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Articles taggés avec: Matthieu Gosztola

Les Moments forts (5) Caravage à Milan, « l’éclat de l’apparence », par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 16 Février 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Pour dire Caravage, pour dire cette formidable exposition, il nous faut faire un détour par Nietzsche et par les notes de Pontévia recueillies après sa mort. Au Moyen Âge, rappelle ce philosophe, « la lumière est le signe de l’Esprit. C’est la lumière des néo-platoniciens et de Denys l’Aréopagite. Au contraire la lumière, avec la Renaissance, représentera plutôt, avant d’être dissoute, diluée sur la surface, l’élément de résistance à l’intellectualisation du sensible. Nietzsche (dans Ainsi parlait Zarathoustra) a dit l’amitié de la lumière et des corps ténébreux et inversement l’inimitié de la lumière envers tout ce qui brille ». C’est pourquoi dans la peinture – et quel peintre nous le fait mieux sentir que Caravage ? – la lumière est « amoureuse de l’ombre, elle la baigne doucement, suavement, dans cette intimité discrète qu’on appelle clair-obscur. Nietzsche dit même que l’ombre est allaitée par la lumière ». Prenez le temps de vous arrêter, malgré l’affluence des visiteurs, devant chaque peinture. Vous inondera (vous êtes devenu champ) cette certitude : l’ombre est allaitée par la lumière.

Hommage à Krzysztof Kieślowski et à son Décalogue, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 09 Février 2018. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Les personnages des films de Kieślowski nous sont

Proches pour ce que dit Nathalie Sarraute dans Pour

Un oui ou pour un non : « Oui, comme maintenant, quand

Tu t’es arrêté là, devant la fenêtre… pour regarder…

Avec ce regard que tu peux avoir… il y a chez toi, par

Fois, comme un abandon, on dirait que tu te fonds avec

Ce que tu vois, que tu te perds dedans… rien que pour ça…

Oui, rien que pour ça… tout à coup tu m’es proche… »

Pour saluer la parution de Jack London dans la Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 02 Février 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, La Pléiade Gallimard, Nouvelles, Roman, USA

Jack London, Romans, récits et nouvelles . Ecrivain(s): Jack London Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

Jean-Marie Rouart, dans un texte intitulé « Je demandais aux livres : “Comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ?” » (paru dans la revue Commentaire en 2015), écrit ceci :

« Je n’imaginais pas que j’éprouverais autant d’émotions en remettant mes pas dans des coups de foudre parfois anciens. Soudain je retrouvai intacte mon ancienne ferveur en relisant […] le début du Peuple de l’abîme de Jack London ».

 

Reprenons ce début, tel qu’il est traduit par Véronique Béghain, dans le volume de la Pléiade :

Le poème contemporain à l’école (2/2), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 25 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

De la nécessité d’impliquer les élèves dans une réception active,

personnelle et créative de la poésie

2/2

 

Associer lecture et démarches créatives

Lire, du reste, c’est être – du plus profond de soi – invité à écrire… Comme l’a résumé Roland Barthes dans Le bruissement de la langue, « il y a une […] aventure de la lecture (j’appelle aventure la façon dont le plaisir vient au lecteur) » qui est « celle de l’Écriture ; la lecture est conductrice du désir d’écrire […]. Ce que nous désirons, c’est seulement le désir que le scripteur a eu d’écrire, ou encore, nous désirons le désir que l’auteur a eu du lecteur lorsqu’il écrivait, nous désirons le aimez-moi qui est dans toute écriture. […] Dans cette perspective, la lecture est véritablement une production : non plus d’images intérieures, de projections, de fantasmes, mais, à la lettre, de travail : le produit (consommé) est retourné en production, en promesse, en désir de production, et la chaîne des désirs commence à se dérouler, chaque lecture valant pour l’écriture qu’elle engendre, à l’infini » [21].

Le poème contemporain à l’école (1/2), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 19 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

De la nécessité d’impliquer les élèves dans une réception active,

personnelle et créative de la poésie

1/2

 

Si, constate Nathalie Brillant Rannou, « [d]u point de vue enseignant, en 1978 déjà, Jean-François Halté faisait état d’une insécurité initiale à l’égard de la poésie en classe, on peut légitimement penser que cette suspicion est encore largement partagée ». [1] Et mettre l’élève en relation avec des poèmes contemporains, lui permettre de faire, par ce biais, des découvertes propres à enrichir sa « bibliothèque intérieure » [2], cela va encore moins de soi.