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Rimbaud n’est pas l’auteur des Illuminations

Ecrit par Eddie Breuil , le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

L’histoire de la littérature est faite d’erreurs, de rectifications, qui mettent parfois du temps à être admises. Un cas simple : les Illuminations, ce recueil non autorisé constitué par des éditeurs rassemblant des textes épars qui arrivaient sous leur main, et dont le contenu a beaucoup varié. Les manuscrits ont été́ copiés par les poètes Germain Nouveau et Arthur Rimbaud. Ils portent l’écriture des deux poètes et ne sont pas signés. Les universitaires ont décrété́ que Rimbaud était l’auteur et Nouveau le copiste maladroit. Pourquoi ? Et pourquoi pas l’inverse ? Rimbaud, le génie, pouvait-il s’abaisser au simple rôle de copiste ? Depuis peu, on sait que Rimbaud avait déjà endossé le rôle du copiste à la même époque. Pourquoi cette hypothèse selon laquelle Nouveau serait l’auteur n’a pas été́ retenue ? D’autant plus que les manuscrits de la main de Rimbaud montrent des signes évidents de copiste. L’étude que nous présentons prochainement présente suffisamment de garanties pour nous permettre d’affirmer sereinement :

Non ! Rimbaud n’est pas l’auteur des Illuminations !

Illuminations : un recueil fantasmé et forcé

Ecrit par Eddie Breuil , le Mercredi, 22 Octobre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

La plupart des éditions des Illuminations reconnaissent qu’il s’agit d’un recueil dont l’histoire éditoriale est problématique. Il semble que la plupart des textes qui composeront le recueil ont été remis en 1875 à Stuttgart par Arthur Rimbaud à Paul Verlaine pour Germain Nouveau. Les documents passeront par plusieurs mains, avant d’être publiés dans un étonnant mélange de vers et de proses en 1886, onze ans après la transmission, par des éditeurs étrangers au projet initial.

Lorsqu’il est question de ce dossier de Stuttgart, une des erreurs les plus fréquentes est de désigner une partie de ces textes comme « le manuscrit des Illuminations ». Henry de Bouillane de Lacoste adopte déjà cette formulation dans son édition critique de 1949, bien qu’il remarque que « les autographes des Illuminations sont de plusieurs écritures différentes, qui vont de la fin de 1873 ou du début de 1874 à 1875 » (1) et qu’« il est clair que toutes ces proses étant sans lien entre elles, leur ordre importe peu, et qu’un classement en vaut un autre » (2).

Le Propre et le sale, Georges Vigarello

Ecrit par Eddie Breuil , le Jeudi, 11 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Points, Les Livres, Critiques, Histoire, Essais

Le Propre et le sale, 2014, 282 pages, 8,10 € . Ecrivain(s): Georges Vigarello Edition: Points

 

Avec Le Propre et le sale, Georges Vigarello poursuit ses recherches ou plutôt ses récits historiques de vulgarisation. Après ses histoires du corps, de la virilité, de la beauté… une histoire des représentations des notions de propre et de sale.

Georges Vigarello fait démarrer son analyse au Moyen-Âge (pour l’époque latine, le lecteur intéressé pourra se reporter au récent ouvrage de Michel Blonski, Se nettoyer à Rome, paru aux éditions des Belles Lettres). L’approche n’est pas chronologique mais thématique. Georges Vigarello aspire à montrer par quels biais se pratique l’hygiène. Une des particularités de l’ouvrage est d’indiquer que les critères de l’hygiène liés à l’eau seraient anachroniques, puisque, dans certains contextes, l’eau n’est pas le plus évident principe pour rendre propre, et entre notamment en concurrence avec le linge ou avec les toilettes sèches (sans eau). Pourtant, le plan de l’ouvrage combat difficilement cette erreur de jugement puisqu’une seule partie (la deuxième « Le linge qui lave ») sur les quatre n’est pas consacrée à l’eau.

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Denis Diderot

Ecrit par Eddie Breuil , le Lundi, 01 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Éd. Droz, 2013, 297 pages, 32 € . Ecrivain(s): Denis Diderot

 

Neveu de Rameau

 

Les éditions Droz publient une nouvelle édition par Marian Hobson du Neveu de Rameau. La dernière en date chez le même éditeur était celle de 1950 par Jean Fabre. Jean Fabre avait été l’éditeur des Œuvres complètes de Diderot, se penchant particulièrement sur les problèmes d’établissement du texte. Autre époque, autres règles : la nouvelle édition ne se penche plus réellement sur ces problèmes, posant comme une évidence le recours à l’autographe publié en 1891 (ou plutôt aux éditions l’ayant collationné). La traduction de la version Gœthe est ainsi oubliée. Même si elle s’écarte forcément de l’original, elle pouvait être intéressante pour le nombre et l’importance de ses lecteurs. La section « Le Texte » montre que l’histoire de l’édition a son importance dans le cas de cette œuvre.

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Federico Zeri

Ecrit par Eddie Breuil , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Payot, Critiques, Italie, Arts, Essais

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Trad. (Italien) Maël Renouard, octobre 2013, 211 p. + illustrations, 20 € . Ecrivain(s): Federico Zeri Edition: Payot

 

 

Qu’est-ce qu’un faux ?

Le volume Qu’est-ce qu’un faux ? est divisé en cinq sections : trois communications et deux entretiens. Le « faux » est le point commun, mais pas nécessairement l’aspect principal abordé dans toutes ces sections. Dans les deux premières, l’historien de l’art Federico Zeri rappelle l’importance de ne pas isoler une œuvre d’art, mais de la replacer dans le contexte dans lequel elle a émergé : une œuvre est déterminée par son époque, par des impératifs qui lui sont souvent étrangers. Or, pour détecter un faux, il est précisément utile d’identifier les anachronismes et plus généralement toutes les incohérences perceptibles sur le plan de la critique interne. La connaissance des techniques des artistes et de la qualité d’exécution des œuvres sont des impératifs pour aborder la question des faux.