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Articles taggés avec: Belfadel Tawfiq

J’ai couru vers le Nil, Alaa El Aswany (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 10 Juillet 2019. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Pays arabes, Roman

J’ai couru vers le Nil, septembre 2018, trad. Gilles Gauthier, 432 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alaa El Aswany Edition: Actes Sud

 

L’Egypte des faux-semblants

Le roman est labyrinthique et se présente comme un ensemble de petits romans avec des intrigues diverses et de nombreux personnages. Tout se passe au Caire et ses environs en 2011, année de la révolution contre Moubarak et le système politique.

« La place Tahrir était devenue une petite république indépendante, la première terre égyptienne libérée de la dictature » (p.200).

Il y a d’abord le général Alouani, haut grade de la Sécurité qui donne souvent l’ordre de torturer et de tuer. Sa fille Dania, future médecin, choisit la révolution aux cotés de son ami pauvre Khaled et défie ainsi son père Alouani qui est contre la révolution.

Tu reviendras, Brahim Metiba (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 11 Juin 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Maghreb, Roman, Elyzad

Tu reviendras, avril 2019, 96 pages, 13 € . Ecrivain(s): Brahim Metiba Edition: Elyzad

 

L’un et l’autre

A Paris, un homme de quarante ans se souvient de l’Algérie, de sa ville natale Skikda, et de sa famille laissée il y a dix ans.

Il se souvient notamment de cet incident qui a déchiré ses relations avec la famille et fait de lui un autre : le jour où il a révélé son homosexualité. C’est le jour où tout a basculé.

« Jusque-là je croyais être homosexuel comme on a une passion pour le violon ou les timbres postaux : ça va un moment, puis ça passe, que je finirais par entrer dans le rang. Ce sont, toujours, mes mots de l’époque » (pp.11-12).

Le narrateur solitaire décide de rentrer voir sa ville natale, sa famille, et retrouver sa jeunesse et son enfance lointaines.

« Mon absence avait trop duré, je ne pouvais plus fuir éternellement, il fallait revenir et affronter la situation » (p.19).

La Dédicace, Leila Bouherrafa (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Jeudi, 06 Juin 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Allary Editions, Roman

La Dédicace, janvier 2019, 288 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Leila Bouherrafa Edition: Allary Editions

 

Paris : la ville des solitudes

La Dédicace est l’histoire d’une jeune fille qui vit à Paris. Elle mène une vie solitaire et morne. Même Paris est dans ses yeux une ville de solitudes, de saletés, et de misères.

La jeune fille va publier son premier roman, l’éditrice lui donne trois jours pour trouver une dédicace avant d’envoyer le livre à l’imprimerie.

« J’avais donc écrit un roman et voilà. Des formalités. J’aurais voulu qu’il se passe quelque chose. Que Paris se mette à trembler. J’avais écrit un roman, 172 pages, des milliers de mots, quelque chose avec un commencement, une fin » (pp.23-24).

Durant ces trois jours, elle rencontre sa mère, sa sœur, son amie, toutes solitaires. La ville lui donne la nausée. Rien n’est plus important pour elle autant qu’une dédicace. Dans un bus, elle tombe sur un numéro auquel manquent deux chiffres. Elle fait tant d’appels en ajoutant des chiffres au hasard pour compléter le numéro.

Alaa El-Aswany et le « crime » de la littérature (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 31 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Depuis des lustres on entend parler de la condamnation des journalistes dans plusieurs coins du monde. Le motif commun est de porter atteinte à l’Etat. Les cas les plus récents sont les deux écrivains-journalistes turcs, Asli Erdogan et Ahmet Altan, condamnés à la prison par le pouvoir d’Erdogan.

En Algérie, il y a juste quelques années, le journaliste Mohamed Tamalt a été emprisonné par le pouvoir de Bouteflika à cause de ses publications sur Facebook, prises pour offense au Président. Après une longue grève de la faim, sa santé se dégrade et il décède dans le silence absolu du pouvoir aveugle. Les exemples sont copieux. Et il y aura toujours des journalistes qui paieront leur passion pour l’information en prison, victimes de dictatures masquées ou à visage découvert.

Aujourd’hui, poursuivre en justice un écrivain à cause d’une fiction est une absurdité qui est devenue la norme dans certains pays. Le motif est pareil pour les journalistes même s’il s’agit de fiction : atteinte à l’Etat.

Les Porteurs d’eau, Atiq Rahimi (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, P.O.L

Les Porteurs d’eau, janvier 2019, 288 pages, 19 € . Ecrivain(s): Atiq Rahimi Edition: P.O.L

 

Vivre c’est errer

Après un roman inspiré par Crime et châtiment de Dostoïevski (1), Atiq Rahimi publie son nouveau roman Les Porteurs d’eau. Divisé en 30 chapitres, le roman raconte deux récits différents l’un de l’autre, mais reliés par un fait commun : la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les Talibans en 2001, en Afghanistan. Le pays était noyé dans une troisième phase de guerre civile.

Le premier récit est celui de Tamim, un Afghan exilé à Paris. Agé de 45 ans, il change de nom suite à sa naturalisation : il devient Tom. Le jour de la destruction des Bouddhas, Tom décide de changer de vie et choisit un autre exil : il quitte Paris en laissant sa femme et son enfant, pour s’installer définitivement avec son amante à Amsterdam, une ville où ne viennent « que les hommes perdus afin de se retrouver » (p.191). En route, sa mémoire le taraude de pensées et de questions sans réponses : ses origines, ses parents et ses ancêtres, Kaboul, ses vérités et ses mensonges.