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Articles taggés avec: Myriam Thibault

Mufle, Eric Neuhoff

Ecrit par Myriam Thibault , le Mercredi, 21 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Albin Michel

Mufle, janvier 2012, 114 pages, 11,90 € . Ecrivain(s): Eric Neuhoff Edition: Albin Michel

« Nous ne sommes pas mariés. L’amant c’était moi. De quoi avais-je l’air ? Ma maîtresse a un amant ».

Charlotte a laissé traîner son portable. Le narrateur, son compagnon, découvre le message de son amant : elle le trompe, et le week-end qu’elle vient de passer à Londres « pour vendre des bijoux anciens chez Sotheby’s » n’était donc qu’un prétexte. Il lui fait une scène, elle ne répond rien. Débute alors la lente détérioration d’une relation. Il continue à la voir au début pour « savoir ce que ça faisait d’être un con ». Mais il pense à elle constamment, des tas de souvenirs lui reviennent à l’esprit : c’est la détresse de l’homme trompé, et encore amoureux. Penser encore à elle malgré tout, « il essayait de trouver ça grandiose et merveilleux. Mais qu’y a-t-il de beau à être piétiné par quelqu’un ? » Après quelque temps, il se met à faire des rêves étranges. Puis, il se met à la haïr, pour finir par se détacher complètement, et regretter presque de ne plus avoir aucun sentiment.

On dit toujours que ce sont les hommes qui trompent leur femme, mais l’inverse existe aussi, et détruit et dégoûte tout autant les hommes :

Le livre qui rend heureux, Arthur Dreyfus

Ecrit par Myriam Thibault , le Jeudi, 08 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Roman, Flammarion

Le livre qui rend heureux, 122 p. 12€. . Ecrivain(s): Arthur Dreyfus Edition: Flammarion

 

« Rien ne vaut la peine d’être triste. » dit un jour Freud à sa fille Anna. Le livre qui rend heureux est un livre qui a pour but, comme son nom l’indique, de « rendre heureux ». Mais tout en humour, et en littérature.

Arthur Dreyfus dépeint dans ce petit livre illustré des petits bonheurs de tous les jours, et plusieurs scènes de vie dans lesquelles chacun de nous pourrait se retrouver : comme le choix « difficile » de décider quelle sortie prendre en sortant du métro : la « sortie n°1 » ou la « sortie n° 2 » ? Ou bien les joies du printemps, lorsque « des essaims de moucherons flottent à hauteur de visage ». Mais il expose aussi des réflexions sur ce qu’est le bonheur, sur la vie : sur nous et notre rapport au monde en définitive.

Page 59, l’hypothèse est que le Carpe diem soit une « fausse philosophie ». Puis plus loin, page 92, un ami lui explique « ce qui peut être ou ne pas être » : « L’élection du bonheur passe par les pleins pouvoirs à la contingence. » Cela explique parfaitement que le bonheur est une conception tout à fait personnelle.

La femme et l'ours, Philippe Jaenada

Ecrit par Myriam Thibault , le Vendredi, 28 Octobre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Roman, Grasset

La femme et l’ours, septembre 2011, 310 p. 19€. . Ecrivain(s): Philippe Jaenada Edition: Grasset

On se souvient de Philippe Jaenada et de son Chameau sauvage qui avaient reçu le prix de Flore en 1997. Ici, il abandonne le chameau sauvage pour laisser place à l’ours.

Tout commence au Métro Bar, ce bar parisien où un certain nombre d’habitués se retrouvent chaque jour. Le Métro bar est ce genre d’endroit où « l’avantage (...), c’est qu’on peut se confier sans pincettes ni pirouettes, mais l’inconvénient, c’est que les autres aussi. »

Entre autres, il y a Jésus. « Jésus s’appelle Jean-Christophe. Mais il n’aime pas ce prénom ». C’est un perdu, il porte des vêtements miséreux, et il a une gueule de misère. Un soir, un peu saoul, il rencontre enfin une jeune femme, qui accepte tout de même de passer la nuit en sa compagnie...

