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Articles taggés avec: Didier Ayres

Shakespeare, une vision du monde, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 09 Février 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

à propos de Shakespeare, éd. Arfuyen, coll. Ainsi parlait, janvier 2016, édition bilingue, trad. William English, Gérard Pfister, préface Gabrielle Althen, 176 pages, 13 €

 

Il n’est pas facile de résumer ici mes sentiments à l’égard de ce livre que publient les éditions Arfuyen dans une toute nouvelle collection, car la tâche semble écrasante. Comment rassembler mes idées sur l’immense dramaturge et poète anglais, que je côtoie depuis si longtemps, Shakespeare donc ? Car, traverser grâce à des dits, maximes et citations divers, l’œuvre presque entière de l’écrivain est une gageure de grande ambition. D’ailleurs, à ce sujet, cette édition bilingue est facile d’accès et procède par thématiques plus ou moins apparentes, ce qui génère une lecture en focale resserrée d’un ensemble de textes de l’auteur élisabéthain. C’est à la fois au plaisir de lire cette poésie extraordinaire et encore d’exercer une intellection de la pensée du poète, qui permet de saisir la philosophie, voire la morale de William Shakespeare.

Alain Suied ou La Pensée poétique

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 05 Février 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

à propos de Alain Suied, L’attention à l’Autre, sous la direction de M. Finck, P. Maillard et P. Werly, éd. Presses Universitaires de Strasbourg, 2015, 15 €

 

Connaître un poète, c’est bien sûr lire ses livres, mais c’est aussi apprécier l’homme, sa biographie et l’articulation de sa pensée. Et c’est à cette dernière tâche que nous convie ce livre publié par les Presses Universitaires de Strasbourg, qui est le résultat du colloque organisé à Strasbourg en février 2013, autour du poète défunt, Alain Suied. Pour moi, aujourd’hui, il s’agit d’ajouter à cet ouvrage ma parole de lecteur de poésie, d’écriture contemporaine, mais non pas d’un point de vue scientifique, car l’ouvrage le fait très bien, mais avec ma sensibilité personnelle sur ces pages savantes autour de l’œuvre de ce poète, qui fut historiquement publié par les éditions Arfuyen, maison que j’ai beaucoup à cœur.

Un poète du désir - à propos des Sonnets de Germont

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 18 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Sonnets de Germont, éd. La coopérative, 2015, 9 €

 

Le premier livre de la jeune maison d’édition La coopérative, dirigée par Jean-Yves Masson et Philippe Giraudon, prête la voix à une poésie très écrite, très cadencée et presque classique, d’une certaine manière académique – dans le sens d’une application consciencieuse –, et cette dernière épithète ne me fait pas peur. Car ce livre, écrit par un jeune homme de vingt-et-un ans, au milieu des années 80, qui est resté inédit trente ans dans les cartons de Jean-Yves Masson, résiste à notre époque d’aujourd’hui justement parce qu’il est d’une facture simple et harmonieuse. Pour mon propre compte, j’ai d’ailleurs aimé cette « humeur » (le mot mood en anglais est peut-être plus juste), ce chuchotement des années 80, qui suggère un air du temps que j’ai connu au même âge que le poète Germont, un temps pour finir assez sombre et angoissant. Ce furent pour moi aussi, des années de désir, de ce désir de jeune personne éprise du jeu de hasard de la beauté, guidée par une étoile vers l’amour de l’autre, et sujet à cette angoisse de mourir.

La poésie autofictionnelle de Sanda Voïca

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 12 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

à propos de Epopopoèmémés, de Sanda Voïca, éd. Impeccables, 2015, 22 €

 

Avant d’en venir à ce qui fait le fond de ma lecture du recueil que Sanda Voïca publie aux éditions Impeccables, il faut parler de la forme que prend le livre. En effet, il est rédigé comme un journal intime qui, en 37 poèmes, couvre la période du 28 novembre 2011 dans l’après-midi, jusqu’au 15 mars 2012, lesquels franchissent le guet de l’année 2011/2012. Ces précisions ont leur importance, car ce journal qualifie cette traversée qu’entreprend Sanda Voïca avec ses lecteurs, dans la mesure où l’on lit ce qui a été écrit certains après-midis, ou durant des nuits d’insomnie, comme une confession personnelle et belle. Nous voilà ainsi pris par un univers autofictionnel qui nous permet d’observer la vie dans ses détails, accompagnés d’une poète, laquelle écrit ses poèmes sous la figure tutélaire d’Alain Jouffroy, qui ne quitte pas ces cinq mois d’écriture.

Un voyage en fragments - à propos de Hellade, de Bernard Grasset

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 04 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Hellade, Bernard Grasset, éd. Le Lavoir Saint-Martin, novembre 2015, 119 pages, 15 €

 

Socrate et Platon    Saint Paul

Morale et philosophie  Exégèse

 

Je connaissais Bernard Grasset pour ses traductions de l’hébreu et du grec, et j’ai déjà écrit quelques notes sur ses travaux. Aujourd’hui, je voudrais évoquer mon chemin de lecture avec Hellade, le dernier livre de l’auteur, dont la photographie de couverture – méditerranée, et îles grecques sans doute – évoque très vite de quoi il s’agit. Comme la photographie de couverture de l’ouvrage et le titre nous invitent au voyage, j’ai pensé assez vite au voyage en Italie de Montaigne, qui partait pour les eaux italiennes et allemandes avec son valet, valet d’ailleurs qui lui a donné du souci. Mais, même si ce livre prend la forme d’un journal, il est rapidement apparent que l’objet fini a été élaboré en plusieurs étapes car peu de notes brutes sont livrées au lecteur. Et puis, la quantité de citations grecques demandaient sûrement un séjour dans la bibliothèque de l’artiste. D’ailleurs, l’auteur indique à la première ligne le bureau où il écrit, non loin de son fils qui joue du piano-orgue.