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Les Livres

Freak City, Kathrin Schrocke

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 11 Février 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Jeunesse, La Joie de lire

Freak City, traduit de l’allemand Génia Catala, janvier 2013, 273 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Kathrin Schrocke Edition: La Joie de lire

 

Le Freak City est un café où Mika, un adolescent de quinze ans, entre par hasard, en suivant son ex-petite amie. Il y découvre Léa une belle jeune fille jouant au billard. Léa a des yeux verts où l’on aimerait se perdre, des boucles brunes. Léa est très douée en cours, elle aime les films étrangers, les connaissances pointues et inutiles, ses amis. Elle vit pourtant dans un univers parallèle car elle est sourde. Souffrant du regard compatissant ou haineux des autres, perçue comme une retardée ou comme une enfant à problèmes. Elle fait déborder éviers et baignoire car elle n’entend pas le bruit de l’eau, elle évite de justesse les roues d’un camion car elle n’est pas prévenue de son arrivée.

« Alors une chose étrange se passa. La femme éleva les mains et fit rapidement une suite de gestes. Si vite que je n’eus pas le temps de comprendre ce qui se passait. Ses doigts volaient dans l’air. A un moment elle me désigna, puis elle tourna à nouveau son visage vers Léa.

Fasciné, j’observais les deux femmes.

C’était au tour de Léa. Ses mains accomplirent la même danse étrange que sa partenaire de dialogue me regardant dédaigneusement du coin de l’œil, elle fit une grimace ».

Les riches heures, Claire Gallen

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Samedi, 09 Février 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La Brune (Le Rouergue)

Les riches heures, janvier 2013, 192 p. 18 € . Ecrivain(s): Claire Gallen Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Un jeune couple qui a connu et profité des riches heures de la spéculation immobilière, des placements juteux à défaut d’être parfaitement légaux, se retrouve, crise financière oblige, ruiné, menacé par la justice, contraint d’abandonner un train de vie dispendieux pour affronter des fins de mois précaires et de claquer leurs dernières économies dans des vacances au Lavandou.

Leur union peut-elle résister, quand les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre reposent, et ce, dès l’origine, sur des valeurs artificielles et des faux-semblants, quand leurs origines sociales, leurs goûts et centres d’intérêt profonds ont toujours été discordants, mais en apparence soudés par la fascination de l’argent facile ?

Passer de la frime à la réalité, du mensonge à la sincérité, peut coûter cher sur tous les plans. L’orgueil, l’image de soi – ils vont en faire la cruelle expérience – n’en sortent pas indemnes.

« Vider l’appartement n’a pas suffi. Il a fallu demander un geste aux parents d’Anna. J’en vomissais, mais c’était ça ou les huissiers […] ils nous ont remis une enveloppe pleine de billets […] Ils rachetaient leur fille. J’en crevais de honte ».

Les huit chiens des Satomi, Yamada Fûtarô

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 08 Février 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Japon, Philippe Picquier

Les huit chiens des Satomi, trad. du japonais Jacques Lalloz, 2013, 750 p. 24,50 € . Ecrivain(s): Yamada Fûtarô Edition: Philippe Picquier

 

 

Voici venu le temps des aventures

 

La lecture de ce roman peut se révéler captivante pour les amoureux de romans de cape et d’épée à la façon japonaise. En effet, l’auteur met le lecteur face aux guerriers chiens qui partent à l’aventure en quête de renom. Jetés sur les routes, issus d’une naissance fabuleuse, ces héros ont une destinée hors du commun des mortels. Nés d’une princesse et de son époux chien, ils sont dotés d’une force colossale. Ils manient à la perfection le sabre et obéissent sans faillir aux codes chevaleresques qui mettent l’honneur, la bravoure et la compassion au-dessus de toutes autres valeurs. Nos guerriers souffrent mais le ne montrent jamais.

Sexe et caractère, Otto Weininger

Ecrit par Frédéric Saenen , le Vendredi, 08 Février 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Langue allemande, L'Âge d'Homme

Sexe et caractère, 290 pages, 23 € . Ecrivain(s): Otto Weininger Edition: L'Âge d'Homme

 

De la haine des femmes à la haine de soi : Otto Weininger

 

C’est avec un brin de déception que l’on ouvre la réédition de l’œuvre d’Otto Weininger (1880-1923), aux Éditions L’Âge. Non pas que l’ouvrage soit inintéressant, que du contraire, mais il n’est question ici que d’un reprint exact – coquilles d’origines comprises, alors que la parution initiale datait d’il y a plus de trente ans ! Un petit effort de toilettage eût été bienvenu, pour le moins…

Quoi qu’il en soit, fréquenter à nouveau ce jeune homme trouble quelque cent-dix ans après son suicide reste une expérience unique. Juif viennois, ami de Ludwig Wittgenstein et de Karl Kraus, Otto Weininger se convertit au protestantisme à 22 ans et se suicida l’année suivante d’une balle dans la tête, dans la maison où mourut Beethoven. Quel destin prometteur attendait cet érudit précoce, qui avait absorbé en quelques années l’essentiel de la culture livresque occidentale ? Nous ne le saurons jamais.

La Comtesse de Ségur ... et nous !, Collectif

Ecrit par Christian Massé , le Vendredi, 08 Février 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

La Comtesse de Ségur… et nous ! Ouvrage collectif, Editions Le Jardin d’Essai, 2012, 175 p. 18 €

 

Qui se souvient d’avoir lu ou d’avoir eu à lire un roman de la Comtesse de Ségur ? La réponse est imprécise, comme le sont parfois certaines couleurs, bleue, grise ou rose.

Pourtant, ce nom-là a en chacun de nous une résonnance familière. La raison en est simple : à l’école primaire, tout petit, le maître ou la maîtresse nous a fait connaître Les malheurs de Sophie, Les mémoires d’un âne, etc.

Depuis, bien des auteurs/res et des livres sont passés sous le pont de nos rivières assoiffées de lectures… Mais il suffit de relire l’un des innombrables titres de la Comtesse pour ressentir ce que Marcel Proust éprouva et développa avec sa petite madeleine trempée dans une tasse de thé : Les petites filles modèles, Pauvre Blaise, La sœur de Gribouille…

Il ne faut pas se raconter d’histoire. Née en Russie en 1799, Sophie Rostopchine, dite Comtesse de Ségur, s’est révélée une romancière digne d’être considérée comme une écrivaine française ayant donné aux femmes leurs premières vraies lettres de noblesse. Sans aucun doute, elle a influencé Colette (et ses Claudine…), George Sand (Contes d’une grande mère…), Marguerite Yourcenar (Souvenirs pieux). Elle est décédée à Paris en 1874.