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Articles taggés avec: Didier Ayres

Photos-impressions, Daniel Grojnowski, éd. Obsidiane

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

Photos-impressions, Daniel Grojnowski, éd. Obsidiane, col. Le legs prosodique, novembre 2014, 694 pages, 14 €

 

La réalité, le rêve, le poème

Puis-je donner sincèrement mon sentiment de hantise du livre de Daniel Grojnowski, sentiment que j’associe à la description de 102 rêves à quoi se livre le poète dans ce livre – description faite sous forme de dizains en vers libres et sans ponctuation, pour mieux rendre le caractère fluide des rêves en question – sincèrement donc, car c’est une impression personnelle et un peu intime. Je dis hantise car avec la lecture de cet ouvrage, j’ai repassé les images et certaines situations qui ont hanté mon travail d’analyse, il y a vingt ans. J’ai repris là mes rêves, mes labyrinthes, mes voitures et mes objets égarés, mes diplômes qu’il fallait repasser, des visions. Et si le projet du livre tenait simplement à cet effet, il serait déjà réussi.

La Donation du monde, Christian Doumet

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 20 Janvier 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

La Donation du monde, Christian Doumet, éd. Obsidiane, mai 2014, 64 pages, 14 €

 

Le récit d’un fruit à graines

Déjà, avec le premier « tiens » du livre, on se sent convié, concerné et pris, pris pratiquement dans une espèce d’ontologie de la grenade, le fruit à graines, en une sorte de voyage, de récit narcissique et personnel. Ce qui veut tout de suite dire que l’on suit le destin de la grenade depuis son rouge naturel vers le noir, qualité propre à ce fruit, qui conserve bien armée une quantité de petits grains, à la fois solide et en contact avec l’amertume de la peau – qu’elle soit rouge ou noire. Ce qui veut dire encore une fois que le lecteur que je fus se faisait le témoin d’une aventure de langage, parcours presque charnel que m’a fait fréquenter le poème. Lors si Bei – personnage principal – est pour cela présente derrière la grenade en question, si Bei donc se déplace, elle fait glisser à elle Shanghai jusqu’en la rue Mouffetard. Bei incarne désormais une sorte de route vers un principe poétique.

Composer de la musique aujourd’hui, Michèle Reverdy

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 05 Décembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Composer de la musique aujourd’hui, Michèle Reverdy, éd. Klincksieck, coll. 50 questions, 2007, 216 pages, 15 €

 

Michèle Reverdy, une personne vivante

Je voudrais écrire quelques mots sur une personne et un livre à la coupure de différents faisceaux d’intérêts qui sont miens, amicaux et intellectuels. Amitié et reconnaissance de Michèle Reverdy, la compositrice de Médée – commande de l’Opéra de Lyon – qui m’a confié les deux dernières pages manuscrites de la partition dudit opéra (1). J’ai donc un point de vue à la fois très argumenté et personnel de la production de la compositrice, qui nous livre dans son ouvrage chez Klincksieck une vraie parole d’artiste. Et pour mieux dire, je crois utile de préciser que cet autographe me hante un peu, à la manière d’un vin dont les notes pourraient être des grappes, dont les clusters pourraient devenir une musique dionysiaque et vibrante, et constituer une œuvre vivante d’aujourd’hui.

Notebook, Joë Bousquet

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 17 Novembre 2014. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Une écriture de chair

Il n’est peut-être pas abusif de dire combien les éditions Rougerie ont compté pour la diffusion du poète et écrivain Joë Bousquet, même si cette ligne éditoriale remonte aux années 60, où l’éditeur de Mortemart a publié un premier livre de l’auteur de Carcassonne. Car cette œuvre semble passer le temps. Ne pas s’amoindrir par l’époque. Je dis cela en connaissance de cause car ce Note-Book est arrivé à moi par les mains d’Olivier Rougerie, ce qui laisse entendre la fidélité extraordinaire de ce vrai éditeur limousin, livre qui m’a tenu un discours, que je vais essayer maintenant de vous  communiquer.

Ce livre est constitué de deux parties. Une trentaine de pages de réflexions assez abstraites, et une vingtaine de feuillets biographiques, lesquels permettent de connaître l’auteur vu par lui-même. On sait donc que Joë Bousquet, blessé sur le front en 14, est resté alité jusqu’à la fin de ses jours dans une chambre à Carcassonne. Et il a produit là une œuvre importante et pour finir peut-être un peu confidentielle, si je puis m’avancer sur ce sujet. À bien réfléchir cette littérature de l’isolement, de la réclusion est assez typique des personnes immobilisées dont le seul et dernier recours est d’écrire. Le poète de Carcassonne est de cette espèce.

Les Degrés de l’incompréhension, Max de Carvalho

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 07 Novembre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Documents

 

Les Degrés de l’incompréhension, Max de Carvalho, éd. Arfuyen, octobre 2014, 158 pages, 14€

 

« alors l’heure en elle-même s’efface »

Comment aborder l’étude de ce beau livre des Cahiers d’Arfuyen, qui sort de la plume de Max de Carvalho, le traducteur de Herberto Hélder, le grand poète portugais ? Oui, comment en venir à l’essentiel, à ce qui reste de l’écume du temps et du poème ? Comment décrire le précipité – au sens des sciences physiques – des sentiments que j’ai éprouvé à la lecture de ce recueil de vers ? Et bien d’abord en regardant la scansion, comment l’ouvrage est élaboré en parties, titres, sous-parties, sous-titres qui, pour finir, dresse un tableau d’aspect proustien, qui m’a beaucoup touché.