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Articles taggés avec: Marianne Desroziers

La bibliothèque idéale de Marianne Desroziers

Ecrit par Marianne Desroziers , le Lundi, 16 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, La bibliothèque idéale

1) Virginia Woolf, Mrs Dalloway : le premier livre que j’ai lu de Virginia Woolf, peut-être son meilleur

 

2) Céline, Mort à crédit : un roman incontournable, un style inégalé

 

3) Lautréamont, Les chants de Maldoror : pour la poésie, la noirceur, la richesse imaginative

 

4) Jean-Pierre Martinet, Jérôme : un roman monstre qu’on n’ose pas conseiller à tout le monde

 

5) Joris Karl Huysmans, A rebours : le dandysme incarné, un livre précieux à tous les sens du terme

 

6) Arthur Rimbaud, Une saison en enfer : mon premier choc littéraire, que je lis, relis, offre

 

7) Julio Cortazar, Marelle : un roman splendide dans lequel je me suis perdue...

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal

Ecrit par Marianne Desroziers , le Lundi, 02 Juillet 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Verticales, Essais

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, février 2012, 115 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Olivia Rosenthal Edition: Verticales

Quel film a changé votre vie ? Telle est la question que l’écrivain Olivia Rosenthal a posé à des individus très différents, issus de milieux divers. Olivia Rosenthal, auteur du remarqué et remarquable Que font les rennes après Noël ? où elle mêlait les résultats de son enquête auprès des professionnels travaillant avec les animaux à une fiction beaucoup plus personnelle, fait ici œuvre de sociologue en donnant la parole aux spectateurs de films sans se départir du style qui est le sien. Il ne s’agit pas pour autant d’un livre sur la cinéphilie : Eraserhead de David Lynch y côtoie Thelma et Louise de Ridley Scott ou encore L’arbre aux sabots d’Ermanno Olmi. C’est le rapport entre fiction et réalité qui intéresse Olivia Rosenthal. Cependant, on appréciera d’autant plus ce livre qu’on aura vu (et aimé) les films cités.

« La nuit américaine, je l’ai vu à douze ans avec mon père, et à la fin j’ai su que je serai comme Nathalie Baye, je serai scripte » (Angélique).

« Quand j’ai vu Thelma et Louise, j’avais une trentaine d’années, un boulot d’avocate, une grande maison, un mari, des enfants, le chemin était tracé, j’avais planté mon drapeau mais ce qui me manquait, c’était le mouvement, la possibilité du changement, une liberté qui était en train de disparaître » (Annick).

Boilly en trompe-l'oeil, Jacques Jouet

Ecrit par Marianne Desroziers , le Mardi, 27 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Arts, Essais, Invenit

Boilly en trompe-l'oeil, Jacques Jouet 11/2011. 10 € . Ecrivain(s): Jacques Jouet Edition: Invenit

Attention : voici un livre hors norme, difficile à ranger dans une case, entre littérature oulipienne, essai sur l’art et tentative de valorisation du patrimoine régional. En effet, il s’agit d’un bel objet, un joli petit livre  qui s’inscrit dans une collection nommée Ekphrasis créée par la maison d’édition Invenit basée dans le Nord de la France. Cette maison d’édition s’est fait connaître pour avoir réédité « Feu » de Barbusse, prix Goncourt 1916 illustré par le dessinateur lillois François Boucq.

Le principe de la collection Ekphrasis, créée en 2010 est simple et complexe à la fois : associer un peintre, un musée et un écrivain. La maison d’édition, très intéressée par les arts graphiques, a passé commande à un écrivain d’un texte libre sur une œuvre précise exposée dans un musée situé dans le Nord de la France. Cette collection compte déjà une dizaine de titres : Maurice Pons a ainsi écrit un livre sur Paul Klee, Michel Butor sur Dirk Bouts, Jean-Bernard Pouy sur Rémy Cogghe, etc.

C’est ici l’oulipien Jacques Jouet qui propose sa lecture très personnelle de « Trompe-l’œil aux pièces de monnaie sur le plateau d’un guéridon » de Louis-Léopold Boilly (1761-1845) exposé au Palais des beaux-arts à Lille.

Passion simple, Annie Ernaux

Ecrit par Marianne Desroziers , le Mardi, 06 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Gallimard

Passion simple (Quarto, Gallimard) in "Ecrire la Vie" . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Gallimard

La publication par les éditions Gallimard dans la collection Quarto en fin d’année dernière d’une grande partie des œuvres en un seul volume d’Annie Ernaux constitue une bonne occasion de découvrir, de redécouvrir ou d’explorer plus en profondeur le travail de cette romancière qui travaille sur une base autobiographique pour atteindre l’universel. Peu d’écrivains parviennent comme Annie Ernaux à mêler « petite histoire » - histoire personnelle, familiale, sentimentale - et grande Histoire.

Ce roman publié en 1991 n’est ni plus ni moins que ce que signifie son titre  (une passion simple) qui fait penser à « Un cœur simple » de Flaubert, clin d’œil de l’auteur par ailleurs professeur de Lettres durant des années. Et la citation de Roland Barthes en exergue ne fait qu’exacerber la curiosité du lecteur : « Nous deux – le magazine – est plus obscène que Sade ».

Ce n’est pas l’histoire d’un amour que nous conte ici Annie Ernaux mais celle d’une passion amoureuse qui n’est pas vraiment partagée. En effet, son amant est marié, il lui accorde peu de temps, pense beaucoup moins à elle qu’elle ne pense à lui et semble considérer leur relation comme purement sexuelle. Cela n’empêche pas la narratrice d’être obnubilée par cet homme et par leur prochaine rencontre :