Identification

Articles taggés avec: Michel Host

A propos de L’ours des mers, Marc Kober, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 10 Novembre 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

L’ours des mers, Marc Kober, éd. Rougier Vincent, Coll. Plis Urgents, juin 2017, illust. Vincent Rougier, 50 pages, 13 €

D’un monde à l’autre

Le livre est mince et il tient à l’aise dans la poche. Il n’en est pas moins grand, il contient le monde sous « une nuit piquetée de points lumineux ». Bref, il tient sa place et son rang.

Le poète l’a divisé en six « sections », elles paraîtront ici et chacune à son tour.

L’ours des mers n’a pas volé son nom, il aime à se baigner : nous assistons à « son premier bain / au plus profond du nu ». On le devine blanc, car il porte des lunettes noires, selon celui qui le dessina avec finesse et élégance, Vincent Rougier. Il paraît dans son costume naturel, sous ses poils, tout comme un homme c’est probable, tout comme le « dieu nu dans les flots » de l’épigraphe, sous « la constellation du Grand Ours ». On le devine aussi peu rassuré que le lecteur ou que l’homme moyen « sans combine ». Ses pensées ne sont pourtant pas des plus pures (on y rencontre Dédé-la-saumure) et c’est le chaud mois de juin, tout cela est bizarre… pour un ours ! Les environs semblent peuplés de nudistes et d’étranges individus qui vont « Sous l’œil unique de Ganymède au naturel / La matraque en berne  / La double lune à l’air ». Voilà qui semblera plus belge que nature au lecteur averti.

Les bienheureux, Patryck Froissart

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 03 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Nouvelles, Ipagination

Les bienheureux, 104 pages, 11,70 € . Ecrivain(s): Patryck Froissart Edition: Ipagination

« Ces yeux qui sont tout un poème / De langueur et de volupté / Disent, résolvant le problème / “Sois l’amour, je suis la beauté” »

Théophile Gautier, La Fellah, pp.84-85, cité par P. Froissart

 

Au bonheur des maux

Au bonheur des mots

Ce recueil de huit nouvelles bien frappées, champagne de l’esprit, met en scène l’humanité… Enfin, pas exactement, disons qu’il joue de ses deux composantes originelles, les hommes, les femmes… Sommes-nous, à chaque incipit, dans la douce lumière du Jardin d’Éden ? Adam et Ève s’y promènent-ils sous les ombrages, main dans la main par les sentiers d’un bonheur sans fin ? Pas exactement. Cette vision d’idylle tend à se brouiller : les couples, les unions passagères sont ici tous marqués d’une fatalité : rien ne va de soi, rien n’est simple ou, si l’on veut, tout se complique et les brumes de la discorde, les maux dont nous souffrons depuis toujours accablent les paysages prometteurs. « La faute à qui ? » – demandera le lecteur naïf, s’il en est encore un ici-bas.

Carnets d’un fou, LIII - Juin 2017, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 24 Octobre 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

« Pourquoi la Crète s’est-elle révoltée ? Parce que Dieu l’avait faite le plus beau pays du monde, et les Turcs le plus misérable… […] parce qu’un maître baragouinant la barbarie dans le pays d’Étéarque et de Minos est impossible ! »

Victor Hugo, au journal belge

L’Orient, en 1867, lors de la répression

sauvage qui suivit la révolte des Crétois

contre le pouvoir de la Sublime Porte.

(cf. Cnossos, L’archéologie d’un rêve,

par Alexandre Farnoux, Découvertes

Gallimard, Archéologie)

A propos de La Tectonique des nuages, Armand Farrachi, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 12 Octobre 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

La Tectonique des nuages, Armand Farrachi, Corti, Coll. Biophilia, mars 2017, Illust. couv. Ianna Andréadis, 255 pages, 21 €

 

« L’homme reste attaché à ses prérogatives comme l’observateur à ses sens. On a beau lui prouver que la Terre tourne, que Dreyfus est innocent ou le renard utile, il préfère, plutôt que d’abdiquer, menacer Galilée du bûcher, Dreyfus du bagne, et les avocats du renard, plus modestement, d’une contravention “de cinquième catégorie” ».

Armand Farrachi, chapitre Classés nuisibles

 

Le questionnement du monde présent

Réponse au droit de réponse à Michel Host, publié par Arnaud Genon, dans La Cause Littéraire, le 22 septembre 2017, à propos du livre « L’inconfort du Je ».

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 25 Septembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

Cher Arnaud Genon,

Je regrette sincèrement que ma lecture de « L’inconfort du Je » vous ait déplu à ce point et ne conteste nullement votre droit de me le faire savoir. Ma réponse brève ne se veut ni négligente, ni habile, encore moins arrogante.  La lecture du livre m’a arrêté d’emblée en ce que son titre est ambigu, voire équivoque. Il faut donc lire, me direz-vous. Ce que j’ai fait, et non pas aussi distraitement que vous le dites.

Pour ma contrition et éventuellement ma défense, ceci : je n’assume qu’à demi l’erreur de vous avoir qualifié d’« universitaire »  (titre qui n’a pour moi rien d’infamant) : votre éditeur parle lui-même d’ « enseignant-chercheur », avouez que l’on peut s’y tromper. Enfin, notez que je concentre mes tirs sur l’inénarrable Mme Angot, qui n’est qu’un écrivain de tréteaux. Comme vous aujourd’hui, j’ai enseigné dans le secondaire durant 35 années, avec plaisir et fierté. Pour ce qui est de vous voir en « toulousain », votre éditeur en est aussi la cause, avec l’anecdote liée à l’idée universitaire et l’imprécision de la 4e de couverture ; et vous plaisantez, je pense, en faisant mine de croire que peut-être on vous verra désormais en membre de l’ETA !