Identification

Articles taggés avec: Belkacem Meghzouchene

Origine, Dan Brown, par Belkacem Meghzouchène

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Origine, Dan Brown, JC Lattès, 2017, trad. anglais Dominique Defert, Carole Delporte, 576 pages, 23 €

 

 

Thriller maçonnique à l’affût de l’origine et du devenir de l’humanité

« D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »

Deux questions fondamentales et existentielles dont se propose l’auteur américain à succès, Dan Brown (54 ans), de répondre dans son cinquième roman encrypté, Origine. Fidèle à sa plume dégoulinant de suspense, d’intrigues et de codes cryptés, Brown traîne le lecteur en Espagne. Pas si fortuit comme choix spatial, vu la riche histoire du pays ibérique en termes d’œuvres d’arts et de beauté architecturale. Les quatre précédents thrillers se sont déroulés principalement à Rome (Anges et démons), Paris (Da Vinci Code), Washington (Le symbole perdu), et Florence (Inferno).

L’Enfant de l’œuf, Amin Zaoui (nouvelle critique)

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Jeudi, 14 Juin 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Maghreb, Roman, Le Serpent à plumes

L’Enfant de l’œuf, 2017, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Amin Zaoui Edition: Le Serpent à plumes

 

Un bibliomane aviné se livre à un caniche philosophe

Peau :« Et je la serre dans mes bras comme un mythe vivant, Lara ! ».

Première ode charnelle de L’Enfant de l’œuf, dixième roman en français signé par l’écrivain prodige et érudit, Amin Zaoui. L’œuvre narre la solitude d’un homme au sein d’une société algérienne mutante, intolérante, extrémiste, annulatrice, égoïste, et castrée de toute vocation citoyenne. La religiosité prime sur la civilité. L’absurde sur la raison. Il est question de la « phobie de l’autre », et de l’aliénation des valeurs humaines, mystifiées par la charlatanerie et la cagoterie. Zaoui nous étale une structure romanesque inhabituelle : il divise le texte en 287 chapitres de densités différentes, chacun portant un titre incongru, où se relaient deux voix conteuses, l’une humaine et l’autre canine ! Tel un Cube de Rubik, vous pouvez commencer à aborder ce texte moqueur des dogmes là où il vous chante, et le sens de l’histoire demeure intact. Un Zaoui pince-sans-rire.

Cristiani di Allah (Chrétiens d'Allah), Massimo Carlotto, par Belkacem Meghzouchene

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Lundi, 07 Mai 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Cristiani di Allah (Chrétiens d'Allah), Massimo Carlotto, Edizione E/O, Italie, 2008, 189 pages, 9 €

 

Alger vengea Grenade

Piraterie et « choc d’incivilisation » à Mare Nostrum

Cinq siècles avant Choc des civilisations dans pour un ascenseur Piazza Vittorio (traduit par Actes Sud), un best-seller superbement écrit par leromancier algérien, italianophone, Amara Lakhous (né en 1970, à Alger), la mer méditerranéenne fut le plus grand théâtre des chocs des entités Chrétien\Musulman, Occident\Orient, et Espagnol\Ottoman.

La mer méditerranéenne, ce bassin turbide ayant connu de courtes périodes d’accalmies relatives, et d’autres belliqueusement houleuses. L’écume des haines, par guerres sacrosaintes interposées, avait tant disjoint les deux rives diamétralement opposées. Qui arborait le Croissant, qui brandissait la Croix. L’Homme ne se lassait jamais d’effuser le sang des innocents. Les monarques se déclaraient les guerres avec faste, et les peuples en faisaient les frais… liquides Rouges, sous-entend.

La Dépossession, Rachid Boudjedra, par Belkacem Meghzouchene

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Mardi, 03 Avril 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

La Dépossession, Rachid Boudjedra, Grasset, octobre 2017, 220 pages, 18 €

 

Saignement de la mémoire d’un mûrier déraciné et véreux

L’écrivain majeur Rachid Boudjedra nous livre dans son dernier roman, intitulé La Dépossession, d’une œuvre littéraire fidèle à sa virulence connue et reconnue, à sa pertinence époustouflante, et à son érudition incontestable. Il nous possède dès l’entame de la lecture de cette fiction mature, telles les mûres de son jardin. « Mûrier, raccourci du monde cosmique », écrit-il plus loin.

« Mon enfance puis mon adolescence n’ont été que malheur et désastre ». Le narrateur, portant le diminutif de « Rac », Rachid ? évoque des « souvenirs cognant contre ses tempes », et est hanté par un passé lézardé, fougueux, voire libertin. Rac, l’obèse dès l’âge de quinze ans, concomitamment à la mort de son frère médecin à Londres, homosexuel de rumeur. Au lycée franco-musulman constantinois, il portait le sobriquet de Botty-Boffy.