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Les Livres

La chasse spirituelle, Arthur Rimbaud

Ecrit par Eddie Breuil , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Léo Scheer

La Chasse spirituelle, décembre 2012, 448 p. 25 € . Ecrivain(s): Arthur Rimbaud Edition: Léo Scheer

 

Deux livres en un, l’emballage en ayant fait naître un second.

Pour le contenu d’abord. Jean-Jacques Lefrère est très appréciable pour le travail de documentation qu’il mène dans ses différents travaux, et cet ouvrage mérite de servir de référence sur l’affaire de La Chasse spirituelle, qui a fait l’actualité en 1949. Les sources de M. Lefrère sont variées, et il le doit semble-t-il, entre autres, au regretté François Caradec et à Pascal Pia. La Chasse spitiruelle est ce célèbre faux produit par deux comédiens souhaitant prendre leur revanche sur des personnalités ayant égratigné leur représentation d’Une Saison en enfer. M. Lefrère rapporte l’histoire chronologiquement, montrant comment le faux a été divulgué, contesté par Breton (dont l’image est peut-être un peu trop sombre dans l’ouvrage), puis l’amusante tentative qui s’ensuivit pour démêler le vrai du faux, à savoir les réunions organisées entre les divers protagonistes, certains refusant d’admettre, malgré les aveux des comédiens, que le texte pourrait être un faux, et réclamant la réapparition du manuscrit. Parmi les anecdotes peu connues, on apprend que François Mauriac a failli se trouver parmi les piégés, et on découvre une parodie de l’affaire : la revue Le rassemblement avait en écho révélé l’affaire du faux Platon composé par Diogène Laërce (p. 176 et suivantes).

Récits de vie (1954-2008), Nadine Gordimer

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Afrique, Biographie, Grasset

Récits de vies (1954-2008), traduit de l’Anglais (Afrique du Sud) Philippe Delamare, 2012, 409 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Nadine Gordimer Edition: Grasset

 

 

L’histoire de mon Afrique du Sud

 

Lorsque le lecteur commence un texte de Nadine Gordimer, il ne peut que constater l’extraordinaire lucidité de sa pensée et de sa réflexion. Dans Récits de vies (1954-2008), elle expose aux yeux du monde une rétrospective de l’Afrique du Sud depuis le temps de l’Apartheid à la libération nationale et à son indépendance. L’écriture débute par la vie tranquille de la petite fille qu’elle était. Elle retrace l’histoire de sa famille et notamment de ses parents. La peinture qu’elle fait de sa mère est sans compromission, surlignant par ci ses qualités et par là ses préjugés raciaux. Le lecteur pourrait alors voir dans cette période l’âge d’or, le paradis aux mille couleurs.

Hopper, l'horizon intra muros, Franz Bartelt

, le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

Hopper, l’horizon intra muros, Editions Invenit, collection Ekphrasis, 50 p. 12 € . Ecrivain(s): Franz Bartelt

Peut-on parler d’un tableau ? La question mérite d’être posée. Puisqu’il est souvent pris pour acquis que l’analyse des œuvres augmente celles-ci d’autant, les dote d’un bel appareillage. On peut aussi arguer que le bourdonnement qui les entoure finit par les rendre invisibles, inaudibles. Ainsi de certaines si connues, comme les Nighthawks de Edward Hopper, qu’elles semblent ensevelies sous le commentaire, et qu’elles suscitent la crainte plutôt que l’admiration.

Heureusement, il existe plusieurs manières de parler d’un tableau. En parallèle de l’exposition Hopper au Grand Palais, qui combine des tableaux du grand peintre américain avec des œuvres de ses maîtres ou de ses contemporains, l’écrivain Franz Bartelt, prix Goncourt de la nouvelle en 2006, se fend d’un exercice d’admiration pour cette image qui hante notre imaginaire.

