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Articles taggés avec: Emmanuelle Caminade

Le Siège de Vienne, Horia Ursu

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 29 Mai 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Le Siège de Vienne, éditions Xenia, avril 2018, trad. roumain Florica Courriol, 368 pages, 20 € . Ecrivain(s): Horia Ursu

 

 

Publié en 2007 en Roumanie, Le Siège de Vienne – qui demanda treize années d’écriture à Horia Ursu – fut encensé par la critique et couronné par de nombreux prix. C’est un roman d’une extrême richesse et d’une très belle écriture métaphorique à l’élégante ironie, magistralement mené par un auteur érudit non avare de citations et possédant l’art de la suggestion comme le sens de la formule. Un roman à la fois drôle et profond, réaliste et fantaisiste, où s’équilibrent descriptions, dialogues aux nombreux registres linguistiques et commentaires analytiques, et se combinent de multiples tonalités mêlant notamment l’absurde et l’insolite d’un Ionesco et d’un Beckett à l’onirique et au fantastique d’un Boulgakov.

Le Dernier Amour d’Attila Kiss, Julia Kerninon

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 23 Mai 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Babel (Actes Sud), Roman

Le Dernier Amour d’Attila Kiss, mai 2018, 144 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Julia Kerninon Edition: Babel (Actes Sud)

 

Filant une métaphore guerrière tout au long de ce roman très maîtrisé, dont le héros porte un nom et un prénom résumant à eux seuls son ambition, Julia Kerninon explore le rapport amoureux avec beaucoup d’acuité, de sensibilité et de poésie, mais aussi d’humour, en mêlant la petite histoire à la grande.

Elle y raconte « l’histoire d’un amour », d’une guerre sans vainqueur ni vaincu. Celle de la rencontre de deux êtres aussi différents qu’un « lion d’Afrique » et « un sanglier européen » qui vont faire « l’expérience confondante de l’intimité partagée avec l’altérité », et de la confiance qui permet d’accepter de « déposer les armes » la tête haute.

L’histoire se déroule en 2007/2008 dans la ville de Budapest, seule survivance des splendeurs passées de la Hongrie devenue désormais « une oasis pour touristes occidentaux ». Un jour d’automne, Theodora, jeune et riche Viennoise gérant l’héritage musical de son père, un célèbre chanteur et compositeur d’opéras, investit le territoire d’Attila Kiss, un Hongrois démuni, de vingt-cinq ans son aîné, qui peint le jour et travaille la nuit comme « trieur de poussins » dans une fabrique de foie gras de la grande banlieue.

Chutes, ruptures et philosophie Les romans de Jérôme Ferrari, par Emmanuelle Caminade

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 03 Mai 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Chutes, ruptures et philosophie Les romans de Jérôme Ferrari, S. Burnautzki, C. Ruhe, Classiques Garnier, mars 2018, 270 pages, 32 €

 

 

Cet ouvrage collectif publié sous la direction de Sarah Burnautzki (docteur en lettres françaises) et Cornelia Ruhe (professeur de littérature française et francophone) est le fruit d’un colloque tenu à Mannheim en avril 2016. C’est une publication riche de treize contributions universitaires venant de Paris, Lausanne, Innsbruck, Berlin, Bruxelles, Grenoble, Laval (Québec), Chester, Mannheim, Toulon et Düsseldorf, dont la diversité de regards pour la plupart extérieurs à la France ne peut qu’être source d’enrichissement.

A ces articles sont annexés La nuit du doute, une nouvelle écrite par Jérôme Ferrari en 2007 pour Philosophie Magazine et reprise en 2016 dans la revue Décapage, ainsi qu’un long entretien avec l’auteur mené par les participants à la fin du colloque qui, balayant de très nombreux thèmes, permet de prendre également en compte sa propre vision et ses intentions.

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Larher

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 10 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, J'ai lu (Flammarion)

Marguerite n’aime pas ses fesses, avril 2018, 260 pages, 7,40 € . Ecrivain(s): Erwan Larher Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Marguerite n’aime pas ses fesses est une fable caustique et ludique à l’ironie mordante qui se mue en thriller rocambolesque pour nous dépeindre un monde en trompe-l’œil dans lequel l’image et le virtuel accroissent leur empire de manière inquiétante, une société immature, narcissique et exhibitionniste. Refusant de voir dans cette planète malade le meilleur des mondes possibles, Erwan Larher y propulse un nouveau Candide sous les traits d’une attachante Marguerite, une trentenaire hors normes à qui sera offerte l’occasion d’un sursaut la révélant à elle-même.

Marguerite « se pense nulle dans plein de domaines, des fesses à l’écriture ».

Incapable de s’affirmer, exploitée par ses proches et totalement dépourvue de libido, elle s’évade dans ses rêves. Alors qu’elle vit en couple avec Jonas, un mec « ni mieux ni pire qu’un autre », et effectue de menus travaux littéraires pour une maison d’édition, elle s’imagine ainsi en mère comblée à la tête d’une joyeuse famille et en romancière à succès. Jusqu’au jour où sa vorace éditrice la charge d’aider un ancien Président de la République, Aymeric Delaroche de Montjoie, à écrire ses mémoires.

Inauguration de l’ennui, Guillaume Siaudeau

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 06 Avril 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Alma Editeur

Inauguration de l’ennui, mars 2018, 140 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guillaume Siaudeau Edition: Alma Editeur

 

Pour Guillaume Siaudeau, la poésie est accessible à tous : « il suffit d’ouvrir l’œil, mais le bon », de regarder le monde autour de soi et de se regarder. Et, portant un regard léger et décalé sur les petites choses, il nous offre des poèmes en vers libres, sans fioritures, leur donnant une envergure inattendue :

Pour comparer

Comment t’expliquer ça

Ah si tiens

imagine l’envergure

d’une mouche

vue d’une miette