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Articles taggés avec: Laurence Biava

Mon métier de père, Gilles Verdiani

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 04 Juin 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Jean-Claude Lattès

Mon métier de père, mai 2012, 250 p. 13 € . Ecrivain(s): Gilles Verdiani Edition: Jean-Claude Lattès

 

Un cœur de père

 

Gilles Verdiani raconte ce qu’est la vie d’un père tardif qui travaille chez lui et s’occupe au quotidien de ses deux garçons. Autant récit qu’essai – et non manuel de savoir-faire/vivre à l’usage des parents –, cet opus remarquablement écrit et détaillé rassurera tous les papas pour qui la paternité et ses premières fois ressemblent à une épopée humaine. On découvre un père particulièrement impliqué dans l’éducation de ses fils, investi corps et âme, jusqu’à l’obsession. Les premières années depuis la naissance du fils aîné jusqu’à celle du petit frère, ainsi que les difficultés rencontrées à cette occasion sont narrées avec nerf et émotion.

Autrefois, porter dans sa tête l’éducation de l’enfant était réellement l’affaire des mères. Gilles Verdiani lui, fait partie de ces nouveaux pères, extrêmement présent, qui aide et intervient en permanence dans l’éducation de ses fils. Le livre raconte ce qui peut s’apparenter à un acte de foi.

Mémoires d'un snobé, Marin de Viry

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 08 Mai 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Pierre Guillaume de Roux éditeur

Mémoires d’un snobé, Editions Pierre-Guillaume de Roux, janvier 2012, 208 p. 18 € . Ecrivain(s): Marin de Viry Edition: Pierre Guillaume de Roux éditeur

Mémoires d’un Snob dérangé

 

Marin de Viry, cet érudit aux talents multiples, critique littéraire à la Revue des Deux Mondes, à Marianne, et au Cercle littéraire, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, est l’auteur de plusieurs essais et de quatre romans dont le dernier Mémoires d’un snobé. C’est un texte véritablement drôle et nihiliste, « branchouille » et décalé, impertinent et bavard, avec des accélérations de ton assez prodigieuses. On s’esclaffe pas mal, on rit même franchement beaucoup. Dans Mémoires d’un snobé, ce sont les moyens stylistiques par lesquels notre auteur suggère le désespoir, sous l’apparence d’un récit où on aime lister et égrener, – (a), b), c), note 1, note 2, note 3, etc –, qui agrémentent une réalité plus sombre que le burlesque d’apparence notoire, d’entrée de jeu indiquée par la scène de l’enterrement d’un ami du narrateur, Jérôme, puis plus ou moins discrètement rappelée par toute une série de signes dont l’origine est à puiser dans les ressorts de l’éducation catholique, perfusée ou ponctionnée ici et là comme autant de minuscules piqûres de rappel qui permettent de comprendre que Marius de Vizy (le protagoniste) ne parvient jamais à dépasser sa sacro-sainte éducation, qui appuie précisément où ça fait mal, parce qu’en effet, « toute cette grandeur possible » écrit-il « est écrasante ».

Une histoire à tenir debout, Régine Salvat

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 06 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Jean-Claude Lattès

Une histoire à tenir debout, 02/2011, 18,30 € . Ecrivain(s): Régine Salvat Edition: Jean-Claude Lattès


A  Rémy le noble, droit comme un Y (le Y d’Ulysse le Guerrier)


« La droiture est le pouvoir de décider une certaine ligne de conduite en accord avec la raison, sans hésiter : mourir lorsqu’il faut mourir, combattre lorsqu’il faut combattre » – Le Masque du Samourai – Aude Fieschi.

Régine Salvat, biologiste médicale, a publié ce récit autobiographique chez Jean-Claude Lattès. Depuis l’enfance de son fils Rémy, en plus du travail mené par « Action Rémy », elle fait partie d’associations de soutien aux malades et leurs proches. Aujourd’hui, sa ferveur manifeste en faveur du combat à mener pour le droit à l’euthanasie en France est décuplée. Ce récit vibrant et poignant s’adresse à son fils disparu qui, hélas, n’aura pas eu le temps de le lire. Ce livre n’est pas qu’un témoignage – comme il en existe tant – qui raconte l’évolution d’une maladie irréversible. Il est bien au-delà. Il forme un cri. Un cri d’amour bouleversant et retentissant. Raconté avec beaucoup de justesse et de grâce, ce récit miroitant d’une mère pour son enfant est aussi sur un plan stylistique un travail d’orfèvre.