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Les Livres

D'où viens-tu ?, Pronto

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Lundi, 09 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

D’où viens-tu ? mars 2012, 16 pages, 12,50€ . Ecrivain(s): Pronto Edition: Seuil Jeunesse

Attention, un grand concours pour les génies en culottes courtes est organisé ! Il s’agit de répondre à des questions d’apparence aisées mais qui contiennent des … subtilités. Qui donc peut dire ce qui produit le poivre ? Le thé ? Le sucre blanc ? Qu’est-ce qui est à l’origine du pain ? Des bottes de pluie ? De la tortue ? Des côtelettes ? Aaah, vous donnez votre langue au chat n’est-ce pas ! Alors dépêchez-vous de partir à la recherche des solutions dans le nouveau livre de Pronto : D’où viens-tu ?

Seuil Jeunesse initie une nouvelle collection de documentaires cartonnés, solides et d’un format commode à manipuler pour les mains les plus petites (presque carré, 19 *20 cm). Intitulé Secrets de fabrication, la série se propose d’expliquer aux tout-petits la provenance des objets de leur quotidien, de leur nourriture, de leurs vêtements et de certains animaux fréquemment rencontrés.

De manière ludique et ordonnée, Pronto nous propose de remonter le temps de la création par le moyen de la manipulation et d’observation (rabats à soulever et miroir). Certaines choses sont certes évidentes et le principe du livre n’a rien de nouveau, mais l’ouvrage contient des pièges et des surprises loin d’être évidentes à conceptualiser pour les enfants.

Clandestin, Philip Caputo

Ecrit par Stéphane Vinckel , le Samedi, 07 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Le Cherche-Midi

Clandestin (Crossers), trad. USA par Fabrice Pointeau, 22 € . Ecrivain(s): Philip Caputo Edition: Le Cherche-Midi


Des tours du World Trade Center à la Frontière du Mexique et de l’Arizona, du début du vingtième siècle avec le destin des Frères Erskine à la fin d’un monde avec un avion pénétrant dans la tour nord. De 1903 à 2003, un siècle des Etats-Unis à travers le destin de Ben Erskine et de ses descendants, en particulier, Gil Castle qui fuit New-York, et Ground Zero qui le happe comme un trou noir, après la mort de sa femme dans un des deux avions déchirant la tour nord du World Trade Center.

Quand plusieurs mois se sont écoulés et que la douleur ne l’a pas quitté, et que même le suicide devient un échec, Gil Castle répond à l’invitation de sa tante, lancée quelques jours après le 11 septembre, et décide de partir s’installer en Arizona, la « zone aride ». Il quitte son poste de conseiller en portefeuilles et part : Go west (1) est l’espoir depuis toujours. Sénèque en poche et Emerson en tête, il part pour une vie de recueillement dans le vieux ouest.

Ça débute comme ça :

Pourfendeur des nuages, Russell Banks

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 07 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Babel (Actes Sud)

Pourfendeur des nuages, traduction Pierre Furlan, 867 p. 13,50 € . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Babel (Actes Sud)


Si une époque a sa propre morale doit-on lui céder ses idéaux ?

Quelles limites morales imposent une cause défendue ?

A la veille de la Guerre de Sécession les états d’Amérique mènent deux politiques bien distinctes. Au Sud règne la slavocratie, tandis qu’au Nord l’esclavagisme est aboli. Deux politiques, deux morales.

La lutte contre l’esclavagisme compte parmi ses rangs des philosophes, des pacifistes, des politiques, des hommes de foi, et en marge, des radicaux prônant la lutte armée. Les radicaux sont souvent traités de terroristes dans un camp comme dans l’autre. Les terroristes sont facilement taxés de folie illuminée.

John Brown, le célèbre abolitionniste était-il fou ? Quelques années après la guerre civile, alors que les historiens entament leur travail, l’étudiante Mlle Mayo part à la rencontre du seul survivant du clan Brown pour répondre à cette question et tenter d’éclairer la face radicale de la lutte contre l’esclavage.

Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 06 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Actes Sud

Cuisine tatare et descendance, trad. allemand par Isabelle Liber, mars 2012, 331 p., 23 € . Ecrivain(s): Alina Bronsky Edition: Actes Sud


Ce roman affirme un talent de conteuse dont on craint par avance de ne pas bien rendre compte. Trois points au préalable par souci de clarté. Un : les années quatre-vingt dans l’Union soviétique finissante, dans une ville située à vingt-sept heures de train de Moscou. Les personnages principaux sont tatars. Deux : Rosalinda Akmetovna a la cinquantaine au début du roman, lorsque naît sa petite-fille Aminat ; celle-ci, à la fin du récit, aura trente ans ; ce qui fait donc pour Rosalinda quelque quatre-vingts ans. Rosalinda, c’est elle le roman. C’est elle qui raconte, c’est elle l’axe autour duquel tout tourne. Trois : ces mots de Bertolt Brecht : « D’abord la bouffe, ensuite la morale ». Ç’aurait pu être une épigraphe pour Cuisine tatare et descendance.


« Peur ??? De moi ??? Qui pourrait bien avoir peur de moi ? Personne n’a à avoir peur. Je ne veux que le bien de tous. Mets ton assiette dans l’évier, espèce de tyran ! »

Littérature, politique, Olivier Rolin

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Jeudi, 05 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, publie.net

Littérature, politique, 82 p., 3,99 € . Ecrivain(s): Olivier Rolin Edition: publie.net

« Littérature, politique » d’Olivier Rolin : plutôt l’une que l’autre


« Si le roman devait mourir (…) c’est un peu la civilisation et l’intelligence qui vont crever », c’est ainsi qu’Olivier Rolin exposait sa pensée dans l’émission Apostrophes consacrée à l’art du roman, en 1987.

Vingt ans plus tard, dans un essai intitulé Littérature, politique, il parle avec amour et conviction des auteurs de sa bibliothèque comme une démonstration de la richesse civilisationnelle de la littérature. Mais ce livre est davantage qu’une suite d’hommages à des écrivains. Tout d’abord parce qu’il porte un regard intime et bienveillant sur la littérature de Jean Echenoz à Pierre Michon, en passant par Blaise Cendrars ou Claude Simon.

Au-delà de la critique littéraire, et à partir de ses propres expériences, Olivier Rolin explore les liens qui existent entre ces écrivains. C’est ainsi que, d’une lecture du texte Panama de Cendrars, une nuit à Bogotá, il ressort convaincu de l’influence du poète romancier sur l’œuvre de Garcia Marquez. Puis, il se prête au jeu de l’intertextualité et imagine comment Les Vagues de Virginia Woolf influencèrent dans une même communauté d’idées le thème de la vague chez Jean Echenoz.