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Le flash dépressif du pilote allemand de la Lufthansa

Ecrit par Daniel Sibony , le Mardi, 19 Mai 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Le flash dépressif du pilote allemand

 

On sait que la déprime, moyenne ou grave, est une formation narcissique où rien d’autre ne compte pour le sujet que lui-même… en train de dire et de penser que rien ne compte, que la vie n’a pas d’intérêt, ne mérite pas d’être vécue, etc. Mais il faut qu’il soit là pour le dire et s’entourer de la compassion de ses proches.

L’acte « suicidaire » du copilote allemand montre jusqu’où peut aller l’aspect narcissique, puisqu’il englobe littéralement le corps des autres qui l’entouraient. De son point de vue, il s’est tué tout seul, il n’a pas trouvé place dans sa tête, pour une représentation des autres, dans leur vie propre et leur autonomie. C’est comme s’il s’écrasait en étant enveloppé par l’avion plein de présences neutres, non-signifiantes, faisant partie de son décor. On sait que certains déprimés traînent pendant des années leur déprime et leur promesse de mourir, mais se contentent d’en « faire baver » aux personnes de leur entourage. Cet homme, lui, les a fait crever, presque en passant ; ces gens ne comptaient pas pour lui ; ils l’accompagnaient simplement ; il ne le leur a pas « demandé », puisqu’ils ne comptaient pas.

Comment devient-on un tueur pour la bonne Cause ?

Ecrit par Daniel Sibony , le Mercredi, 22 Avril 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Beaucoup ont du mal à comprendre qu’un homme puisse tuer et se tuer pour une grande cause, une religion une idéologie. Pourtant le phénomène existe, mais leur résistance à le comprendre semble être leur façon de dire : nous n’avons avec cet homme aucun point commun, aucune identification. Voilà qui est peut-être à leur honneur, mais qui n’aide pas à y voir clair. On doit pouvoir identifier des choses avec lesquelles on n’a « rien à voir », a priori.

Donc, pour éclairer ce phénomène, partons de la pulsion de lien (1), qui fait qu’un homme a besoin de liens pour vivre, de liens qu’il considère comme vivants, qui lui épargnent la sensation pénible d’être seul au monde, et qui nourrissent son être au monde par le contact avec un groupe qui lui donne un peu de chaleur, de présence humaine. Cet homme peut donc rejoindre un groupe qui lui fournit de l’appartenance, qui peut même le mettre en scène et en valeur. Imaginons qu’il ait rejoint dans les années 50 un parti communiste. Il en reçoit, à tort ou à raison peu importe, le sentiment de lutter pour abolir l’injustice, l’exploitation, etc. Tout en jouissant du coude à coude fraternel avec ses camarades, il accède à ce qui distingue son groupe des autres, par exemple à la haine qu’il nourrit envers « l’ennemi de classe », les « agents du pouvoir », etc.

À propos de l’exécution des journalistes de Charlie Hebdo et du meurtre des Juifs (Daniel Sibony)

Ecrit par Daniel Sibony , le Jeudi, 22 Janvier 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques, Côté actualité

 

 

Au journal, ils pensaient travailler en France, sous la protection de la loi française. Erreur fatale : il y a la loi française et il y a aussi la charia, la loi islamique, qui aujourd’hui encore, dans des pays musulmans, punit de mort ceux qui se moquent de la religion, qui n’en parlent pas comme il faut, avec une dévotion sans réserve. Donc, un groupe d’islamistes qui est venu exécuter la charia sur ces journalistes qui, croyant vivre sous la loi française, ne pensaient pas transgresser en faisant des caricatures de l’islam. Ils ont fait comme si, en France, la charia et la loi française n’étaient pas rivales (et dans certains territoires – que des historiens qualifient de perdus pour la République, puisque même la police n’y va pas – il n’y a qu’une loi, la charia.) Et les juifs, dans leur boutique hyper-cachère, croyaient que la France les protégeait du djihad ; du djihad français.