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Séoul, visages d’une ville, essai-vidéo, Gina Kim

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 18 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Voyages, Critiques, Asie

Séoul, visages d’une ville, essai-vidéo, L’Atelier des cahiers, coll. Images, octobre 2017, trad. coréen Simon Kim, 128 pages, 18 € . Ecrivain(s): Gina Kim

 

Retour à Séoul

Ce que nous connaissons ici en France de La Corée ce sont des marques de téléphonie, de voitures, un tube fantaisiste entendu un temps sur les ondes ou sur le Net, mais aussi depuis quelques mois la surenchère militaire du dictateur de Corée du Nord, et les réponses de Trump à ce jeu dangereux.

J’aime depuis longtemps le cinéma coréen, les mystères de sa langue et de son alphabet, le hangeul, les baguettes en métal, la saveur du kimchi. Je suis allée dans le quartier coréen de New-York et j’ai fait escale à l’aéroport international de Séoul. Je connais l’histoire violente du pays : la longue colonisation japonaise qui fit subir aux femmes tout particulièrement, entre autres atrocités, la prostitution, qui interdit la pratique de la langue nationale. La guerre civile, après le partage de la péninsule entre l’URSS au nord et les Etats-Unis au sud. Guerre sans paix signée encore aujourd’hui. Ajoutons à cela des dictatures…

Plateau Virtuel Club # 2. Décembre, par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 12 Janvier 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

L’émission de Radio Clapas me devient familière avec son générique, le retour des voix de David Léon et de Marie Reverdy. « Une émission de théâtre, fabrique du sens ». « Une pièce, un auteur, une œuvre ». Aujourd’hui, en ce début décembre, il s’agira d’entendre la pièce de Jean Cagnard Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face, éditée par Sabine Chevallier (Editions espaces 34). Je retrouve les blocs qui organisent l’émission.

Au début, la voix de l’auteur, vive et chaleureuse. La pièce a été écrite dans le cadre d’une rencontre de Jean Cagnard avec des résidents, des éducateurs dans un centre près d’Alès, spécialisé dans des séjours ouverts à des toxicomanes. Pour lui, au fond, ce qui est en jeu pour les malades c’est un combat contre la mort. Il a écrit selon ses propres termes une succession de tableaux les uns à côté des autres. Sabine Chevallier, son éditrice, témoigne à son tour de sa fidélité à son œuvre, depuis de nombreuses années.

PVC, « Plateau virtuel club », par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 07 Décembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Radio Clapas 93.5 Montpellier, « Culture et Citoyenneté », propose en collaboration avec les Editions Espace 34 une série d’émissions autour d’un texte d’auteur de théâtre contemporain. Il s’agit de la retransmission d’un travail avec de jeunes comédiens de l’ENSAD à partir d’extraits de l’œuvre retenue, complétée par un entretien avec l’auteur.

PVC, « Plateau virtuel club », est animé par Marie Reverdy. La première émission (le 3 novembre 2017) est consacrée à Neverland de David Léon, publié en 2017. L’auteur ici se fait metteur en voix, conseillant les jeunes interprètes.

Voix blanche / voix noire

Je « podcaste » aujourd’hui. Désormais la radio se joue du temps : elle s’écoute en direct et se réécoute au gré de nos moments de liberté. C’était donc, il y a quelques jours, dans le studio de radio Clapas à Montpellier. Je l’ai déjà écrit ailleurs, la radio et le théâtre ont depuis longtemps entretenu des relations précieuses : la pièce radiophonique étant comme la création la plus remarquée de cette connivence. La radio et le théâtre sont affaire de voix, de textes.

A propos de Las Meninas (Les Ménines), Ernesto Anaya Ottone, par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 28 Novembre 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Las Meninas (Les Ménines), Ernesto Anaya Ottone, ediciones Paso de Gato, 2007 (le texte a été traduit en français par Adeline Isabel Mignot et sera prochainement publié en français)

 

« Le tableau des tableaux »

L’historien d’art, Daniel Arasse, écrivait à propos du plus célèbre des tableaux de Vélasquez que « le temps n’épuise pas Les Ménines mais il les enrichit ». L’œuvre de 1656 n’a en effet cessé de refaire peinture ; il suffit par exemple de penser à la série de Picasso en 1957 sur le sujet, et tant d’autres œuvres comme celles de Dali, Botero ou Watkin. Elle a été aussi matière philosophique dans Les Mots et les Choses de M. Foucault en 1966. Extraordinaire tableau dont le peintre nous regarde dans le hors-champ, dans « l’inverse » d’une scène de cour. On comprend dès lors que le dramaturge mexicain Ernesto Anaya en fasse un propos de théâtre ; le plateau avec ses cinq personnages se substituant en quelque sorte à la surface picturale, le contemplateur de la toile devenant un spectateur.

Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face, Jean Cagnard

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 16 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Théâtre, Espaces 34

Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face, 2017, 62 pages, 12,80 € . Ecrivain(s): Jean Cagnard Edition: Espaces 34

 

 

Sur le seuil

L’édition de Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face nous donne d’abord à voir en première de couverture une petite photo prise par Jean Cagnard : un zigzag herbu planté dans un sol minéral comme fissuré. Où commence-t-il ? Où finira-t-il ? Le monde semble tituber. Le titre même de la pièce décrit quelque chose de l’ordre du déséquilibre, qui est prononcé par « le résident » (p.17) dans l’aveu de sa solitude face au reste de la ville. Comme l’image d’une vie, celle justement peut-être du résident qui parle dans la pièce. On ne sait jamais bien ce que sont les choses « une possible, une autre impossible » dira le texte en sa fin. L’écriture et la parole ne sont que des incertitudes entre poésie et langage dramatique, posées sur le seuil de la vie et du texte.