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Les Livres

B comme bière, Tom Robbins

Ecrit par Alexandre Muller , le Vendredi, 02 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits, Gallmeister

B comme bière, trad. USA François Happe, 2 novembre 2012, 160 p. 8,60 € . Ecrivain(s): Tom Robbins Edition: Gallmeister

A la manière d’une chronique

 

Lorsque mon ami m’a rendu mon livre (Féroces infirmes retour des pays chauds), il se tenait assis dans un fauteuil. L’objet littéraire tournait et retournait entre ses mains respectueuses. Sa voix était calme et tout son être dégageait encore de la passion qui l’avait emporté sur ces territoires dont il revenait.

Je savais, quant à moi, depuis mon premier Tom Robbins (Une bien étrange attraction) que ce genre de lecture relevait de l’expérience presque psychédélique. Le terme n’est pas vain, la comparaison entre l’acide et Robbins pourrait sans doute être soutenue (j’ai expérimenté Robbins mais jamais l’acide, mon avis est que l’un est pour la littérature ce que l’autre est aux stupéfiants). « C’était incroyable » dit mon ami.

Si je me permets d’introduire mon article par une anecdote, c’est pour dissuader tout lecteur attaché à la littérature classique de pénétrer le dédale de comparaisons rocambolesques, de situations abracadabrantesques, de personnages survoltés, de scènes féeriques, accouchés par Tom Robbins.

Le dernier Juif de Tamentit, Amin Zaoui

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 01 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le dernier Juif de Tamentit. Ed. Barzakh (Alger). Octobre 2012. 142 p. . Ecrivain(s): Amin Zaoui

 

 

Amin Zaoui écrit de gauche à droite – pour reprendre une des expressions qu’il aime à manier dans ses chroniques hebdomadaires « Souffles » du journal « Liberté » en Algérie. De gauche à droite, en français donc. Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est en apparence seulement. Même s’il écrit la langue française avec un art étincelant, Zaoui sait que l’outil linguistique n’est pas la pâte culturelle que l’on rencontre à chaque page de ce livre.  La pâte culturelle vraie, elle s’écrit de droite à gauche. En arabe sûrement. En hébreu aussi et c’est là le fil rouge, la basse continue de cette oeuvre.

Cette pâte est d’abord algérienne. Ce livre n’est pas vraiment un roman, pas une narration, c’est plutôt un conte polymorphe et en cela il rejoint une tradition ancienne du conte algérien, voire arabe. Conte philosophique, moral, spirituel, érotique : le lien millénaire avec la grande littérature arabe est évident, il porte en fait cet opus.

Une vie d'ours, Christophe Fourvel et Janik Coat

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 01 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Une vie d’ours, Le Baron perché, septembre 2012, 32 p. 16,30 € . Ecrivain(s): Christophe Fourvel et Janik Coat

 

Un papa ours, une maman ours et des oursons… mais pas de Boucle d’Or dans cet album surprenant et délicat. Il ne s’agit pas d’une réécriture du conte en effet mais d’une leçon de vie indispensable : celle des générations qui se succèdent, de l’écoulement du temps qui compose une vie et conduit à la mort, avant de relancer un cycle nouveau. A partir d’un sujet complexe, les auteurs réalisent une œuvre évidente et sincère.

A partir de petits détails du quotidien de notre famille ours, se dessine ce processus presque intangible : une cruche que le plus fort peut soulever lorsqu’elle est pleine, une truite que le plus adroit parvient à pêcher avec facilité, une tarte aux mûres que l’on fait trop cuire, une cruche qui devient trop lourde à porter, un poisson que l’on laisse échapper. La vitalité, la force se transmettent, circulent d’une génération à l’autre : c’est « parce que la nature est bien faite ». Les ours dessinés sur le même modèle : de grands yeux ronds, un lourd museau noir, une allure trapue, ne se distinguent que par un accessoire (fleur, chapeau, vêtement de couleur) et leur taille qui évolue au fur et à mesure que les pages se tournent. Comme des ours gigognes en somme.

La déesse des petites victoires, Yannick Grannec

Ecrit par Olivier Bleuez , le Mercredi, 31 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Anne Carrière

La Déesse des petites victoires, août 2012, 470 pages, 22 € . Ecrivain(s): Yannick Grannec Edition: Anne Carrière

 

 

Kurt Gödel est un mathématicien génial, auteur d’un des plus célèbres théorèmes mathématiques du XXe siècle : le théorème d’incomplétude. Pour simplifier honteusement : tout système axiomatique est incomplet dans le sens où l’on pourra toujours trouver une proposition indécidable, c’est-à-dire qu’il sera impossible de démontrer qu’elle est vraie ou fausse. C’était aussi une personnalité très perturbée dont la vie a constamment flirté avec la folie pour finir par y plonger complètement : Gödel s’est laissé mourir de faim de peur d’être empoisonné. Yannick Grannec nous emmène dans une maison de retraite en 1980, quelques années après la mort de Gödel, auprès de sa veuve, dépositaire des papiers personnels de Gödel : notes, réflexions, démonstrations… C’est Anna, vingt-huit ans, documentaliste à Princeton, qui est chargée d’approcher l’irascible veuve de Gödel pour la persuader de remettre les archives personnelles du génie (Nachlass : « succession », au sens d’héritage intellectuel) au prestigieux institut de Princeton : l’IAS.

Lever de rideau sur Edward Hopper, Karin Müller

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 31 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

Lever de rideau sur Edward Hopper, Editions Barley- Guéna, 2012, 112 pages, 9 € . Ecrivain(s): Karin Müller

 

 

« Il n’est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c’est d’exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée ». Edward Hopper

 

Octobre 2012. Le coup d’envoi est donné au Grand Palais de Paris et c’est le photographe Ferrante Ferranti qui a eu carte blanche pour monter la nouvelle exposition sur Edward Hopper. Des amis de Josephine et Edward Hopper (Bryan et Barbara O’Doherty) ont décrit cette exposition comme « la plus belle et la plus éloquente sur Edward Hopper, qu’ils n’aient jamais vue ». Bryan, critique d’art et ami de l’artiste, est également venu à Paris pour y présenter son film Hopper’s silence.