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Articles taggés avec: Emmanuelle Caminade

Chutes, ruptures et philosophie Les romans de Jérôme Ferrari, par Emmanuelle Caminade

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 03 Mai 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Chutes, ruptures et philosophie Les romans de Jérôme Ferrari, S. Burnautzki, C. Ruhe, Classiques Garnier, mars 2018, 270 pages, 32 €

 

 

Cet ouvrage collectif publié sous la direction de Sarah Burnautzki (docteur en lettres françaises) et Cornelia Ruhe (professeur de littérature française et francophone) est le fruit d’un colloque tenu à Mannheim en avril 2016. C’est une publication riche de treize contributions universitaires venant de Paris, Lausanne, Innsbruck, Berlin, Bruxelles, Grenoble, Laval (Québec), Chester, Mannheim, Toulon et Düsseldorf, dont la diversité de regards pour la plupart extérieurs à la France ne peut qu’être source d’enrichissement.

A ces articles sont annexés La nuit du doute, une nouvelle écrite par Jérôme Ferrari en 2007 pour Philosophie Magazine et reprise en 2016 dans la revue Décapage, ainsi qu’un long entretien avec l’auteur mené par les participants à la fin du colloque qui, balayant de très nombreux thèmes, permet de prendre également en compte sa propre vision et ses intentions.

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Larher

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 10 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, J'ai lu (Flammarion)

Marguerite n’aime pas ses fesses, avril 2018, 260 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Erwan Larher Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Marguerite n’aime pas ses fesses est une fable caustique et ludique à l’ironie mordante qui se mue en thriller rocambolesque pour nous dépeindre un monde en trompe-l’œil dans lequel l’image et le virtuel accroissent leur empire de manière inquiétante, une société immature, narcissique et exhibitionniste. Refusant de voir dans cette planète malade le meilleur des mondes possibles, Erwan Larher y propulse un nouveau Candide sous les traits d’une attachante Marguerite, une trentenaire hors normes à qui sera offerte l’occasion d’un sursaut la révélant à elle-même.

Marguerite « se pense nulle dans plein de domaines, des fesses à l’écriture ».

Incapable de s’affirmer, exploitée par ses proches et totalement dépourvue de libido, elle s’évade dans ses rêves. Alors qu’elle vit en couple avec Jonas, un mec « ni mieux ni pire qu’un autre », et effectue de menus travaux littéraires pour une maison d’édition, elle s’imagine ainsi en mère comblée à la tête d’une joyeuse famille et en romancière à succès. Jusqu’au jour où sa vorace éditrice la charge d’aider un ancien Président de la République, Aymeric Delaroche de Montjoie, à écrire ses mémoires.

Inauguration de l’ennui, Guillaume Siaudeau

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 06 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Alma Editeur

Inauguration de l’ennui, mars 2018, 140 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guillaume Siaudeau Edition: Alma Editeur

 

Pour Guillaume Siaudeau, la poésie est accessible à tous : « il suffit d’ouvrir l’œil, mais le bon », de regarder le monde autour de soi et de se regarder. Et, portant un regard léger et décalé sur les petites choses, il nous offre des poèmes en vers libres, sans fioritures, leur donnant une envergure inattendue :

Pour comparer

Comment t’expliquer ça

Ah si tiens

imagine l’envergure

d’une mouche

vue d’une miette

L’Homme Coquillage, Asli Erdogan

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 30 Mars 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Asie, Roman, Actes Sud

L’Homme Coquillage, mars 2018, trad. turc Julien Lapeyre de Cabanes, 208 p. 19,90 € . Ecrivain(s): Aslı Erdoğan Edition: Actes Sud

 

Premier ouvrage d’Asli Erdogan publié en 1993 en Turquie et enfin traduit en français, L’Homme Coquillage est un roman initiatique et psychologique d’inspiration autobiographique s’aventurant dans les mystérieux abysses intérieurs de « l’immense océan de la réalité », l’auteure tentant de « mettre en mots » leur « chanson infinie », d’en approcher la vérité. C’est l’histoire d’une « amitié miraculeuse » scellée sous les Tropiques « aux frontières de la vie et de la mort », d’un « amour profond, féroce et irréel », « aussi âpre que le terreau qui l’a vu naître ».

Brillante chercheuse en physique nucléaire, une jeune Turque de vingt-cinq ans – qui a aussi pratiqué la danse et, passionnée de littérature, écrit quelques nouvelles – a été invitée à une Université d’été aux Caraïbes. Cherchant à échapper dès qu’elle le peut au groupe de physiciens « pleins d’ambition et d’intelligence venus des quatre coins du monde », rassemblé dans un hôtel de luxe de l’île de Sainte-Croix, elle rencontre sur la plage un Noir au physique effrayant et au regard fascinant qui vend aux touristes ses coquillages rapportés du fond de l’océan. Une rencontre qui, dévoilant sa propre « part d’ombre et de sauvagerie », s’avérera fondatrice, la révélant à elle-même : « l’Homme Coquillage était mon oracle de Delphes, celui qui me poussait à me poser les bonnes questions et à trouver moi-même les réponses ».

Histoire d’un assassin, Marie Ferranti

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 21 Mars 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

Histoire d’un assassin, février 2018, 120 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Marie Ferranti Edition: Gallimard

 

« Insister sur l’écart entre le roman et la réalité est troublant. Cela démontre la puissance de la fiction à dévoiler, par des voies détournées, la vérité profonde des événements et des êtres ».

Tout a été inventé dans cette Histoire d’un assassin dans laquelle Marie Ferranti montre comment un sordide fait divers familial voit sa vérité faussée et est porté au rang mythique de la tragédie et de l’épopée.

Dominique Zincoli vit avec sa femme Teresa et son fils Petru dans un petit village proche de Bastia. Marqué par la mort de sa mère Françoise – qui fut reniée par son père Jean Bonifazzi pour avoir épousé un paysan pauvre, et abandonnée à la misère – il a grandi dans la haine de son grand-père, détestant de plus son frère cadet Marcus dont ce dernier s’est rapproché.

Une nuit, il les assassine tous deux sauvagement, et cet assassinat n’étonne personne dans son entourage. Teresa avait « toujours su qu’il le ferait » car « depuis longtemps il l’avait dit », et Mademoiselle de Guagno qui « voyait la mort » avait même « senti son ombre envelopper Jean Bonifazzi ».