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Articles taggés avec: Didier Ayres

Entre, Philippe Jaffeux

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 20 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Entre, éd. LansKine, 2017, 12 € . Ecrivain(s): Philippe Jaffeux

 

Philippe Jaffeux ou la poésie fracturée

Comme il reste difficile d’englober l’expression entière du dernier recueil de Philippe Jaffeux, on pourrait accéder cependant à cette œuvre poétique grâce à deux moyens : une étude horizontale et une étude verticale, car les deux lignes de lecture sont souhaitables. Et tout d’abord, au niveau horizontal, où l’on voit à l’œuvre une fracture du poème, des écrits discontinus par des dispositifs graphiques divers – qu’il s’agisse de triangles/mastabas, ou de carrés/formes suprématistes, ou encore de cercles/trous – on devine là une éruption formelle, un jaillissement graphique. De fait, nous sommes confrontés au hasard, à un certain hasard – comme un coup de dés – mais surtout confrontés à une rigueur méthodique qui a dû requérir une attention soutenue au travail éditorial du livre.

Horizontale encore, cette qualité de la prose qui s’organise comme autant de vers mis bout à bout, sans ponctuation, mais avec des espaces à la fin des phrases et des majuscules à la nouvelle phrase – un retour à la ligne comme pour un nouveau vers. On respire ainsi au souffle même de l’auteur qui, lui, scande sa langue sur un rythme personnel et avec suffisamment de méthode pour, à la fois, interroger la rhétorique et ne pas se livrer entièrement à l’application d’un système.

A propos de Infiniment à venir, Henri Meschonnic, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 15 Mars 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques, Poésie

Infiniment à venir, Henri Meschonnic, Arfuyen, février 2017, 88 pages, 11 €

 

Poésie de la grâce

Je connais Henri Meschonnic d’abord pour sa poésie. Ainsi, avec ce recueil posthume que publient les éditions Arfuyen, je découvre une partie de l’appareil critique de l’auteur et sa parole de penseur de la poésie. Et même dans l’intellection de sa poétique, on retrouve une voix frappante et personnelle. Car, on peut voir dans la poésie elle-même, le centre de sa pensée critique, notamment son travail très singulier de traducteur

vides de moi

vides de toi

un champ où se cultive

l’oubli

À propos de Petits riens pour jours absolus, de Guy Goffette, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 06 Mars 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Une poétique des choses banales

à propos de Petits riens pour jours absolus, de Guy Goffette, Gallimard, juin 2016, 120 pages, 14 €

 

Pour un primo-lecteur de la poésie de Guy Goffette, ce dernier recueil qu’il publie chez Gallimard laisse entendre une intelligence de la chose poétique, mais sans l’ethos compliqué parfois que l’on rencontre dans la poésie contemporaine. C’est alors un voyage complice que l’on fait avec le poète, parmi ces petits riens qui font la banalité des jours. Mais le banal ne suffit pas à justifier l’existence du poème, et il faut regarder ailleurs – notamment ici vers des poètes comme Paul de Roux ou Guillaume Apollinaire – dont Guy Goffette revisite la poétique par exemple, dans un langage simple, abordable, sobre et presque enfantin.

A propos de Ainsi parlait Oscar Wilde (Arfuyen)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 20 Février 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Le dandy blessé

Ainsi parlait Oscar Wilde, Oscar Wilde, Arfuyen, janvier 2017, trad. Gérard Pfister, 165 pages, 13 €

 

Il y a sans doute une double inflexion dans l’œuvre d’Oscar Wilde, inflexions qui recoupent les genres qu’il a parcourus – théâtre, roman, textes divers, correspondance… –, et qui reposent sur des faits objectifs. Tout d’abord, la vie de l’homme, et son destin, aristocrate irlandais qui a subi un déclassement social, qui l’a conduit jusqu’à la mort à Paris en 1900. Son inculpation d’homosexualité, la vieille Angleterre victorienne, le harcèlement de sa société, représentent un grand arc historique qui marque l’écrivain. C’est l’inflexion la plus visible, et la plus douloureuse.

Michel Foucault, Un très beau feu d’artifice, Revue Critique n°835

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 07 Février 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Revues, Les éditions de Minuit

Michel Foucault, Un très beau feu d’artifice, Revue Critique n°835, décembre 2016, 11,50 € Edition: Les éditions de Minuit

 

Michel Foucault à la croisée

Pour un lecteur qui n’a que l’intelligence de deux ou trois livres de Michel Foucault, il est évidemment d’un intérêt supérieur de parcourir le numéro de décembre dernier de la Revue Critique, qui se consacre encore une fois au philosophe, lui qui a rayonné dans le monde, et qui a ouvert des voix de recherches dans le monde des idées. Cette œuvre d’ailleurs n’est pas encore totalement défrichée, sachant qu’il reste des milliers de pages manuscrites, ce qui laisse entendre le travail bibliographique ou génétique qu’il reste à accomplir (même si M. Foucault ne voulait pas de publications posthumes, et a interrogé la question de l’auteur avec virulence). Ainsi, pour ce lecteur dont je parle, le statut même de philosophe est tendancieux, car on voit également chez Foucault un homme de lettres à la croisée de l’histoire, de la phénoménologie, de la sémantique et du structuralisme, et aussi un écrivain tout simplement. Ce n’est d’ailleurs qu’un aspect de la livraison de Critique, dans la mesure où elle colle avec une certaine actualité, celle du passage de l’œuvre de Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade.