurs amateurs d’un auteur dont tout texte est à lire. Après Amok, Etait-ce lui ?, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, et Découverte inopinée d’un vrai métier, chez Gallimard, c’est au tour de Payot, avec Le wagon plombé qui vient de sortir dans sa Petite Bibliothèque, de nous offrir la belle opportunité de lire pour La Cause Littéraire d’autres pièces de Zweig.

Les trois textes recueillis dans cet ouvrage reflètent l’attraction voire la fascination exercée sur l’auteur, comme sur nombre d’écrivains, artistes et intellectuels, par la Révolution d’Octobre 1917 et les premières décennies du régime soviétique.

Maîtres du monde, Victor Cohen-Hadria

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Albin Michel

Maîtres du monde, janvier 2017, 356 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Victor Cohen-Hadria Edition: Albin Michel

 

Le récit commence comme un roman de Balzac, par une description de Trieste et un abrégé de l’histoire de cette ville où se déroule la majeure partie du roman.

Le début est très précisément daté.

« Nous sommes le 31 décembre 1999, ultime jour du dernier lustre du deuxième millénaire ».

Le titre du premier chapitre, 07h 00min 00s, donne même l’heure à laquelle le narrateur situe le déclenchement de l’intrigue et l’entrée en scène du personnage principal, Elio.

Elio, amnésique, est hébergé, ainsi que Charley, le narrateur, depuis trois ans, un mois et vingt-sept jours au Palazzo Gattopardo, une clinique psychiatrique de luxe à l’allure de pension de famille, tenue par les extravagantes Gabriela et Asunta Salina, deux sœurs « duchesses déchues », et sise à Trieste, où il est soumis à la thérapie fort singulière du professeur Fortunato Zembalone et de son assistante chinoise miss Qian-Qian…

Ecrits sur la poésie, Jean-Paul Michel

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 04 Mai 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Essais, Flammarion

Ecrits sur la poésie, 312 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Michel Edition: Flammarion

 

Voici un ouvrage qui devrait faire référence pour quiconque s’intéresse à la poésie en particulier et à la création en général. Jean-Paul Michel, poète, critique, s’interroge, est interrogé, et interroge dans une suite d’entretiens, de correspondances, de retours sur son œuvre, et de réflexions critiques, sociologiques, philosophiques sur l’art, les artistes, les œuvres artistiques.

L’ouvrage est divisé en huit périodes de la vie littéraire de l’auteur.

1/ Ecrits sur la poésie (1981-1992)

En préambule : qu’est-ce donc qu’un grand livre ? Citant quelques poètes, écrivains, philosophes, l’auteur prend pour exemple Hölderlin dont le nom revient mille et une fois dans le cours de ces Ecrits sur la poésie, et énonce un premier postulat : « Un grand livre se connaît à ceci, hélas : il fait mal ».

Mais pour en arriver à une lecture qui fasse mal, explique Jean-Paul Michel dans une lettre à Robert Bréchon, le travail de l’écriture devra avoir été, d’une évidente nécessité, toute de violence et de souffrance pour l’écrivain.

Leçons de ténèbres, L’Amour à mort, Olivier Verdun

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 24 Avril 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Edilivre

Leçons de ténèbres, L’Amour à mort, décembre 2016, 62 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Olivier Verdun Edition: Edilivre

Le sous-titre de cet ouvrage, une fois atteinte la dernière ligne, dès que le lecteur se retourne, comme Orphée sur Eurydice, sur le chemin qu’il vient de parcourir sous la conduite d’Olivier Verdun, se met à osciller, à scintiller, à se troubler, à se fondre : l’Amour à mort ? La mort de l’Amour ? La mort et l’Amour ? L’Amour, la Mort ? Quelle(s) association(s) ?

De ces Leçons de ténèbres, sort-on éclairé ?

Pour le moins, on fait de belles rencontres. En effet, le traité d’Olivier Verdun fourmille de références, dont le large éventail met en réseau le chanteur Nick Cave et Ovide, Poe et Jankélévitch, Ionesco et Le Cantique des Cantiques, Boileau et Maître Eckart, Desnos et Rilke, Kierkegaard et les cinéastes Carl Dreyer ou Alain Resnais, pour n’en citer qu’un panel infime.

La mise en connexion, ou la confrontation, de points de vue tenant de la philosophie, de la poésie, du domaine religieux, de l’ésotérisme, du rock, du cinéma, tous en rapport plus ou moins étroit avec l’orphisme, cette relation ténébreuse, passionnée, passionnelle, jusqu’à pouvoir être infernale, qu’entretiennent l’Amour et la Mort, repose donc sur une vaste érudition et relève du tour de force intellectuel.

Pour que la mort ne crie pas victoire, Alexis Ruset

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 21 Avril 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Pour que la mort ne crie pas victoire, éd. Zinedi, janvier 2017, 211 pages, 19 € . Ecrivain(s): Alexis Ruset

Avec ce roman d’Alexis Ruset, le lecteur est plongé dans l’atmosphère trouble et mouvante d’un village situé sur la ligne bleue des Vosges, sur le front-est de la guerre de 14/18, quasiment entre les armées allemande et française dont les mouvements le mettent tantôt sous occupation ennemie tantôt en zone provisoirement libérée.

Le lieu de l’action constitue une scène idéale pour une intrigue qui met aux prises dans le petit village de La Harpaille des protagonistes dont certains profitent de l’état incertain des hostilités dans une guerre qui n’en finit pas de ne pas finir, pour donner libre cours à leurs bas instincts, à leurs jalousies, à leur haine de celui qui ne leur ressemble pas, de celui qui n’est pas « des leurs ».

Car le personnage central est venu de l’Alsace, alors allemande, avant la guerre et, dès son installation dans le village, il a suscité curiosité, moqueries, animosité, suspicion, superstition et répulsion. Il est nain, difforme, il arrive un soir monté sur un grand bouc blanc, il parle un alsacien mâtiné d’allemand, il est accueilli et logé par une vieille femme solitaire elle-même rabougrie, laide et édentée, dont la demeure est à l’extrême bout du village (représentation classique de la sorcière et de son habitation excentrée par rapport à la communauté villageoise) et qui lui loue un cabanon isolé dans la forêt proche. Il a, pour compléter l’archétype, des dons « diaboliques » de guérisseur et de vétérinaire. Le monstre et la sorcière…