Identification

Articles taggés avec: Belfadel Tawfiq

Ainsi parlait ma mère, Rachid Benzine (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 10 Février 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Maghreb, Roman, Seuil

Ainsi parlait ma mère, Rachid Benzine, 2020, 96 p. Edition: Seuil

 

Lire pour vivre longtemps

Après des essais sur la religion et l’Islam, Rachid Benzine se lance pleinement dans la littérature en publiant son premier roman.

Ainsi parlait ma mère présente un homme cinquantenaire au lit de sa mère âgée et malade, dans leur appartement de Schaerbeek, quelque part en Belgique. Célibataire encore, professeur de lettres à l’Université catholique de Louvain, il est le narrateur de la fiction (emploi de JE). « Balzac et sa Peau de chagrin constituent désormais le seul périmètre de mon activité intellectuelle et affective auprès de ma mère » (p13).

Il commence à raconter au présent. Il lit souvent à sa mère La Peau de chagrin de Balzac. C’est son livre préféré. Publié en 1831, mêlant réalisme et fantastique, le roman explore le conflit entre la longévité et le désir.

Rue du Pardon, Mahi Binebine (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 05 Février 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Stock

Rue du Pardon, 2019, 144 p. . Ecrivain(s): Mahi Binebine Edition: Stock

 

Se libérer par le corps

Après le roman à succès Le fou du roi, Mahi Binebine publie son nouveau roman Rue du Pardon. Le roman raconte l’histoire de Hayat qui est née et a grandi à la rue du Pardon, quelque part à Marrakech. Ses parents ne l’ont jamais aimée. Des rumeurs circulent disant qu’elle n’est pas leur fille vu la couleur de ses yeux et de ses cheveux.

Ne pouvant supporter l’enfer des géniteurs, elle fuit la maison et se fait accueillir par la diva Mamyta. Celle-ci est une artiste qui dirige une troupe de musique, subjuguant les gens par sa belle voix et sa dance ravissante.  En plus de Mamyta, son grand-père, employé dans un luxueux hôtel, est sa deuxième source de bonheur. « J’avais la ferme intention de me reconstruire. M’affranchir de la malédiction qui me collait à la peau, muer vers une vie nouvelle où tout serait possible. » (p.70)

L’œil du paon, Lilia Hassaine (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 13 Janvier 2020. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Gallimard

L’œil du paon, Lilia Hassaine, octobre 2019, 240 pages, 18,50 € Edition: Gallimard

 

Hommage aux orgueilleux

La jeune fille Héra habitait avec son père dans une île quelque part en Croatie, dite l’île des paons. Puisqu’elle était maudite autrefois par les moines, l’île attire souvent la mort sur les créatures qui la peuplent, humains et animaux. Une île maudite.

Héra a déjà perdu sur l’île sa mère française, ensuite son cher paon Titus. Pour la sauver de la malédiction, son père Adonis l’envoie à Paris chez sa tante Agathe. Passionnée de photographie, elle prend en photo son paon mort, le dernier souvenir qu’elle garde de l’île. À Paris, elle vit parmi sa tante cynique, son oncle souvent absent, Laurent, et son petit cousin Hugo. Négligé par ses parents, celui-ci s’attache rapidement et fortement à elle. Très vite Héra s’adapte à la vie parisienne et se fait des amis dont Gabriel, le professeur d’Hugo. De temps en temps, elle sort prendre des photos pour développer sa passion artistique.

La Longue Marche, Ayhan Geçgin (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 07 Janvier 2020. , dans Actes Sud, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Bassin méditerranéen, Roman

La Longue Marche, Ayhan Geçgin, novembre 2019, trad. turc, Sylvain Cavaillès, 224 pages, 22 € Edition: Actes Sud

 

Fuir le monde pour exister.

Très souvent, le lecteur francophone réduit la littérature turque à ces deux noms : Orhan Pamuk et Elif Shafak. Pour mettre en lumière cette riche littérature, Actes Sud a toute une série de lettres turques grâce à laquelle le lecteur de langue française découvre de belles plumes comme Asli Erdogan, Ahmet Altan ou Ayhan Geçgin.

Publié en Turquie en 2015, La Longue Marche raconte l’histoire d’un jeune Turc de 29 ans qui vivait avec sa mère quelque part à Istanbul. Un jour, il décide de quitter la maison et la grande ville. Il n’a pas de but précis : il veut fuir la ville, le monde, les humains, et s’installer dans une montagne où il sera seul face à la nature. Il est guidé par une certaine pensée qui lui dit de suivre une ligne droite, ne pas regarder en arrière, et tout laisser derrière lui. « Je veux aller dans un endroit qui soit privé de la voix humaine, et rester là, à écouter simplement le vide » (p.96). Sans provisions, le personnage n’entame pas donc un voyage ou une quête de quelque chose : il fuit le monde et l’humanité.

Ceux qui partent, Jeanne Benameur (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 17 Décembre 2019. , dans Actes Sud, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman

Ceux qui partent, août 2019, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Jeanne Benameur Edition: Actes Sud

 

Éloge du départ

Après un récent recueil de poésie, L’exil n’a pas d’ombre (éd. Bruno Doucey), Jeanne Benameur continue, avec son nouveau roman, Ceux qui partent, d’explorer les profondeurs de l’exil. La fiction se déroule en 1910 où des émigrants venus de différentes terres débarquent sur l’île Ellis Island, à l’entrée de New-York. Ici, ils doivent attendre et passer les contrôles avant leur acceptation sur le sol américain. Leur vie est suspendue entre la terre quittée et la terre d’accueil. « Nous sommes, nous, ici en longues files, attendant dans une brèche du temps, coincés entre deux tours d’horloge. Notre vie est suspendue » (p.106).

Parmi les nombreux émigrants, il y a les deux Italiens, Donato et sa fille Emilia. Lui est un célèbre comédien, fou passionné de L’Enéide de Virgile qu’il porte toujours dans sa main ; sa fille sait peindre. Il y a aussi Esther, la jeune Arménienne, et Gabor, le violoniste… Le seul personnage qui ne vient pas d’ailleurs est Andrew. C’est un jeune Américain qui vient sur l’île pour photographier les arrivants. La beauté d’Emilia le secoue et bouleverse ses sentiments, les photos de l’île le mènent au secret de ses origines et ses ancêtres.