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Articles taggés avec: Eric Essono Tsimi

Belle Merveille, James Noël

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Mercredi, 23 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Roman, Zulma

Belle Merveille, 24 août 2017, 160 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): James Noël Edition: Zulma

 

Emerveillé par Belle Merveille.

La symbolique du chiffre 7 est bien connue, souvent associée à la mort. Il y a 7 ans, « un jour normal », un Tranblemanntè d’une magnitude inouïe ébranlait Haïti. 2010-2017 : Belle Merveille est au sens propre un livre-événement, parce qu’il fait le lien entre la mémoire de ce qui était advenu et le devoir de « vivre » de ceux qui ont survécu.

« C’est moi Bernard qui te le dis »

Belle Merveille est un roman du souvenir, un hommage coloré, une narration dont on ressent tout de suite le souffle poétique de l’auteur. Le narrateur s’adresse à « toi », à vous, à nous, ce papillon qui vole si haut, dessus les arbres, mais n’est en définitive qu’un insecte.

A propos de « Double Nationalité » de Nina Yargekov, par Eric Essono Tsimi

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Mardi, 25 Octobre 2016. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Double Nationalité, Nina Yargekov, P.O.L. septembre 2016, 688 pages, 23,90 €

 

Dans la tête de Nina Yargekov (c’est l’auteure qui « parle » ici)

Paraphrasons pour commencer Jean Ricardou qui avait eu cette formule heureuse opposant écriture de l’aventure et aventure de l’écriture. Voilà, mon dernier roman dont Vous est le héros est tout juste paru et se trouve déjà en lice pour plusieurs distinctions sérieuses dont le Prix de Flore. Ayant pris mes habitudes chez Lipp, la brasserie d’en face, j’espère que mes sympathies pour la concurrence ne seront pas interprétées par quelque police prédictive comme un crime par anticipation de lèse-juridiction et ne vont pas me coûter une reconnaissance assez méritée.

La Toubabesse, Louis-Ferdinand Despreez

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Lundi, 22 Août 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Afrique, Roman, Editions de la Différence

La Toubabesse, août 2016, 288 pages, 17 € . Ecrivain(s): Louis-Ferdinand Despreez Edition: Editions de la Différence

Louis-Ferdinand nous embarque dans un voyage au bout de l’Afrique

L’auteur du roman La Toubabesse est aussi mystérieux que peuvent l’être les deux polars par lesquels il s’est fait connaître. Quand on vous aura dit qu’il s’appelle Louis-Ferdinand Despreez, il faudra ajouter qu’il est africain, sud-africain, anglophone donc, mais écrit directement en français ce troisième roman, le premier du genre : les deux précédents étant des romans policiers.

Peut-on arriver à un tel rendu des « républiques de la forêt équatorienne » sans, à la manière d’Ahmadou Kourouma, tordre le cou au français des « sages de la Coupole » ? Tout est littérarisé, mais sans recherche. La langue de Louis-Ferdinand Despreez est foisonnante, elle n’est pas rendue à l’état brut… Du festival de mots et d’images puisés dans le néo-français d’Afrique, on retient surtout la truculence, la verdeur (pour la finesse il faudra chercher ailleurs), le souffle des phrases kilométriques du narrateur (conteur), entortillées dans des incises itératives qui calquent le style parlé, l’oralité. D’ailleurs si le narrateur calque, il décalque aussi, se démarque : il y a beaucoup de néologismes que ni les rues africaines ni le Robert ne reconnaîtraient, emporté qu’il est par le dynamisme qu’il rapporte, Despreez crée une langue des bois et gratifie son « lecteur », parfois directement interpellé comme tel, de notes infrapaginales et d’un lexique en toute fin du roman.