Et c’est tant mieux. Au lieu de tomber dans l’écueil de la critique d’art et de son vocabulaire, Franz Bartelt fait ce qu’on fait avec des mots : raconter. Il met en récit, il nous récite son amour pour ce tableau. Comment tout a commencé ? Par une carte postale au dos de laquelle il était reproduit. « En général, quand on reçoit une carte postale, on ne prête qu’une attention bénigne à l’illustration, pressé qu’on est d’identifier, parmi nos connaissances, laquelle a pris la peine de nous adresser une pensée choisie, une estimation climatique, ou une vantardise de touriste du bout du monde ».

King Kong sur Seine, François Devenne

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mercredi, 12 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Actes Sud Junior

King Kong sur Seine, octobre 2012, 224 p. 13 € . Ecrivain(s): François Devenne Edition: Actes Sud Junior

 

L’été à Paris, quand les parents travaillent et qu’il n’y a d’autre activité que garder sa petite sœur casse-pied, les vacances peuvent rapidement devenir rasoirs. Heureusement Victor a de la ressource pour pimenter ces longs mois estivaux ! Car Victor n’est pas n’importe qui. Il est le fils de Bernard Augier, ce qui équivaut à posséder le plus amusant des sésames, car son père est Inspecteur à la Brigade Criminelle de la capitale. Et comme il n’y a jamais de baby-sitter disponible et fiable, il emmène régulièrement son rejeton le suivre sur le terrain…

Et justement, en ce mois de juillet 2011, d’étranges événements ont lieu dans divers musées de la ville : un singe anthropomorphe se prend pour un amateur d’art éclairé et tente de dérober des objets d’art africains, aidé par une petite fille noire de huit ans. L’enquête, qui semble de prime abord relever de la farce, échoue entre les mains réticentes et incrédules d’Augier car le voleur ne se contente pas de voler, il tue ! En effet, deux personnes décèdent au cours d’une altercation dans les salles du Louvre. Deux personnes qui sont mortes de… peur, foudroyées net par le faciès révulsant de l’homme déguisé en singe de manière si réaliste. Ou alors, théorie soutenue par Victor, ne s’agirait-il pas plutôt d’un singe déguisé en homme ? Les hypothèses se bousculent face à ce qui se rapproche d’un canular de bien mauvais goût, d’autant que la presse a eu vent de l’affaire « King Kong sur Seine ».

Un elfe tombé du ciel, Fougasse

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 11 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse, L'école des loisirs

Un elfe tombé du ciel, trad. de l’anglais par Agathe Pelterau-Villeneuve (J. Smith), octobre 2012, 50 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Fougasse (Cyril Kenneth Bird) Edition: L'école des loisirs

 

Voici un petit bijou, une friandise délicieuse à goûter des yeux, droit sorti de la bibliothèque d’une maison de poupée royale et reproduit pour la première fois en français par L’Ecole des loisirs dans un format quelque peu augmenté : l’original faisant à peine 3 × 4 cm. Ce livre miniature doté d’une couverture élégante, de tranches dorées et d’illustrations naïves et colorées, raconte les aventures d’un elfe venu du ciel, qui atterrit mystérieusement au cœur de Londres et tente de retrouver « le chemin de son monde et de ses frères ».

Interpellé dans sa traversée de la ville et de Hyde Park par un gardien de nuit, voilà l’elfe conduit au poste. Face à l’incompréhension des agents, il ne parvient pas à se faire reconnaître comme elfe car pour eux, « il est inconcevable d’être ce qui n’existe point ». Logique imparable. L’elfe dégaine alors son attirail magique, grimpe aux murs et s’envole. Il finit par être libéré. L’un des policiers dissuade l’elfe de rentrer chez lui où il n’est qu’un individu banal et lui démontre qu’il a tout intérêt à demeurer parmi les hommes où il sera un être exceptionnel. Un à un, l’elfe exploite ses dons pour la danse, le chant, la peinture : il est acclamé et admiré.