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Articles taggés avec: Arnaud Genon

Dernières nouvelles du spectacle (Ce que les médias font à la littérature), Vincent Kaufmann

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 31 Janvier 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Seuil

Dernières nouvelles du spectacle (Ce que les médias font à la littérature), octobre 2017, 280 pages, 20 € . Ecrivain(s): Vincent Kaufmann Edition: Seuil

 

 

Et la littérature, dans tout ça ?

En 2001, Vincent Kaufmann, professeur de littérature et d’histoire des médias à l’Université de St. Gall en Suisse, publiait chez Fayard un ouvrage remarqué, consacré à l’auteur de La Société du spectacle (1967), intitulé Guy Debord. La révolution au service de la poésie. Seize ans plus tard, dans la lignée des travaux du situationniste, il s’intéresse à la « spectacularisation de l’auteur » contemporain et aux conséquences de ce phénomène sur la littérature elle-même. Le constat est sévère, les perspectives, dès les premières pages, alarmistes : « La spectacularisation de l’auteur telle qu’on l’envisage ici, c’est en somme une des modalités, qui n’en exclut pas d’autres, de la disparition de la littérature comme champ ou comme institution ».

Journées perdues, Frédéric Schiffter

Ecrit par Arnaud Genon , le Mercredi, 13 Décembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Editions Séguier

Journées perdues, octobre 2017, 200 pages, 21 € . Ecrivain(s): Frédéric Schiffter Edition: Editions Séguier

 

Les vertus de l’ennui

Penseur mélancolique, écrivain, philosophe surfeur cultivant dandysme et détachement du monde (mais ne l’appelez pas philosophe, il déteste ça), Frédéric Schiffter s’est notamment fait remarquer pour sa Philosophie sentimentale (Flammarion, Prix Décembre 2010) et son émouvant On ne meurt pas de chagrin (Flammarion, prix Rive Gauche 2016). Lorsque Jean Le Gall, directeur des éditions Séguier, lui proposa lors d’une après-midi d’août 2016 d’écrire sur « l’art de s’ennuyer à Biarritz », le livre était déjà presque terminé… En effet, quoi de mieux pour évoquer son ennui que de « rendre compte de [s]es journées vouées à regarder le temps passer », c’est-à-dire de donner à lire les pages de son journal intime ? Rien… Ces Journées perdues se présentent ainsi comme les notes tenues par l’auteur du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016.

Histoire de la littérature récente tome I, Olivier Cadiot

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 06 Novembre 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, P.O.L

Histoire de la littérature récente tome I, octobre 2017, 160 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Olivier Cadiot Edition: P.O.L

 

En 2007, dans Désenchantement de la littérature (Gallimard), puis en 2012 dans L’Enfer du roman (Gallimard), l’éditeur, romancier et essayiste polémiste Richard Millet annonçait, de manière quasi apocalyptique, le déclin – voire même la mort – de notre langue, de notre culture et de notre littérature.

Quelques dix années plus tard, Olivier Cadiot entend et écoute les sempiternelles jérémiades des « pleureuses ». « Cette histoire de déclin, note-t-il, ce sont aussi les gens qu’on aime qui nous l’ont soufflée à l’oreille. Des êtres merveilleux, des penseurs, à la fois rigoureux et fantaisistes. Il n’y a plus rien à transmettre, nous disent-ils ; nous ne pouvons plus faire d’expériences. Nous voilà noyés dans le récent éternel, sans les lumières du passé qui viennent éclairer une face inconnue de la maison que vous habitez. Bref, on nous a expliqué qu’on était morts ». Morts ? Vraiment ? Pourquoi ne pas y aller voir de plus près ?

Droit de réponse – A Michel Host pour sa chronique sur « L’inconfort de je » aux éditions Jacques Flament, par Arnaud Genon

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 22 Septembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Cher Michel Host,

Vous venez de rendre compte, pour La Cause littéraire, du livre intitulé L’inconfort du je, dialogue sur l’écriture de soi (publié aux éditions Jacques Flament) que j’ai co-écrit avec Laurent Herrou. Sans ironie aucune, je vous en remercie. (Lire ICI la chronique en question)

Je voudrais toutefois revenir sur votre lecture, non pas pour la contester (je ne viens pas ici défendre mon livre), mais pour corriger quelques erreurs qui semblent avoir orienté, elles, le regard que vous avez daigné porter sur notre humble ouvrage.

 

L’anecdotique…

Claude Lanzmann. Un voyant dans le siècle

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 13 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Biographie, Essais, Gallimard

Juliette Simont (dir.), Claude Lanzmann. Un voyant dans le siècle, 2017, 328 pages, 22 €. Edition: Gallimard

 

Hommages à Lanzmann

Voilà plus de 30 ans, Claude Lanzmann dévoilait Shoah, le magistral documentaire sur l'extermination des Juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, film qu’il avait mis plus d’une dizaine d’années à réaliser. Depuis, il est devenu une figure singulière du champ intellectuel français. A la fois cinéaste, journaliste, écrivain, directeur de revue, il a, selon les mots de Juliette Simont qui dirige ce collectif et en signe l’avant-propos, « changé notre rapport au monde et à la pensée » et « redistribué, éthiquement, intellectuellement, artistiquement, le possible et l’impossible ». C’est donc parce qu’il a marqué son temps, qu’il a éclairé l’Histoire – et l’éclaire encore – comme peu ont su le faire avant lui,  parce qu’il s’est engagé toute son œuvre et sa vie durant que son adjointe à la direction des Temps modernes a décidé de donner la parole à ceux qui souhaitaient, sinon lui rendre hommage, du moins évoquer son travail et sa personne. Il en résulte un très bel ensemble, une galerie de portraits, de lettres, d’analyses et d’essais qui éclairent – sous toutes ses facettes – l’œuvre et la personnalité de Claude Lanzmann.