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Copeaux contre la barbarie, Jean-Claude Goiri

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 26 Novembre 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Copeaux contre la barbarie, éd. Tarmac, coll. Carnets de route, 2016, 20 pages . Ecrivain(s): Jean-Claude Goiri

 

Les copeaux retiennent l’humidité des choses. Le remugle du monde, entre autres expressions (stigmates, rejets, déchets, vomissures, éclats, rires, excréments), y absorbe ses propres manifestations et métamorphoses – minérales, végétales, animales. Les copeaux forment aussi ce qui s’émiette des choses lorsqu’on en décape les surplus ou les défauts.

Copeaux contre la barbarie gratte les surfaces d’un ongle qui fait mal, pour que « s’enflamme soudain l’artefact l’esprit » et que s’aère l’écorce du monde « qui n’a pas de limites ce sont les choses qui en ont » ; pour que l’ascension diffuse – « c’est l’ascension qui compte ce n’est pas le sommet » – les ondes décapées du noyau dur / compact / névralgique portant le cœur du monde et l’activant dans la moelle féconde au-delà des immondices jetées par nos univers. Le poète nous active à ne plus nous satisfaire d’être adossé aux « grands murs porteurs », dressés par « tout un peuple » « de ses mains les doigts dans les cheveux » des apparences, et nous incite à nous éloigner « ainsi de la terreur des plaines où dans le plat règnent à l’aveugle les rétines de ceux-là qui cultivent l’inculture… »

Copeaux à Bardo(s)…

Ecrit par Jean-Claude Goiri , le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Côté actualité

Ou

Celui qui n’a qu’un œil (pour viser) ne voit pas le relief.

 

… l’inculture se cultive en perçant la rétine – avec une balle c’est mieux sur le mur le sang dérange mieux les fleurs de la tapisserie – de tout un peuple adossé à ses grands murs porteurs – il faut voir comme ils tiennent depuis la nuit des temps – qu’il dressa de ses mains les doigts dans les cheveux – les cheveux les mots récupèrent tout de l’Homme l’incertain le sûr le nocif le tangible – pour démêler l’étincelle qu’il voyait dans le noir – l’obscurité est terrible car on y voit la moindre lumière – et en sculpter le bruit pour comprendre un peu tout – traverses plaintes briques tout lui sert de support – c’est que l’art lui promet qu’il n’est pas seul au monde – les oiseaux chantent bien avant l’aube car sinon le jour ne se lèverait jamais – qu’il attend le regard de celui qui attend peut-être en plein jour mais souvent dans la nuit – la nuit est faite de larges rétines suspendues aux lèvres du monde – quand s’enflamme soudain l’artefact l’esprit – qui n’a pas de limites ce sont les choses qui en ont – se construit des collines pour pouvoir y grimper – c’est l’ascension qui compte ce n’est pas le sommet – s’éloignant ainsi de la terreur des plaines où dans le plat règnent à l’aveugle les rétines de ceux-là qui cultivent l’inculture…

La part ductile de l’être

Ecrit par Jean-Claude Goiri , le Vendredi, 13 Février 2015. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Ce n’est pas demain la veille que je me donnerai la mort !

Parce qu’il faut voir comment ça vit ici !

Il y en a des pages et des pages, de la vie : plus vous les tournerez, plus il y en aura. Et si vous tournez dans le bon sens, vous pourrez même y comprendre quelque chose. Comprendre, par exemple, comment ça déborde quand on pense trop fort. Quand on est debout, ça déborde par la bouche. Et ça déborde par les mains quand on est assis. Ça laisse même des traces. Au bout d’un moment, il y en a même partout, des traces. Certains s’acharnent même à les effacer. Mais rassurez-vous, ils font le ménage par pure faiblesse. Ceux-là, ils lavent même leurs rideaux. Moi, je n’ai pas de rideaux. Ainsi, tout le monde me voit. Vous savez comme moi la difficulté d’avoir une marche naturelle quand on sait que tout le monde nous regarde.

Je voudrais ...

Ecrit par Jean-Claude Goiri , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Je voudrais que tu viennes avec toutes tes mains

Me montrer comment ça marche les caresses

Car je suis seul dans mon antre de reptile

Et je ne sais que faire de cette peau qui s’effrite

Je devine tes doigts qui tricotent mes pelures

Annonçant quelque chose qui résonne comme des mots

Je tirerai sur le fil pour t’aider un peu

Tu rhabilleras mes rêves abrupts comme la pluie

Grâce à ta langue habile nous ne serons pas mouillés

Car tu fabriques un toit pour me laisser aller

Vers quelque chose comme la chair que ta glotte fait naître