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Articles taggés avec: Matthieu Gosztola

Le conte de la première fois (d’après Pascal Quignard), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 25 Mai 2018. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Danse lente

Dans le silence

 

De rhabillage

& du déshabillage.

 

Je vais enfiler une

Très ancienne robe

 

Que j’aime. Nous

Entrons par une

Entre art des fous et art brut, La collection Sainte-Anne

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 14 Mai 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts

Entre art des fous et art brut, La collection Sainte-Anne, Somogy éditions d’art, Musée d’Art et d’Histoire de l’hôpital Sainte-Anne, 2017, 160 pages, 240 illustrations, 22 €

 

Cet ouvrage est édité à l’occasion de deux expositions au musée d’Art et d’Histoire de l’hôpital Sainte-Anne – MAHHSA –, successives et complémentaires, qui se donnent à voir sous l’égide d’un très beau titre : Elle était une fois. Acte I : la Collection Sainte-Anne, les origines, présentée du 15 septembre au 26 novembre 2017, et Elle était une fois. Acte II : la Collection Sainte-Anne, autour de 1950, présentée du 30 novembre 2017 au 28 février 2018.

Pourquoi ces expositions ? Cette année, l’hôpital fête ses 150 ans. Voilà – saisie – l’occasion de retracer l’histoire de la Collection Sainte-Anne et de celle du MAHHSA.

Si les œuvres présentées peuvent, à l’instar du cheminement de pensée opéré par Jean Dubuffet, autant nous toucher, c’est parce qu’elles demeurent invariablement, pour qui choisit de les approcher avec son étonnement non pas d’enfant mais de vivant, « support de réflexion quant à l’identité [la dissolution ?] de l’homme qui s’engage dans un processus de création », quel que soit cet homme, qu’il soit défiguré ou non, de l’intérieur sans fond, par le soleil obscur de la maladie.

Poésie et cinéma, entretien avec Matthieu Gosztola Questions posées par Béatrice Bonhomme

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 03 Mai 2018. , dans La Une CED, Les Dossiers, Côté écrans, Entretiens

 

– Quand et avec qui allez-vous au cinéma (seul, en couple, en famille, avec des amis…) ?

 

En matinée (souvenir inoubliable, enfant, de La Nuit du chasseur de Laughton) ou le soir. Plus souvent le soir. Seul ou en couple. Mais être au cinéma, dans ce noir chaud, accueillant, qui est (excitation et légère angoisse) comme le prélude d’une survenue, d’un accouchement miniature (l’accouchement d’une émotion), être au cinéma, c’est : ne jamais être seul, n’est-ce pas ? Puisque l’émotion que l’on éprouve est à la fois hautement singulière et universelle, étant partagée, du moins supposément, par toutes les personnes présentes. L’on est tous ensemble, toujours, et la solitude à laquelle nous convie la salle de cinéma, lorsque l’on y va seul, nous le fait confusément sentir, ressentir, à chaque instant, même quand cette constatation n’affleure pas, n’embrasse pas la conscience mais demeure nichée dans le profond inintelligible. Être au cinéma me fait toujours songer au sermon de John Donne mis en exergue par Hemingway dans Pour qui sonne le glas : « La mort de tout être humain me diminue, / Car je suis concerné par l’humanité tout entière ».

Ici suivi de Éloge du vent, Max Alhau

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 17 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Editions La Porte

Ici suivi de Éloge du vent, 2017 . Ecrivain(s): Max Alhau Edition: Editions La Porte

 

Se tenant face au vent, à sa douce immensité (souvent)en caresse, Max Alhau est à « l’écoute de ces paroles qui furent [s]iennes et qui ne sont plus qu’un écho à travers le temps ». Il a fait choix de « prendre la terre telle qu’elle se donne », et de regarder « au plus épais des forêts quelles étoiles les éclairent ». Marchant, marchant, marchant, il cherche à être entraîné « au plus loin d’une vie sans frontière ».

Au plus loin ? Ici.

Ce qui est une manière belle de cheminer au-dedans de soi.

Dans une douceur tremblée qui ne renie rien de la profondeur du noir de fumée, Max Alhau dit la beauté qu’il y a à être là, comme un chuchotis, face aux sources, aux arbres, aux fontaines, à être là pour – déjà – disparaître, pour être – sans nulle douleur – ce frisson de source sur de la mousse, dans une forêt enchantée prenant le temps de venir saluer, de sa main peuplée d’oiseaux et de papillons de nuit (plus particulièrement le Manteau à tête jaune et la Phalène rustique), le mouvant des nuages.

Les Moments forts (8) : Banksy à Amsterdam, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 11 Avril 2018. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Dans le désordre ? Une peuplade primitive s’attaquant, avec des sagaies, à des chariots de supermarché. Deux grands-mères dans leurs fauteuils, finissant de tricoter, à la lueur d’une lampe vieillotte, des pulls mangés sur toute leur hauteur par les mots « PUNK’S NOT DEAD » [le punk n’est pas mort] et « THUG FOR LIFE » [voyou pour la vie]. Dans une salle de vente (on se croirait chez Christie’s), les enchères s’envolant pour un tableau, monochrome blanc recouvert des lettres « I CAN’T BELIEVE YOU MORONS ACTUALLY BUY THIS SHIT » [j’ai du mal à croire que vous, gros nazes, achetiez cette merde]. Des punks et marginaux faisant la queue pour se procurer un tee-shirt orange de mauvaise qualité à 30 dollars, portant l’inscription « DESTROY CAPITALISM » [détruisez le capitalisme]. Des pleureuses en habits liturgiques levant les bras, joignant les mains devant une affiche proclamant « SALE ENDS TODAY » [les soldes se terminent aujourd’hui]. Crucifié, un christ traditionnel, avec, dans chacune de ses mains, une multitude de sacs témoignant d’achats (compulsifs ?) multiples, qui ont trait au plaisir, aux loisirs (champagne, peluche…).