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Articles taggés avec: Cyrille Godefroy

La Thébaïde ou les Frères ennemis, Jean Racine, poème par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 30 Octobre 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

La Thébaïde ou les Frères ennemis, Jean Racine, Folio, 2010, 224 pages, 6,60 €

 

Thèbes où deux frères se disputent le pouvoir,

Jocaste leur mère pleure de désespoir,

Antigone leur sœur déplore leurs méfaits,

Sous un ciel assombri elles implorent la paix.

Cet autre amour, Dominique Dyens

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 24 Octobre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Roman, Robert Laffont

Cet autre amour, août 2017, 234 pages, 18 € . Ecrivain(s): Dominique Dyens Edition: Robert Laffont

 

Le trouble irréversible

Dans Cet autre amour, Dominique Dyens, l’auteure de La femme éclaboussée (2000), Délit de fuite (2010) et Lundi noir (2013), accouche d’une autofiction psychanalytique qui n’est pas sans rappeler la chronique intimiste tenue par Ferdinando Camon dans La Femme aux liens, ou, à certains égards, le compte rendu psychologique des expériences limites d’Anaïs Nin avec ses analystes, passage à l’acte en moins.

Épouse et mère accomplie, écrivaine reconnue, la narratrice a réussi sa vie, tant dans le domaine privé que professionnel. Toutefois, suite au désarroi et à l’angoisse provoqués par l’accident survenu à son mari, elle entame, à reculons, une psychanalyse. Commence alors un voyage dans le labyrinthe de la psyché qui trouble la surface du présent et perturbe le bonheur apparent. Fouiller dans les tréfonds de l’âme n’est pas sans incidence. Entre la résurgence des souvenirs d’enfance, la reviviscence des émotions rentrées, l’analyse des rêves, la narratrice brasse la mixture entière de son passé, creuse des galeries susceptibles de fragiliser son architecture identitaire et narcissique. Cerise sur le divan, cette plongée dans l’inconscient tend à tarir son inspiration créatrice.

Un amour de soi, Serge Doubrovsky

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 04 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Folio (Gallimard), Roman

Un amour de soi, 525 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Serge Doubrovsky Edition: Folio (Gallimard)

 

L’envers des mots, de l’amour

Serge Doubrovsky (1928-2017), père de l’autofiction et professeur de littérature française, a fait de sa vie un long roman, tout sauf tranquille. À travers son rapport aux autres, particulièrement aux femmes, il parle de lui, sous toutes les facettes, sous toutes les coutures, de A à Z, et le cul ne reste pas lettre morte. Au-delà de cette propension autotélique assumée, l’écrivain d’origine franco-russe a inventé une scriptographie sui generis, a forgé une langue déglinguée, poétique, déroutante qu’il déroule à l’envi dans Le fils (1977), Le livre brisé (1989)… et qu’il porte à son apogée dans Un amour de soi (1982), clin d’œil ironique à Un amour de Swann.

Le narrateur d’Un amour de soi, Serge Doubrovsky en personne, est un professeur de 42 ans exerçant entre Paris et New-York, marié, deux enfants. Il fait la connaissance de Rachel, « la juive new-yorkaise type, intelligente, névrotique », future enseignante elle aussi. Elle n’est pas son genre. Normal, Serge est un homme. Une fois ce détail remisé, ils exécutent leur première cabriole coïtale, formalité rapidement expédiée, trop rapidement au goût de la jeune femme de 27 ans :

La femme aux liens, Ferdinando Camon

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 21 Août 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Italie, Roman, Gallimard

La femme aux liens, trad. de l'italien Danielle Dubroca, Jean-Paul Manganaro, 252 pages, 14,25 € . Ecrivain(s): Ferdinando Camon Edition: Gallimard

 

Une psychanalyse vue de l’intérieur

La psychanalyse. Lieu de tous les possibles. Lieu de tous les mots. De tous les maux. Agonie du non-dit ou non-lieu.

La psychanalyse. Rencontre entre deux personnes. Deux étrangers. Que dire à un étranger ? Comment ? Par où commencer ?

Rencontre de deux univers, de deux entités distinctes réunies par un artifice, un hasard, un vice caché.

Michela, enseignante, mal mariée, la quarantaine angoissée. Une femme qui s’éloigne de la vie.

La psychanalyse, sinon le suicide.

Sur Tropique du Cancer suivi de Tropique du Capricorne, Henry Miller, par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 27 Juillet 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Tropique du Cancer suivi de Tropique du Capricorne, Henry Miller, Stock, 2005, trad. Paul Rivert, Georges Belmont, 826 pages, 26 €

 

Tropiques explosifs

En 1930, Henry Miller, bientôt 40 ans, est un homme à la dérive et un artiste raté. Son deuxième mariage avec June Mansfield, femme fatale et manipulatrice, ne mène nulle part, si ce n’est vers l’abîme. Ses trois premières tentatives romanesques ont achoppé par excès de fadeur et d’académisme. Impatient de s’affranchir de la servitude argentée de l’American way of life, Miller se résout à quitter sa patrie et son cauchemar climatisé. Il débarque à Paris en mars 1930, seul et sans le sou. Contraint à un vagabondage picaresque oscillant entre inanition et émerveillement, il arpente les rues parisiennes, squatte les terrasses de café, enchaîne les hôtels miteux :