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Articles taggés avec: Belfadel Tawfiq

Arabe, Hadia Decharriere (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 07 Mai 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Arabe, février 2019, 168 pages, 17 € . Ecrivain(s): Hadia Decharriere Edition: Jean-Claude Lattès

 

À la recherche du passé perdu

Après Grande section, Hadia Decharriere publie son nouveau roman, Arabe. Le roman relate l’histoire de Maya, une jeune Française qui travaille comme habilleuse. « Maya aime écouter l’habit et observer l’attitude qu’emprunte l’esprit selon l’étoffe qui pare le corps » (p.52).

Un certain matin, Maya se réveille en parlant parfaitement la langue arabe, une langue qu’elle n’a jamais connue ou apprise. Son mari et ses parents, son entourage, sont étonnés devant cette métamorphose. « Une langue que personne ne lui a transmise, ni son père ni sa mère, une langue dont elle ignore tout de l’histoire, une grande inconnue qu’elle a pourtant immédiatement reconnue, malgré elle, comme un reflexe qui, pour exister, se passe de volonté et de raison » (pp.22-23).

Maya commence alors sa quête pour identifier le secret de cette langue. En parlant arabe, tout ce qui a relation avec cette langue attire son attention : la gastronomie, les prénoms, et notamment la situation des femmes bafouées dans le monde dit arabe.

Une prière à la mer, Khaled Hosseini (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 29 Avril 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Arts, Les Livres, Albin Michel, Récits

Une prière à la mer, septembre 2018, ill. Dam Williams, 48 pages, 12 € . Ecrivain(s): Khaled Hosseini Edition: Albin Michel

 

Hommage aux migrants morts en mer

Un père syrien quitte son pays à bord d’une barque, portant son enfant Marwan dans les bras. Le père soliloque. D’une part, il évoque les beaux souvenirs de Homs : la ferme, les souks et ruelles animés, les gens chaleureux de différentes religions… La ville était un paradis.

« Si seulement tu avais de Homs le même souvenir que moi, Marwan. Dans les rues animées de la vieille ville, il y avait une mosquée pour nous autres musulmans, une église pour nos voisins chrétiens, ainsi qu’un vaste souk ou nous nous mêlions tous afin de marchander des pendentifs en or, des produits frais et des robes de mariée ».

D’autre part, il évoque les images noires dues le la guerre : les bombardements, les décombres, le sang… La ville devient un enfer. Ainsi, le père choisit la mer pour fuir la guerre et trouver un foyer ailleurs.

Médée chérie, Yasmine Chami (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 16 Avril 2019. , dans Actes Sud, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Maghreb, Roman

Médée chérie, janvier 2019, 144 pages, 15,80 € . Ecrivain(s): Yasmine Chami Edition: Actes Sud

 

La vie est une errance

Mère de trois enfants, Médée est sculpteur marocaine. Son époux Ismaïl est chirurgien. La vie leur était toujours voluptueuse et leur amour platonique. Médée a fait de lui le centre de sa vie et du monde.

Un jour, le couple entame son voyage vers Sidney. A l’aéroport, Ismaïl s’excuse pour revenir dans un instant. Mais il ne reviendra pas. Persuadée qu’elle a été abandonnée par l’homme de sa vie, le sens de son existence, elle se réfugie dans une chambre d’hôtel attenant à l’aéroport et refuse d’entrer chez elle.

Aussitôt, sa vie bascule et tout se métamorphose : son corps, son esprit… Elle devient étrangère à elle-même. Dans cette chambre envahie de laideur, seule la mémoire l’attache par un fil minuscule à la vie ; dans le flux des souvenirs, elle retrouve sa généalogie, son enfance, ses enfants, et tous les liens du passé. Tout a disparu et tout est là. Tout est mort et tout revient à la surface par la mémoire. Seule dans cette chambre,

Qui n’est pas raciste, ici ?, Akli Tadjer (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 10 Avril 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Essais, Jean-Claude Lattès

Qui n’est pas raciste, ici ?, mars 2019, 96 pages, 6,90 € . Ecrivain(s): Akli Tadjer Edition: Jean-Claude Lattès

 

Hommage à l’Autre

Après le roman La vérité attendra l’aurore (1), Akli Tadjer publie un court essai, Qui n’est pas raciste, ici ?

Ce récit est le fruit de l’affaire qui a eu lieu récemment à cause de son roman Le porteur de cartable. L’écrivain était invité par une professeure de lycée pour parler de ce roman face aux élèves. Quelques jours avant la rencontre, l’enseignante révèle par mail (2) au romancier que ses élèves ont refusé de le voir parce qu’il n’est pas Français ; il y a même un lycéen qui a refusé de lire un extrait à cause du nom du personnage jugé non-Français (Messaoud). L’affaire a secoué la toile et les différents médias français et internationaux. Ainsi est né ce livre.

Egypte 51, Yasmine Khlat (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 20 Mars 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Elyzad

Egypte 51, février 2019, 156 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Yasmine Khlat Edition: Elyzad

 

Sauver la mémoire par les lettres

Le roman est constitué de lettres. Un narrateur trouve un paquet de lettres et commence à les lire.

« Elles sont classées par année je crois. Il y a celles du Docteur qui était employé à l’époque à la compagnie universelle du canal de Suez. Et celles de Mrs Mia. En 51, elle venait d’emménager au Caire avec sa famille mais elle est née et a grandi à Alexandrie » (p.11).

D’une lettre à l’autre, des vies se construisent et d’autres s’écroulent, des pays changent, des familles se brisent, et des histoires se lèguent…

En 1951, le médecin Stéphane rencontre Mia à la plage. Un coup de foudre. Commence alors une riche correspondance entre eux. Il la demande en mariage. Chagrinée par une ancienne histoire d’amour, Mia hésite et se refugie dans un cocon à elle, passant la plupart du temps à peindre des encres de Chine. Ces peintures lui permettent de retrouver le monde et de se retrouver elle-même.