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Articles taggés avec: MCDEM (Murielle Compère-Demarcy)

Murmures de l’absence, Gérard Mottet

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 21 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Murmures de l’absence, éd. Tensing, avril 2017, 103 p. 12 € . Ecrivain(s): Gérard Mottet

 

Cette Note de lecture est dédiée à la mémoire de l’éditeur Éric Jacquet-Lagrèze, disparu brutalement.

Les auteurs publiés par les éditions Tensing appréciaient chez Éric Jacquet-Lagrèze son dévouement et sa générosité d’esprit remarquable.

Puisque ce livre de poèmes d’incomplétude a l’originalité de se clore par une citation en exergue à la toute dernière page, je souligne ce trait, au parfum de bruyère – celui connu par les poètes, cette bruyère d’Apollinaire entrevue sous les paupières lorsque celles-ci se recueillent ou lorsque l’on veut faire murmure au milieu du bruit qui nous prend parfois malgré nous :

« J’ai cueilli ce brin de bruyère

L’automne est morte souviens-t’en

Nous ne verrons plus sur terre

Odeur du temps brin de bruyère

Et souviens-toi que je t’attends ».

Zoartoïste et autres textes, Catherine Gil Alcala (2)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 11 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Théâtre, Poésie

Zoartoïste et autres textes, La Maison Brûlée, 2016, 131 pages, 15 € . Ecrivain(s): Catherine Gil Alcala

 

Du Théâtre Poésie de Catherine Gil Alcala en général et de Zoartoïste en particulier

D’emblée, l’attrait de l’onomastique (la liste des personnages) commet chez le lecteur son travail d’Imagination, lorsqu’il plonge dans le monde de la poétesse-dramaturge Catherine Gil Alcala. C’est écrire qu’un univers à part entière, singulier, s’ouvre d’entrée dans ce qu’il faut bien appeler des Créations, dans un Théâtre Poésie qui tord et hallucine la Langue pour inventer son propre langage, entremêlant les éléments disparates d’une écriture archaïque et contemporaine.

Aussitôt, un Infini turbulent (Henri Michaux) s’avance au centre du théâtre où les personnages-acteurs investissent et traversent une mise en scène hors cadre par à-coups de marteau scandés pour faire résonner le corps dans un abîme de sons, à la recherche du perpétuel variable d’une incarnation intégralement à reconquérir, « (…) une incarnation qui, perpétuellement désirée par le corps, n’est pas de chair mais d’une matière qui ne soit pas vue par l’esprit ni perçue par la conscience et soit un être entier de peinture, de théâtre et d’harmonie » (Antonin Artaud).

Ce masque, Matthieu Gosztola (2) - « La Danse »

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 08 Septembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Nous entrons dans la danse de Ce masque comme nous entrons dans un Livre-monde, Livre-Bibliothèque, Livre-Maison. Plusieurs pièces, immenses et profondément secrètes pour certaines, dont nous découvrons les archives du monde au fur et à mesure de notre avancée, dans l’instant fugace : éternel, par sa singularité – un hapax dans nos existences – « que la littérature nous révèle » écrit Antonio Lobo Antunes – un palimpseste qui s’ouvre (et nous ouvre) toutes les marges des (par)chemins.

Des livres circulent dans cet Espace du monde-livre, certains retiennent notre démarche dans leurs labyrinthes. En parcourant cet Espace nous mêlons passé, présent, futur (« continuation du présent ») ; nous scrutons l’avenir dans un retour aux sources vives de la Mémoire du monde via notre mémoire personnelle ; nous trouvons à portée de regard comme, chacun, un Œil-Sentinelle éclairant notre route, – là un livre de Pascal Quignard – luisant dans des Performances de ténèbres ou de Petits Traités –, ici un livre de Henri Meschonnic – peut-être la Critique du rythme –, ailleurs un livre de Michaux – L’Espace du Dedans ; plus loin, d’autres livres plus tard, d’autres feuilles battantes de notre Œuvre-Vie encore…

Ce masque, Matthieu Gosztola - Note n°1 : Le « feu nourricier », par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 01 Septembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Ce masque, Matthieu Gosztola, Éditions des Vanneaux, juin 2017 (Gravure de Martin Loeb en première de couverture), 282 pages, 18 €

 

Ce nouveau livre de Matthieu Gosztola, pierre supplémentaire d’une œuvre dont l’édifice marque de son empreinte d’exigeante tenue l’histoire de la Littérature, constitue un véritable Livre-Monde. Le lecteur prend le temps de découvrir au fil des pages comme un Journal de bord littéraire dont la densité des feuilles formant Ce masque lui offre un métissage de poèmes, de réflexions sur l’art et la littérature, d’hommage à la vie quand la vie tremble discrètement – tout en délicatesse dans le silence d’ardentes sensations, de sentiments dont le sentiment amoureux, solaire, n’est pas le moindre, vécu dans une offrande partagée grandie par le partage en osmose des impressions du quotidien, des lectures, de l’écriture – l’art et la vie intimement mêlés.

Rouge sang-dragon, Colette Prévost

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 21 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Editions Les Vanneaux

Rouge sang-dragon, avril 2017, 76 pages, 15 € Edition: Editions Les Vanneaux

 

Le recueil de poèmes en prose de Victor Segalen, Stèles, et les tableaux du plasticien contemporain bordelais Max Mitau, constituent les moteurs d’écriture du recueil Rouge sang-dragon de Colette Prévost, qui vient de paraître en cet avril 2017 aux éditions des Vanneaux, dans la collection L’Ombellie. Prétextes à écriture de la même manière que Segalen « s’était servi de ce qu’il trouvait en Chine comme de matériau de construction, pour exprimer ce qu’il avait à dire. Le poète parle de moule dans lequel il a fondu son art », Pierre-Jean Rémy (http://www.steles.net/page).

Segalen explique dans son Avant-Propos de Stèles que celles-ci étaient sous les Han des montants destinés à faciliter la mise en terre des cercueils. Des commentaires y étaient inscrits en guise d’oraison funèbre. Les stèles devinrent par la suite des plaques de pierre montées sur un socle, dressées vers le ciel et portant inscription.