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Articles taggés avec: Laurence Biava

Entretien avec Pascal Boille

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 16 Janvier 2015. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

Pascal Boille est l’auteur des livres de la collection Comptines et Poésines. Animateur d’ateliers d’écriture, il se plaît à tisser des liens avec les autres formes d’art. Auteur-compositeur, il a également enregistré de nombreux livres-CD pour les enfants.

 

1) Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur Rimbaud ? Pourquoi lui et pas un autre ? Est-ce lié au fait que c’est un des auteurs les plus étudiés en classe ?

 

J’écris sur Rimbaud à plus d’un titre. C’est d’abord un retour aux sources car Charleville est la ville où je suis né. Dans ma jeune enfance, j’ai toujours entendu parler de Rimbaud. Il m’est donc impossible de couper les liens, puisque je suis allé dans tous les salons ! Rimbaud est ancré en moi depuis longtemps. C’est en quelque sorte ma porte d’entrée en Poésie. Dans les ateliers que j’anime, l’écriture la plus proche de la poésie est bien sûr celle de Rimbaud.

J’aimais mieux quand c’était toi, Véronique Olmi

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 09 Janvier 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Albin Michel

J’aimais mieux quand c’était toi, janvier 2015, 134 pages, 15 € . Ecrivain(s): Véronique Olmi Edition: Albin Michel

 

Le livre débute sur une scène extérieure : la narratrice est assise sur un banc gare de l’Est. Il doit s’agir d’une nuit d’errance. Pourquoi ? On ne le sait pas encore. La femme livre un monologue intérieur, et on la retrouvera souvent, cette femme, en train de déanmbuler dans Paris, qui souhaite bousculer le jour. De ce banc de la gare jusqu’au théâtre, Nelly –elle est comédienne – mène quelques questionnements existentiels, forme de préludes oraux au texte de Pirandello qu’elle s’applique à répéter avant de l’interpréter sur scène. Le lecteur suit les périgrénations extérieures et intimes de l’héroïne, entrée en fusion avec son texte. En effet, la femme et la comédienne semblent se confondre. Qui parle de souffrir encore ? La mater dolorosa de Pirandello ou Nelly, la mère de famille aux assauts de culpabilité pour ses deux fils ? Le livre offre en permanence deux niveaux de lecture intéressants et fort bien maîtrisés. Le style est très relevé. Très écrit.

Et toujours le même rituel qui conduit Nelly derrière le rideau rouge, sur la scène lumineuse du théâtre où elle se fond dans le décor des Six personnages en quête d’auteur… Jusqu’au fameux soir où elle reconnaît au cinquième rang l’homme dont la seule présence parvient à déstabiliser son jeu. Saisie d’un vertige, l’actrice s’affaisse et quitte la scène. Et le livre bascule aussi.

Justine et autres romans, Sade en la Pléiade

Ecrit par Laurence Biava , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, La Pléiade Gallimard, Critiques, Roman

Justine et autres romans, Sade dans la Pléiade, octobre 2014, 1152 pages, 60 € . Ecrivain(s): Marquis de Sade Edition: La Pléiade Gallimard

 

Toujours dans le cadre du bicentenaire de la mort du Marquis de Sade et à l’occasion de l’exposition Sade au Musée d’Orsay du 14 octobre au 25 janvier 2015, les Editions Gallimard publient ce magnifique volume imprimé sur du papier de Bible, relié pleine peau sous coffret illustré, doré à l’or fin 23 carats.

Il contient Les Cent Vingt journées de Sodome ou l’Ecole du Libertinage, Justine ou les Malheurs de la vertu, La Philosophie dans le boudoir.

La préface est signée Michel Delon. « En novembre 1990, paraissait le premier volume des Œuvres de Sade dans la Bibliothèque de la Pléiade. Un slogan publicitaire en accompagnait le lancement : “L’Enfer sur papier bible”. Il n’était sans doute pas nécessaire pour frapper l’opinion. La décision de la maison Gallimard suffisait. Celui qui, de son vivant, avait été enfermé par tous les régimes successifs, de la royauté à la République et à l’Empire, et dont les œuvres avaient été condamnées au feu trouvait soudain une consécration ».

Fleur et sang, François Vallejo

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Editions Viviane Hamy

Fleur et sang, août 2014, 282 pages, 19 € . Ecrivain(s): François Vallejo Edition: Editions Viviane Hamy

 

François Vallejo a écrit un grand roman sur l’espace et sur le temps. C’est une forme d’empressement, une sorte d’invasion du temps objectif (mesurable) dans le temps subjectif (celui que nous vivons). Ainsi, l’auteur se dépossède-t-il de ses sujets dans leur rapport au temps en suggérant une conception spatialisée, linéaire de ce dernier. Toute la lecture se passe ainsi : entrecoupée de variantes au rapport au temps, en imposant au lecteur un arrêt, et de chapitre en chapitre, on change d’époque, on chemine du temps révolu au temps actuel. Construction tout à fait originale et séduisante parce que maîtrisée.

François Vallejo entrelace les destins d’un jeune cardiologue du XXIe siècle et d’un apprenti médecin apothicaire fasciné par le temps au XVIIe siècle. C’est ce binôme qui a donné naissance à Fleur et Sang, passerelle construite entre deux temps et entre deux destins intimement liés et mêlés. Les deux trajectoires se déploient sensiblement et sensuellement et elles se cognent aussi l’une à l’autre, achevant de se réunir. La tension, palpable à chaque instant annonce le drame de la première. Pour finir, les deux protagonistes portent le même nom : Delatour.

Les inoubliables, Jean-Marc Parisis (2ème article publié)

Ecrit par Laurence Biava , le Jeudi, 27 Novembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Flammarion

Les inoubliables, septembre 2014, 232 pages, 18 € . Ecrivain(s): Jean-Marc Parisis Edition: Flammarion

 

IN MEMORIAM

 

Les Inoubliables est un récit historique exceptionnel. Il retrace la déportation d’une famille juive dans un petit village de Dordogne en mars 1944. D’après des témoignages, l’auteur restitue la vie de la commune durant les années de guerre jusqu’à la rafle qui, outre la déportation de 25 femmes et enfants juifs, coûtera la vie à dix hommes et deux adolescents liés à la Résistance.

Jean-Marc Parisis trouve une photo qui l’émeut : cinq frères et sœurs, les enfants Schenkel, déportés sans retour en mars 1944, depuis son paisible village d’enfance, La Bachellerie, vers Auschwitz-Birkenau. C’est dans ce village de Dordogne qu’enfant puis adolescent, Jean-Marc Parisis passait ses vacances, avec son frère et sa sœur, dans la maison de ses grands-parents paternels.