Et puis il y a l’ours, Bix Sabaniego, « en réalité, Serge Sabaniego » un écrivain, papa d’un petit garçon, et mari d’une femme hystérique. Il est également un habitué du Métro bar. Un soir après une dispute avec sa femme, il part de chez lui. Il erre dans les rues, et s’endort sur un banc. Une jeune femme (une jeune fan) le réveille. Elle le reconnaît. Elle voulait juste lui parler, en profiter. Elle s’appelle Beau Visage. Elle est malheureusement pressée, mais il lui propose de la retrouver au Lutetia lorsqu’elle aura terminé...

Le soleil, l'herbe et une vie à gagner, Charles et Thierry Consigny

Ecrit par Myriam Thibault , le Jeudi, 13 Octobre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Récits, Roman, Jean-Claude Lattès

Le soleil, l’herbe, et une vie à gagner, roman, août 2011, 263 p. 17€. . Ecrivain(s): Charles et Thierry Consigny Edition: Jean-Claude Lattès


Un roman à deux plumes, à quatre mains. Celles d’un père, Thierry, et de son fils, Charles. C’est une sorte de dialogue où le père et le fils se répondent chapitre après chapitre.

Le livre est classé roman, la quatrième de couverture nous parle d’un récit. Roman ou récit ? Le récit ayant toujours sa part de fiction, voici peut-être la réponse à la question.

Le livre s’ouvre avec Thierry. Un père qui se souvient de Myriam, son premier amour, avec qui il aura des enfants, dont Lara. Un petite fille qui va devenir le drame de la famille. Elle ne grandira pas, elle meurt alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, noyée dans une piscine. Thierry se souvient de ce drame, évidemment, et nous le narre d’une manière touchante, emplie d’une tristesse qu’il nous transmet (on rappellera que le premier roman (2006) de Thierry Consigny avait pour titre La Mort de Lara). Puis il nous parle de Charles, de son rapport avec lui, de son rapport avec ses autres enfants, ceux de sa nouvelle femme. Thierry avoue ses erreurs, nombreuses, et parle de la vie presque comme d’une fatalité : «Dans nos vraies vies il n’y a ni commencement, ni fin, ni sens non plus, ni nécessité.»

Premier bilan après l'apocalypse, Frédéric Beigbeder

Ecrit par Myriam Thibault , le Mercredi, 14 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, La rentrée littéraire, Essais, Grasset

Premier bilan après l’apocalypse, essai 423 pages, 20€. . Ecrivain(s): Frédéric Beigbeder Edition: Grasset

Dans la préface de ce Premier bilan après l’apocalypse, il s’agit tout d’abord d’une volonté de Frédéric Beigbeder de dire haut et fort que la mort du livre sur papier est dramatique. Le livre électronique n’étant évidemment en rien comparable à un vrai livre papier que l’on peut toucher, sentir, palper, annoter…

Mais ce livre est également une envie de faire son propre classement après le Dernier inventaire avant liquidation, sorti en 2001, aux Editions Grasset, où Frédéric Beigbeder commentait les « 50 premiers livres du siècle », à partir d’un classement établi par la FNAC et Le Monde.

Aujourd’hui, Frédéric Beigbeder souhaite garder 100 livres. On trouve des auteurs classiques comme Paul-Jean Toulet, F.S. Fitzgerald, Raymond Radiguet, Jean Cocteau, ou le grand J.D. Salinger (Beigbeder était parti à sa recherche aux Etats-Unis, le résultat étant un film de Jean-Marie Périer : « L’attrape-Salinger »). Mais on trouve aussi de grands auteurs contemporains, tels que Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, Patrick Modiano, Jean-Jacques Schuhl, ou Philip Roth. Parfois au hasard de quelques pages, cachées, certaines femmes font surface, bien que difficilement. Ce Premier bilan après l’apocalypse est un classement tout à fait personnel, et à son image.