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Articles taggés avec: Didier Ayres

Mère (3), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 28 Septembre 2016. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Que disais-tu tout à l’heure ?

Je parlais de la maison.

C’est au milieu du thorax.

C’est une question de pression artérielle.

Une altération de l’unité corporelle.

Qui se transforme en affection chronique, tout le monde le sait.

Je connais le milieu hospitalier.

Les affections psychiques ?

Le milieu psychiatrique.

Mère (2), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 21 Septembre 2016. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Ma mère était à moitié endeuillée.

Et cette anecdote est connue jusqu’en Allemagne.

Une production de la télé allemande.

Oui quelque chose sur le Tibet éternel.

Il y a eu une grève, des licenciements, une lutte pour conserver les postes de journalistes sur la chaîne, et puis, le chômage, les emplois précaires et ce monastère d’Annecy.

Ou sinon, une nuit de trop.

La mort.

Là, au milieu de la chambre. Notre mère qui regarde et qui voit le chat blotti sous le lit, et l’odeur d’urine, de vomi, cette lumière au plafonnier qui était restée allumée deux jours.

Ecoute.

Mère (1), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 13 Septembre 2016. , dans La Une CED, En Vitrine, Ecriture, Ecrits suivis

 

Les personnages ont le visage éclairé par un projecteur qui laisse le restant de la scène dans l’ombre ; peu à peu durant le déroulement de la pièce, on voit le décor : une maison abandonnée où les meubles sont recouverts de draps, et où règnent l’immobilité et en quelque sorte, le silence.

 

Toutes les espèces de mort, et l’atmosphère de mort.

Le gloire posthume, tu y crois ?

Ma sœur a été moniale dans un monastère bouddhiste. Trois années, trois mois, trois jours et trois heures. Voire trois minutes.

Elle ? Elle a toujours été inspirée par la musique, du jazz que son ami du moment collectionnait chez Crocodisc.

Une poésie du lien - à propos de deux livres des éditions du Lavoir St-Martin 

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 06 Septembre 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

à propos de deux livres des éditions du Lavoir St-Martin :

D’ors et de ciel, Pascale Anglès, mai 2016, 55 pages, 15 €

Chemin de feu, Bernard Grasset et Glef Roch, 2013, 87 pages, 20 €

 

C’est lors d’une soirée et d’un récital de poésie dans la résidence d’été de l’éditrice du Lavoir S-Martin, que j’ai rencontré la poétesse Pascale Anglès, laquelle m’a offert son recueil paru en mai dernier. Par la même occasion, Bernard Grasset m’a lui aussi offert un recueil de textes poétiques sur la peinture de Glef Roch. Ainsi, je suis reparti dans la chaude nuit limousine, avec ces deux livres qui m’ont frappé tout autant par leur adresse que par la qualité des textes. Et comme tout cela revient au mérite de Marie-Noëlle Chabrerie, l’éditrice de ces deux ouvrages, j’ai décidé de rassembler ces deux lectures car elles présentaient toutes les deux un terme commun, le lien, une poésie du lien.

Le livre pluriel - à propos de Une petite fenêtre d’or de Mireille Gansel

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 02 Septembre 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Une petite fenêtre d’or, Mireille Gansel, éd. La Coopérative, septembre 2016, 160 pages, 19 €

 

Pour résumer mon impression, diverse et variée, au sujet de la Petite fenêtre d’or que Mireille Gansel publie aux éditions La Coopérative, je rassemblerais ces divers faisceaux de lecture par une formule : l’art du fragment, le fragment des arts. En effet, nous sommes en présence d’un livre, d’un feuilletage, d’un étagement, un patchwork où s’arc-boutent les villes traversées, les langues parlées ou traduites, les livres et les personnes vivantes ou disparues mais souvent aimées. On peut ouvrir cette petite fenêtre qui donne sur l’univers de Mireille Gansel, pour y découvrir une femme de lettres qui fréquente les poètes et sait en tirer une expérience. Ainsi, sur le fond d’une quête d’identité et sous le rapport de la relation au prochain, on vit, à l’aune de l’écrivaine, un véritable compagnonnage avec autrui – l’accueil fait à l’Autre –, en compagnie d’une langue classique tirant parfois vers l’expérimental – grâce aux contacts avec les poètes peut-être ?