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La chronique du sel et du soufre - septembre 2013

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 17 Septembre 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

UN ROMAN EXCEPTIONNEL : LE LIVRE DES SOURCES

 

A l’heure où la question primordiale des journalistes littéraires semble de savoir si Yann Moix gagnera le Renaudot ou le Goncourt avec son roman-fleuve Naissance (1), à moins qu’Etienne de Montéty, avec La Route du salut (2)…, nous préférons vanter cet insolite roman de Gérard Pfister de plus de 400 pages, exceptionnel, mystique, apocalyptique et inspiré, Le Livre des sources (3) qui est à nos yeux la bonne surprise de l’automne !

Le poète Gérard Pfister, qui a créé et  dirige les éditions ARFUYEN depuis belle lurette, réussit ici son « œuvre au rouge ».  Son roman historique, bien architecturé, impeccablement écrit, « ressuscite » avec brio cette énigmatique « Communauté du Haut-Pays » et interroge alors la haute spiritualité de Maître  Eckhart quand il  affirme : « Pourquoi chercher Dieu au ciel ou je ne sais où ? Il est en vous ! » la confrontant étrangement avec la doctrine d’Adolf Hitler s’exclamant : « Nous voulons des hommes libres, qui savent et qui sentent que Dieu est en eux ».

La chronique du sel et du soufre (Juin 2013) - Le questionnement philosophique

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 19 Juin 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

L’éternel et indispensable questionnement philosophique

 

On doit à sa propre volonté et à l’amitié personnelle de Claude Saliceti pour feu Bernard Caussain l’heureuse parution de ce Dictionnaire du questionnement (1) qui affiche l’ambition de nous aider à poser correctement les questions métaphysiques de la vie et à définir précisément le sens des mots. Des mots justes pour espérer atteindre l’objectif de se faire comprendre du plus grand nombre, objectif plus ambitieux qu’il n’y paraît !

Si la philosophie, venu du latin philosophia (ami de la sagesse) désigne toute démarche de la pensée visant à être à la fois un acte de connaissance et une règle de vie, nous sommes tous philosophes et quêteurs de sens. Nous aspirons à la rigueur, à la cohérence, nous revendiquons souvent une pensée rationnelle, un doute méthodique, tout en voulant garder et cultiver une capacité d’étonnement, d’émerveillement, en effet. Ce volume, rassembleur de termes exprimant concepts et valeurs, est un outil précieux, une source de références pour tout « honnête homme » du XXIème siècle. La rencontre de Bernard Caussain, qui était professeur de philosophie, et de Claude Saliceti qui dialogua avec Bernard d’Espagnat, Directeur du laboratoire de physique théorique et des particules élémentaires dans Candide et le physicien (2), est féconde. Elle peut aider à clarifier le débat de la vie.

La chronique du sel et du soufre (Mai 2013) - Quelle singularité pour un "bon" livre ?

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 15 Mai 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Ce mois-ci, les éditeurs, petits et grands, m’ont donné à lire une riche mosaïque d’ouvrages passionnants à découvrir, très différents les uns des autres, et gardant tous, jusqu’au bout de la lecture, une existence personnelle, une individualité particulière, une singularité. Essayons d’y voir clair dans cette diversité de beaux talents.

Dominique Fabre, avec Des nuages et des tours (1), décrit et fait battre du cœur son quartier de la rue du Château des Rentiers, lequel est proche du mien, celui des hautes tours du treizième arrondissement de Paris, celui des Olympiades et de la zone asiatique. Le romancier, ici davantage poète que créateur d’intrigues humaines, réussit avec brio à décrire ce qu’est, aujourd’hui, un « village urbain », avec ses égrégores et son pittoresque, son no man’s land pathétique, ses miséreux et ses héros, ses humanistes et ses salauds, ses arbres tout blancs en fleurs, son énorme boucan et ses ombres perdues. Cela m’a fait songer à Jean Follain, à Valéry Larbaud, à Yves Martin. C’est plein de tendresse, saison après saison.

La chronique du sel et du soufre (Avril 2013)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mercredi, 17 Avril 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Et que disent vos rêves ?

 

Comment ne pas signaler à nos lecteurs l’ouvrage de Bénédicte Uyttenhove qui vient de paraître chez Dervy ? En effet, l’étude très documentée de Bénédicte Uyttenhove, diplômée en psychologie clinique de l’université de Paris VIII, présente au grand public l’approche jungienne des grands rêves comme messages à décrypter. Elle y souligne les caractéristiques de la pensée jungienne comparée à la pensée freudienne sur le même sujet d’études.

J’aime à le répéter : en fait, ce qui me semble faire la richesse, la haute valeur même de ce livre qui deviendra vite « de référence », c’est sa lisibilité immédiate qui éveille notre faculté d’émerveillement.

Freud croyait que tout rêve correspondait à la satisfaction d’un désir refoulé et qu’il puisait ses racines dans la sexualité infantile, alors que, selon la vision jungienne, tout songe peut être également une manière d’exprimer une frayeur vitale. Certains rêves sont donc des outils de prospection remplissant un rôle d’avertissement ou même de « transmissions parapsychologiques ». Selon la vision holistique du maître de Zurich, le recours capital sur lequel il appuie sa tentative d’interprétation n’est pas nécessairement la censure ou le refoulement, mais tend plutôt à être les symboles, les mythes et les archétypes.

La chronique du sel et du soufre (Février 2013)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Mardi, 19 Février 2013. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Rendez à Césaire ce qui est à Césaire !

 

À l’occasion du centième anniversaire de la naissance du nègre universel, Aimé Césaire (1913-2008), il semble venu le temps opportun de relire l’œuvre lyrique et flamboyante du condisciple de Léopold Sédar Senghor à l’École Normale Supérieure. L’homme est désormais un mythe, le symbole de l’intégration du poétique et du politique. Son poème Cahier d’un retour au pays natal, écrit en 1938, paraît en 1947 avec une préface d’André Breton. Celui-ci salue en lui « un grand poète noir » entamant le chant profond de la liberté et devenant, après un long destin, le héros du réveil de l’Afrique à la cause des Noirs.

Maire de Fort-de-France depuis 1945, et député de la Martinique, Césaire fut en un premier temps apparenté au groupe communiste, puis il rompit avec ce dernier en 1956, analysant ses options sur l’indépendance des colonies africaines. Ensuite, Césaire finit par fonder le parti progressiste martiniquais.