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Nouvelles orientales, Marguerite Yourcenar

Ecrit par Célia M. Grzegorska , le Mercredi, 09 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Gallimard

Nouvelles Orientales, 143 p. 7,55 € . Ecrivain(s): Marguerite Yourcenar Edition: Gallimard

 

Les Nouvelles Orientales : un petit coffre doré qu’il faut manier et ouvrir avec précaution. A l’intérieur, brodées d’une étoffe stylistique sans égale et de joyaux d’un Orient mystique et perdu, dix nouvelles uniques en leur genre : Comment Wang-Fô fut sauvé, Le sourire de Marko, Le lait de la mort, Le dernier amour du prince Genghi, L’homme qui a aimé les Néréides, Notre-Dame-des-Hirondelles, La veuve Aphrodissia, Kâli décapitée, La fin de Marko Kraliévitch, La tristesse de Cornélius Berg. Dix nouvelles à découvrir peu à peu, jamais d’une seule traite.

Car ce petit volume paru dans la fabuleuse collection l’Imaginaire de Gallimard ne laisse pas indifférent. Il provoque malaise, fascination et trouble, parfois dans la même nouvelle. Toutes contiennent un mystère qui semble impossible à résoudre, à la limite du fantastique ou du merveilleux. Souvent les histoires mêlent les thèmes les plus oniriques de la littérature : l’amour, la mort, le rêve. Elles sont souvent prétextes au voyage divin et à la réflexion philosophique.

Nouvelles d'ados, Prix Clara, Collectif

Ecrit par Célia M. Grzegorska , le Samedi, 03 Novembre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Héloïse D'Ormesson

Nouvelle d’ados, Prix Clara, septembre 2012, 221 pages, 15 € Edition: Héloïse D'Ormesson

Il existe des ouvrages qui, à peine entr’ouverts, dessinent d’eux-mêmes des cartes nettes, des topographies très précises d’émotions que nous avions délaissées en feuilletant trop longuement les ouvrages universitaires ou les théories littéraires. Il suffit de se laisser guider pour en retrouver le chemin…

Dans ces nouvelles écrites par des adolescent(e)s, huit mondes ouvrent leurs portes et nous incitent à revoir notre vision de l’existence. Entre poésie des mondes imaginaires, discussions de fœtus avant leur naissance ou échange épistolaire à sens unique dans le Berlin occupé, le lecteur est happé dans une valse d’histoires diverses et variées.

Les jeunes plumes, âgées de 14 à 17 ans, nous content avant toute chose leur amour premier pour les lettres et leurs inspirations. Puis, suivant sur la pointe des pieds les traces de leurs aînés, nous entraînent dans leurs histoires où résonnent comme des échos lointains, Queneau, Wilde, Maurice Carême et Rimbaud. Les titres, dès leur découverte (Et après ?, Points de vue ; Le monde est couleur ; Mon Alban ; Les Playmobils ne jouent pas à cache-cache ; Vertige ; Esquisse pour un chaos d’encre et de sang ; Dans ma cité) provoquent la curiosité quant au message à délivrer.

Le voyage d'hiver, Georges Perec

Ecrit par Célia M. Grzegorska , le Jeudi, 18 Octobre 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Seuil

Le voyage d’hiver, octobre 1993, 33 pages, 5,10 € . Ecrivain(s): Georges Perec Edition: Seuil

 

Nous voici en août 1939. Dans l’immense bibliothèque de Denis Borrade, l’un de ses amis, le professeur de lettres Vincent Degraël erre en quête du livre qui lui dérobera son sommeil. Après avoir feuilleté quelques pages de différentes œuvres, il découvre un ouvrage nommé Le voyage d’hiver qui, dès les premières pages, se révèle si fascinant qu’il se retire immédiatement pour le lire entièrement. L’auteur, Hugo Vernier, est un illustre inconnu qui a forgé son histoire en deux parties : l’une minuscule, l’autre bien plus fournie, plus lyrique, plus puissante. Totalement captivé mais soudain saisi par une étrange sensation de déjà-vu, Vincent Degraël se rend compte, peu à peu, que l’ouvrage reprend mot à mot les formules les plus célèbres d’auteurs symbolistes ou de prosateurs renommés, de Victor Hugo à Mallarmé, en passant par le troublant Lautréamont. D’abord intrigué, voire quelque peu amusé par cet immense plagiat, le narrateur bascule dans un étrange vertige lorsqu’il comprend que l’ouvrage a été publié en 1864, soit avant que tous les auteurs « plagiés » n’aient encore écrit leurs propres ouvrages…

Du coeur des ténèbres, j'ai crié - Apocalypse delaumienne

Ecrit par Célia M. Grzegorska , le Lundi, 03 Septembre 2012. , dans La Une CED, Les Dossiers

Chloé Delaume est un personnage de fiction. Née Nathalie Abdallah le 10 mars 1973, d’origine libanaise, métamorphosée plus tard en Nathalie Dalain pour les besoins d’une fiction française déjà collective, Chloé Delaume est un costume qui n’a plus jamais quitté la scène depuis le double meurtre familial. Hantée par la destruction des siens et les spectres dont la compagnie ne cesse de la glacer plus encore, la petite fille décide de devenir écrivain, d’abandonner son corps, de laisser s’échapper les voix et les pièces qui la composent. S’il est vrai que fêlures personnelles et littérature ont trop souvent fait ménage commercial avec le genre des mémoires ou du journal intime, la définition autofictive de Chloé Delaume s’éloigne du traumatisme existentiel couché sur papier glacé : chacun de ses ouvrages dissèque un aspect de la douleur, le lobotomise, l’irradie par un style acide et marquant.

Fille d’Artaud et de Vian, autrement dit d’un loup et d’un nénuphar, Chloé Delaume se déchire peu à peu afin d’exposer ses souvenirs au grand jour. Seulement, elle ne craint ni les mots ni leur emprise. En vingt ans, elle publie douze ouvrages en plus d’effectuer différentes performances sur le terrain musical et magique, et expérimente également les limites de la télévision (J’habite dans la télévision, Verticales, 2006) et des jeux vidéos (Corpus Simsi, Léo Scheer, 2002).