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Articles taggés avec: Ak Afferez

Mā, Hubert Haddad (2ème article)

Ecrit par AK Afferez , le Lundi, 04 Janvier 2016. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Zulma

Mā, septembre 2015, 247 pages, 18 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

 

Le précédent roman de Hubert Haddad, qui est en fait un double roman – Le Peintre d’éventails et Les Haïkus du peintre d’éventail (2013) – était sa première excursion dans l’univers de la culture japonaise. Avec , l’écrivain s’y replonge avec finesse et sensibilité, signant une œuvre à fleur de peau, à la frontière entre la biographie et le roman.

Début des années quatre-vingt-dix. À vingt ans, Shōichi fait la rencontre de Saori dans le café où il travaille comme serveur. Cette femme captivante est universitaire, et a consacré sa vie entière à l’étude de celui qui est considéré comme le dernier grand haïkiste, Taneda Santōka. La liaison entre Saori et Shōichi est brève, son dénouement tragique : alors qu’elle revient par bateau d’un voyage à l’île de Shikoku, Saori meurt noyée. Avant son départ, elle avait cependant confié le manuscrit de la biographie de Santōka qu’elle venait d’achever à Shōichi.

Poèmes Épars, Rainer Maria Rilke

Ecrit par AK Afferez , le Mardi, 15 Décembre 2015. , dans La Une Livres, Points, Les Livres, Critiques, Poésie, Langue allemande

Poèmes Épars, septembre 2015, trad. Philippe Jaccottet, 220 pages, 7,90€ . Ecrivain(s): Rainer Maria Rilke Edition: Points

 

À la suite d’événements tragiques, on peut avoir tendance à se replonger dans la lecture de certains auteurs qui ont su prendre toute la mesure de notre humanité – et parmi eux, en premier plan, figure certainement Rilke, dont la justesse des mots et l’acuité de la vision ouvrent l’esprit à lui-même.

Ce nouveau recueil bilingue réunit des poèmes écrits dans les vingt dernières années de la vie de l’écrivain (1907-1926). Philippe Jaccottet en est le traducteur, et il n’y a décidément pas meilleure oreille pour nous offrir l’œuvre rilkienne dans toute sa nuance (même si, lorsqu’il s’agit de parler du poète et non plus de le traduire, la plume de Jaccottet se fait quelque peu verbeuse, comme dans la préface, court essai rédigé au départ pour un numéro du Magazine Littéraire consacré justement à Rilke en 1993). Nous est dévoilée ici une traduction organique, empreinte de l’imaginaire et du vocabulaire rilkiens, à tel point qu’on oublie – parfois, pas toujours – qu’il s’agit de poèmes traduits, que la langue de départ n’est pas le français.

Chroniques du çà et là : Le Japon (#6), Philippe Barrot

Ecrit par AK Afferez , le Vendredi, 21 Août 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Revues

Chroniques du çà et là : Le Japon (#6), Philippe Barrot (dir.), PhB éditions, 2015, 207 pages, 12€

Le dernier numéro des Chroniques du çà et là, entièrement consacré au Japon, est un régal aussi bien pour ceux qui rêvent de ce pays mais n’y ont jamais mis les pieds que pour ceux qui ont pu y voyager et rêvent d’y retourner. C’est un recueil d’interviews et de photographies, de poèmes et de gravures, d’essais et de dessins, qui réussit à s’écarter des représentations éculées que nous pouvons avoir de l’archipel japonais, la mosaïque proposée permettant ainsi de rendre compte de la richesse et de la diversité de la culture japonaise, qu’elle soit moderne ou ancestrale.

Certains des textes proposent un regard érudit sur un ou plusieurs aspects de la culture japonaise, tels que la figure canonique de Mishima, la littérature criminelle, ou le manga. Un entretien avec Corinne Atlan, qui a largement aidé à la diffusion de la littérature japonaise contemporaine en France, notamment en traduisant Murakami Haruki, lui permet d’évoquer la place des écrivaines dans le paysage littéraire du Japon actuel, ainsi que les difficultés spécifiques que pose la langue japonaise en traduction. Maurice Mourier aborde la figure internationalement reconnue de Murakami pour en faire ressortir la « japonitude ». La fiction de Murakami a beau être très contemporaine, et truffée de références à la culture occidentale, elle n’en recèle pas moins au cœur, selon Mourier, « l’animisme du vieux pays ».

Piano ma non troppo, Philippe Entremont

Ecrit par AK Afferez , le Lundi, 06 Juillet 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits, Biographie, Editions de Fallois

Piano ma non troppo, mars 2015, 140 pages, 16 € . Ecrivain(s): Philippe Entremont Edition: Editions de Fallois

 

Philippe Entremont, célèbre pianiste soliste français et chef d’orchestre, brosse ici l’autoportrait d’un amoureux inconditionnel de la musique. Élève de Marguerite Long et Jean Doyen, il retrace sa carrière en plusieurs volets, évoquant notamment son enfance et son apprentissage ; le rapport qu’il entretient avec son orchestre et ses élèves ; ses goûts musicaux. Né à Reims en 1934, dans une ville qui se remet à peine de la « Grande Guerre », son enfance est gouvernée par la musique : ses parents – un violoniste, une pianiste, parmi leurs nombreux talents – vont tout naturellement le pousser dans cette voie. L’apprentissage n’est pas chose aisée à cette époque : pendant la guerre, il fait des allers-retours entre Reims et Paris – onze heures de train ! – pour suivre des cours de piano dans la capitale, témoignant ainsi de son dévouement complet envers la musique.

Depuis son coup d’éclat à Carnegie Hall en 1953, il ne cesse de sillonner le monde, séjournant dans maintes villes de renom pour y donner des concerts et pour y enregistrer – parmi les pays évoqués figurent les États-Unis (New York en particulier est bien entendu associée à un moment charnière), Israël, l’Autriche… Il a été notamment directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de la Nouvelle Orléans et de l’Orchestre Symphonique du Colorado, et il est devenu chef lauréat à vie de l’Orchestre de Chambre de Vienne.

Le Château du Baron de Quirval, Choi Jae-hoon

Ecrit par AK Afferez , le Samedi, 04 Juillet 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Asie, Roman, Decrescenzo Editeurs

Le Château du Baron de Quirval, février 2015, trad. (Corée du sud) Choe Ae-young et Jean Bellemin-Noël, 266 pages, 16 € . Ecrivain(s): Choi Jae-hoon Edition: Decrescenzo Editeurs

 

Sherlock Holmes, Frankenstein, on connaît. Grâce aux histoires originelles et à toutes les versions qu’elles ont pu engendrer, sur la page ou à l’écran, le détective et la créature sont devenus des monstres sacrés de la littérature occidentale, déclinés à toutes les sauces. Voici donc un livre qui s’inscrit dans cette perspective de réécriture.

Mais Choi va bien au-delà du simple hommage ou de la relecture modernisée de mythes et d’histoires qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Le Château du Baron de Quirval échappe à toute tentative de catégorisation : c’est un recueil de nouvelles qui se lit comme les notes compilées par un explorateur de l’inconscient, presque un roman policier dans sa manière de dérouler chaque récit en nous refusant toute conclusion hâtive, toute évidence trop commode. La première partie éponyme indique d’emblée que nous emprunterons des chemins de traverse dans notre exploration de l’imaginaire : c’est un collage de textes retraçant petit à petit l’histoire du Baron.