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Articles taggés avec: Myriam Thibault

Les coeurs en skaï mauve, Sacha Sperling

, le Samedi, 10 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, Fayard

Les cœurs en skaï mauve, deuxième roman 2011, 245 pages, 18€90. . Ecrivain(s): Sacha Sperling Edition: Fayard


Deux ans après son premier roman, Sacha Sperling revient avec un roman des plus prometteurs. Pour ce deuxième roman, il change d’inspirateur.  Mes illusions donnent sur la cour était un titre emprunté à une chanson de Gainsbourg. Cette fois-ci Les cœurs en skaï mauve est emprunté au roman 37°2 le matin de Philippe Djian :

« … elle m’a fait penser à une fleur étrange munie d’antennes translucides et d’un cœur en skaï mauve et je connaissais pas beaucoup de filles qui pouvaient porter une minijupe de cette couleur-là avec autant d’insouciance ».

Jim et Lou sont jeunes. Jim travaille au Globe Movies. Lou ne s’entend pas avec sa mère. A la suite d’une engueulade avec cette dernière, Jim décide d’emmener la jeune Baby Lou, « celle qui est très jolie pour qu’on l’appelle seulement pas son prénom », avec lui. Ils partent alors. Lou et sa mère se quittent, un goût amer dans la bouche.

La première de couverture, avec son Motel et sa Cadillac, nous laisse prévoir un voyage aux Etats-Unis. Or, rien de tel. Jim et Lou habitent bien à Paris.

Quant à Saint-Germain-des-Prés ... Nicolas Grenier

, le Dimanche, 31 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

... trente et un tanka sur la main d’après, aux Editions du tanka francophone, 2011, 54 p. 16€. . Ecrivain(s): Nicolas Grenier

 

Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après est un recueil de tanka inspiré de l’ambiance et des rues du célèbre quartier de Paris : Saint-Germain-des-Prés.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un tanka ? Le tanka est une forme poétique japonaise classique. Il comprend 31 syllabes sur 5 vers. La métrique est de 5/7/5 pour le tercet, et ensuite de 7/7 pour le distique.

Après une préface de Jean Orizet, membre de l’Académie Mallarmé, un peu plus d’une trentaine de tanka suivent. Ces cours poèmes nous font voyager à Saint-Germain-des-Prés, mais aussi aux alentours, dans Paris. On se promène effectivement au fil des vers, avec l’auteur.

Touriste, Julien Blanc-Gras

, le Samedi, 30 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Au Diable Vauvert

Touriste, 260 pages, 17€. . Ecrivain(s): Julien Blanc-Gras Edition: Au Diable Vauvert


Touriste, un roman de voyage, incontestablement. Le narrateur a le nez plongé dans les atlas et dans les cartes. Il rêve de villes et de pays à la seule consonance de leur nom. Il rêve de faire le tour du monde. Alors il le fait et nous emmène avec lui. De l’Angleterre, à l’Inde, en passant par le Maroc, Madagascar ou le Guatemala, le lecteur se laisse emporter avec le narrateur, ce Touriste, pour des aventures et péripéties qui s’enchaînent les unes après les autres et qui ne s’arrêtent pas. Non, faire le tour du monde n’est pas de tout repos.

Touriste n’est pas qu’un roman de voyage. C’est un roman où il n’y a pas une page privée d’humour. Le lecteur sourit pendant quasiment la totalité du voyage. Quelques onces de cynisme sont également présentes de temps à autre au détour d’une page. Un bel exemple de cet humour piquant dans le début de son voyage au Proche-Orient :

Pas son genre, Philippe Vilain

, le Dimanche, 24 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Editions, Roman, Grasset

Pas son genre, 187 pages, 15€. . Ecrivain(s): Philippe Vilain Edition: Grasset


Un jeune professeur de philosophie parisien est muté dans le nord de la France, à Arras. Il se sent seul. Il est nostalgique de Paris, et est en manque d’une certaine ambiance, totalement absente dans cette sombre ville du nord. On se rend vite compte que ce jeune homme a une fâcheuse tendance à l’indécision lorsqu’il s’agit de son engagement auprès des femmes.

Un jour, chez le coiffeur, une jeune femme, sa coiffeuse, qui au départ ne provoque en lui qu’une totale indifférence, va peu à peu l’intéresser.

Cette femme est coiffeuse, habite à Arras. Lui est professeur de philosophie, et parisien. Un inévitable et grand fossé se situe entre leurs deux niveaux sociaux. Un fossé qu’ils vont, et surtout lui, croire surmontable. Jusqu’au jour où.

Philippe Vilain nous trace ici une histoire d’amour. Plutôt banale, mais toute en finesse. Il nous décrit une histoire peu à peu affectée par les différences d’origines sociales, les différences de milieux sociaux, et les différences d’ambitions. Elle est fascinée par lui, par son statut de professeur. Une barrière est déjà créée.

Ticket d'entrée, Joseph Macé-Scaron

, le Lundi, 11 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Grasset

Ticket d’entrée, 332 pages, 19€. . Ecrivain(s): Joseph Macé-Scaron Edition: Grasset

Benjamin Strada habite à Paris, à la fin des années Chirac, et donc avant l’élection de Sarkozy. Il est journaliste au quotidien Le Gaulois. Par ailleurs il est aussi ce que l’on appelle un « bobo-gay », ce qui sous-entend qu’il fréquente quotidiennement le Marais, et essentiellement ses bars gays. Un soir, Benjamin rentre chez lui, et il n’y trouve plus aucune trace d’Ugo son compagnon, qui est alors à présent son ex. Benjamin rencontre plusieurs autres hommes avec des caractères plus ou moins particuliers. Il a une vie convenable, il n’est ni heureux, ni malheureux. Jusqu’au jour où il va devenir directeur de rédaction au Gaulois magazine.

Ticket d’entrée est une satire de la France actuelle. Joseph Macé-Scaron nous expose une France qui divague, et qui ne s’améliore pas. Et également un monde parallèle qui se déroule dans le Marais, où tous les bobos-gays de Paris, ou presque, sont réunis. C’est un roman satirique où l’humour est présent et où l’on apprécie ce parallèle entre deux mondes totalement opposés que sont Le Gaulois, journal de droite, et le Marais, réunion de tous les parisiens gays. Le style est moderne, évidemment, mais j’ai trouvé, contrairement à d’autres auteurs de cette « nouvelle génération », que le vocabulaire était d’autant plus riche.